Accueil Interviews Lionel Roux : un entretien exclusif signé WLT ! (3/3)

Lionel Roux : un entretien exclusif signé WLT ! (3/3)

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Fin de notre entretien avec Lionel Roux et certaines des questions posées par les internautes sur les sujets de leur choix. Pour la première partie, cliquez ici ; pour la deuxième, c’est par là !

André et JPMontoya ont posé un certains nombre de questions assez techniques sur Rafael Nadal. On manque de temps, mais, pour faire simple, que penses-tu de son année ? Tu es surpris ? Tu trouves qu’il a progressé ?

J’ai été surpris, oui, parce qu’honnêtement, je ne pensais pas qu’il allait gagner trois tournois du Grand Chelem. Je trouve qu’il a très bien joué cette saison, notamment après Wimbledon. Même si ca a été un crève-cœur, pour lui, il a décidé de se retirer de la Coupe Davis. Et c’est aussi ça, qui, à mon sens, lui permet de faire une très bonne fin de saison. Et de remporter, notamment, l’US Open. Il faut savoir gérer une saison, ça s’apprend, et c’est ce qui lui a permis d’être au top tout au long de l’année, il a progressé là-dessus. Même aux Masters, où il jouait quand même sur une surface qui lui convenait moins bien qu’aux autres, il a réussi à tirer son épingle du jeu. Contre Murray, il joue même l’un des plus beaux matches de la saison, il me semble que cette rencontre a été élue match de l’année par les internautes. Après, ce n’était pas un Nadal à 100 % qu’a rencontré Federer, il faut le reconnaître, même si j’étais ravi de la victoire de Roger. Pour résumer, en deux mots, il a fait une saison monstrueuse.

Efty s’interroge, lui, sur le retour de Roger Federer en cette fin de saison. C’est, à ton sens, un retour durable ou un simple retour de flamme ?

Durable, je ne sais pas. Il a gagné, en cette fin d’année, des tournois indoors, sur des surfaces rapides, qui conviennent bien à son jeu. Ca risque d’être plus compliqué contre les Espagnols et, bien sûr, Nadal, sur des surfaces un peu plus lentes, notamment la terre battue. Mais je pense quand même qu’il a eu un petit retour de flamme. A suivre l’année prochaine.

« Rafael Nadal sait gérer sa saison »

On a pas mal de questions sur les espoirs, qui sont censés prendre la relève, sur les joueurs qui pourraient troubler la hiérarchie établie. Tu as un nom à nous donner pour 2011 ? Une image à garder pour 2010 ?

Je vais rester frenchie, j’ai bien aimé le retour de Richard Gasquet. Il a accumulé les bonnes performances. Il a juste manqué d’un peu de récupération après sa bonne série sur terre battue, à la veille de Roland-Garros. A Roland, il mène quand même deux sets à zéro face à Andy Murray ! Et puis, il a un coup de barre. Je pense que s’il avait réussi à gagner ce match, il serait allé beaucoup plus loin. Le voir revenir, comme ca, de cette manière, après son histoire, c’est, pour moi, l’une des images fortes de l’année et l’un des espoirs pour la prochaine.

Justement, Alertamalibu, Canellie et André voudrait en savoir plus sur Richard. Canellie, notamment, te posait une question à propos de la séparation de Richard et Gabriel Markus. Qu’as-tu pensé de leur collaboration, puis de leur divorce ? C’est quelque chose que tu regrettes ? On raconte que la séparation s’est faite suite à un refus de Richard de prendre part à un entraînement qu’il jugeait trop dur, où il fallait se faire trop mal…

Il y a de l’info, là ! (Rires) J’ai vu Richard pendant cette préparation de la Coupe Davis. Autant avant il avait du mal à se faire souffrir, à se faire « mal », justement, autant, maintenant, il a compris que c’était une chose nécessaire pour revenir au plus haut niveau. Il lui faudra souffrir et il le sait. C’est vrai que Gabriel Markus, c’est un entraîneur qui a de la poigne, qui aime bien faire suer ses joueurs, qui a de grosses exigences. Mais je pense que leur séparation est due à un autre problème. Richard a besoin de quelqu’un qui le connaisse vraiment bien. Eric Deblicker est son mentor depuis de nombreuses années, maintenant. A mon avis, il va aussi prendre quelqu’un d’autre pour compléter son staff. Mais je suis persuadé qu’il va réussir à faire quelque chose l’année prochaine ; notamment se faire mal pour aller chercher de grosses victoires.

« Je suis persuadé que Richard va réussir à faire quelque chose la saison prochaine »

Une remarque assez régulière que nous font les internautes sur Jo-Wilfried Tsonga : tu penses qu’il est morphologiquement appelé à se blesser souvent ? On parle aussi d’un surpoids…

C’est vrai que son corps ne le laisse pas tranquille depuis un bon petit moment. En ce qui concerne son surpoids, il fait très attention. Il connait son poids de forme, il sait quand il peut pousser la machine. Après, vous savez, il y a des gens qui passent au travers des blessures, d’autres non. Lui, il les enchaine. Il n’a eu qu’une ou deux années complètes. Reste à espérer que 2011 fasse partie des celles-ci.

A propos de Gaël Monfils, je viens tout juste de voir une question d’Himuraken. Il sent un Gaël plus offensif en équipe de France, un Gaël différent du circuit… D’où ça vient ? C’est un travail que vous menez avec lui ? D’ailleurs, on a la sensation qu’il ne cesse de progresser dans tous les domaines. Même si une internaute qui se fait appeler Benda met en avant ses manques, de maturité et autres. Tu le ressens aussi, c’est ce que tu as vu lors de son match contre Djokovic ?

Oui, c’est vrai, il en manquait face à Novak. Mais, ce qu’il faut retenir, ce sont les premiers mots que Gaël a dit à la fin de ce match : « Je me suis rendu compte qu’il faut que je travaille encore beaucoup plus. » Tout est dit. Il est dans cette dynamique-là, avec Roger Rasheed et Patrick Chamagne. Ce staff le tient bien. Or, Gaël, il ne faut pas le lâcher, sinon c’est difficile de le récupérer ! (Rires) Avec lui, c’est donnant-donnant. Lorsqu’il se sent entouré, lorsqu’il sent que son staff fait vraiment tout pour lui, il donne énormément en retour. Cette année, en effet, c’est à mon sens celui qui a le plus progressé, notamment dans son jeu. On le voit, maintenant, enchainer service-volée, il se sert plus souvent des amorties… Avant, il ne venait jamais au filet. Il a mis en place tout un ensemble de petites choses dans son jeu, qui peuvent lui permettre, je pense, d’aller chercher une place dans les cinq ou six.

On a tout de même l’impression que Gaël, en Coupe Davis, n’est pas le même Gaël…

On le pousse à être plus agressif, à monter plus souvent au filet. C’est un travail de fond, qu’il mène, de toute façon, avec Roger Rasheed, au quotidien. Gaël, c’est un joueur qui se nourrit beaucoup du public. Alors, jouer à la maison, en Coupe Davis, c’était parfait pour lui. Si on revient sur Bercy, c’est la même chose. Au début, il n’est pas très bien. Puis, il se retrouve en finale, parce qu’il y a de l’ambiance, un public derrière lui… Ca le transforme.

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