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Müller, l’al­ler­gique !

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Le nom de Gilles Müller est rare­ment associé à la saison sur terre battue. Il faut dire que le grand Luxembourgeois n’a pas vrai­ment le profil… Gros serveur, atta­quant de nature, il vit toujours cette période sur ocre comme un long chemin de croix. Et, pour­tant, comme il le dit lui‐même, il n’est pas aller­gique… Alors qu’attend-on de la terre et de Roland Garros lorsqu’on s’appelle Müller ?

Gilles, on sait, tous les deux, que tu es beau­coup plus à l’aise sur dur que sur terre battue. Quand on a ton profil, comment on gère la tran­si­tion entre les deux surfaces ?

La tran­si­tion, c’est une période durant laquelle j’essaie de bien me préparer. La terre est une surface qui demande beau­coup d’ef­forts physiques. Il faut faire atten­tion aux bles­sures. Je ne joue jamais en tournoi tout de suite, je me prépare au moins pendant deux à trois semaines avant de me lancer. Ceci dit, cela demeure la période où je joue le moins.

Pourquoi ?

Généralement, dès le début de la saison, j’enchaîne les tour­nois sur dur, en indoor. Je joue presque toutes les semaines. Alors, la terre, c’est un peu la période… Je ne dis pas que je me repose, mais je fais un petit break par rapport aux tour­nois et j’en profite pour bien me préparer physi­que­ment en vue du reste de l’année.

Cette prépa­ra­tion de deux ou trois semaines, tu la fais où ?

Au Luxembourg. Là‐bas, on a des courts indoors en terre et, si le temps le permet, on joue dehors. J’ai la famille à côté, à la maison, mon prépa­ra­teur physique et mon coach qui sont là… Je peux faire tout ce que je dois faire tran­quille­ment, dans un cadre idéal.

Même si, la terre, ce n’est pas trop ton truc, il y a un tournoi qui te botte plus qu’un autre sur cette surface ?

(Il réflé­chit très longue­ment) Non… Pas vrai­ment (rires) ! C’est une période dont je n’attends qu’une chose : la fin. C’est marrant, d’ailleurs, parce que, dans le fond, j’aime bien jouer sur terre. J’ai grandi dessus. L’été, au Luxembourg, on n’a pas le choix, on ne joue que là‐dessus… Mais il faut être réaliste : sur terre, mes atouts habi­tuels ne fonc­tionnent plus vraiment. 

Qu’est-ce qui bloque ?

Déjà, c’est beau­coup plus lent. Les joueurs qui s’en sortent bien sur terre se posi­tionnent quand même très loin de leur ligne de fond de court. Du coup, ils relancent mieux mon service. De mon côté, je ne peux pas prati­quer le service‐volée comme je le fais sur dur. Les échanges sont plus lents et cela ne corres­pond pas à ma filière de jeu. Moi, je n’aime pas trop les rallies, je préfère aller vers l’avant et finir au filet… Cela ne m’avan­tage pas, c’est bien plus diffi­cile à réaliser sur terre… Attention, hein, j’ai déjà eu quelques bons résul­tats ! J’ai même dû gagner deux ou trois tour­nois challengers.

Tu en gardes des souve­nirs particuliers ?

Non, pas forcé­ment. Je vais te dire, mon meilleur souvenir c’était tout simple­ment l’année dernière, quand j’ai passé pour la première fois le premier tour à Roland Garros. C’était un truc qui m’angoissait vrai­ment, je t’assure. Me dire que j’al­lais peut‐être terminer ma carrière sans avoir gagné un seul match dans le tableau prin­cipal de Roland… Cela a été un moment assez spécial.

Alors tu n’as pas jamais d’ob­jec­tifs ciblés lors de la saison sur terre ?

Si, j’ai l’ob­jectif de bien me préparer pour le gazon. Il faut que je sois dans de bonnes dispo­si­tions physiques pour toute cette période et la saison sur dur, aux Etats‐Unis. Le reste, c’est du bonus, je n’ai pas de pres­sion. Et si je réussis un truc sur terre au passage, c’est génial !

Entretien réalisé par Simon Alves