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Novak Djokovic : « La confiance, on l’acquiert en faisant un gros travail sur soi »

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Grand favori de l’édi­tion 2015 de Roland Garros, Novak Djokovic s’était confié lors d’un entre­tien en marge du Masters 1000 de Monte‐Carlo. Le numéro un mondial y avait notam­ment évoqué son physique, le Grand Chelem pari­sien et sa nouvelle approche des matches. Un entre­tien à retrouver dans le numéro 46 de notre maga­zine GrandChelem.

Quand on enchaîne autant de victoires d’af­filée, on n’a pas peur du fameux coup de fatigue ?
« Le travail physique que je m’im­pose m’aide à oublier la fatigue. Je m’en­traîne toujours dur lors de la prépa­ra­tion hiver­nale afin de garder la forme toute l’année et de tenir le coup menta­le­ment. Ce n’est pas la première fois que je dois gérer une telle situa­tion, avec beau­coup de succès et, donc, beau­coup de matchs à jouer. D’ailleurs, je ne peux pas me plaindre ! Cette fatigue est une consé­quence posi­tive de mes perfor­mances. Surtout, vous n’ima­ginez pas comme je prends du plaisir à prati­quer mon tout meilleur tennis… Depuis 2011, je n’avais jamais aussi bien démarré une saison. »

Justement, en 2011, quand vous étiez arrivé à Roland Garros avec cette série de 37 victoires, vous aviez dû supporter une pres­sion énorme…
« C’est vrai. Mais, aujourd’hui, je suis plus armé pour gérer ce type de situa­tion. En 2011, j’avais dû supprimer Monte‐Carlo de mon programme, par exemple, alors que ça ne m’a jamais traversé l’es­prit cette année. Toujours en 2011, c’était la première fois que je faisais d’aussi bonnes choses. J’étais, certes, numéro trois mondial, mais je n’avais jamais gagné autant de matchs d’af­filée. Maintenant, avec plus d’ex­pé­rience, de rencontres jouées et de kilo­mètres parcourus, je me sens plus fort et plus mûr physi­que­ment. Pour réussir sur terre battue et à Roland Garros, je sais aussi que la clef sera de rester en bonne santé. Ce n’était pas vrai­ment le cas ces trois dernières années, puisque j’avais eu des pépins à l’épaule ou au poignet. Et ça a été handi­ca­pant pour être au top lors des grandes échéances, notam­ment à Roland. »

Rafael Nadal a, de son côté, beau­coup plus de diffi­cultés, cette année. Qu’en penses‐tu ?
« Vous savez, c’est normal d’avoir des hauts et des bas dans sa carrière, lors­qu’on est joueur profes­sionnel. Tout au long de l’année, on va d’émotions en émotions. Parfois, on ne se sent plus autant en confiance que d’habitude et ça peut nous jouer des tours lors de matchs impor­tants. Mais, là, on parle de quelqu’un qui a déjà telle­ment gagné ! Rafa a l’expérience, le talent, le poten­tiel, la force, le mental, le physique… C’est un très grand compé­ti­teur et l’un des meilleurs joueurs de notre sport. Je suis égale­ment passé par des moments de doute. Par exemple, lorsque j’ai perdu la finale de l’US Open, l’année dernière, alors que je menais contre Rafa, juste­ment, je n’ai pas réussi à main­tenir un niveau mental suffi­sant durant le match. Nous sommes des humains : la défaite et l’er­reur nous font douter. Il faut être capable d’iden­ti­fier ce qui ne va pas afin de revenir au top. C’est pour ça que je ne suis pas du tout inquiet pour Rafa. Il a déjà prouvé à maintes reprises qu’il était un grand cham­pion. Qu’il revienne à son meilleur niveau n’est qu’une ques­tion de temps. »

Tu parles beau­coup de mental. Cette saison est diffé­rente des autres, pour toi, dans ce domaine ?
« C’est l’un des deux meilleurs débuts de saison de ma carrière. Mon approche est diffé­rente, car, menta­le­ment, je me sens très frais. Je suis aussi très motivé, c’est pour ça que je suis en confiance. Pour revenir à cette notion de confiance, c’est quelque chose de délicat, de fragile. La confiance, on l’ac­quiert en faisant un gros travail sur soi, en passant d’in­nom­brables heures sur les courts, en étant patient, car cela prend du temps. D’autant plus qu’à l’in­verse, il est très facile de perdre confiance. C’est pour ça que j’essaie d’être toujours disci­pliné et de travailler très dur. J’espère que cet état d’esprit pourra m’aider à surfer sur cette bonne dynamique ! »

Un musée en l’hon­neur de sa première coach
« Pour le moment, une partie des premiers trophées gagnés quand j’étais jeune sont dans la maison de mes parents, à Belgrade. Ceux que j’ai gagnés en tant que joueur profes­sionnel se trouvent, eux, dans mon club d’origine. C’est là‐bas que j’ai rencontré Jelena Gencic, ma première coach. Depuis qu’elle n’est plus de ce monde, je cherche une manière de lui rendre hommage. L’idée serait de faire un petit musée dans une partie de son ancienne maison, où sa famille habite encore. Ce musée rassem­ble­rait mes trophées, comme celui de Wimbledon, par exemple. C’est le moins que je puisse faire pour elle, non seule­ment pour tout ce qu’elle a fait pour moi, mais aussi pour le tennis et le sport en général. »

=> Grand Chelem n°46 en télé­char­ge­ment gratuit
Retrouvez gratui­te­ment et en inté­gra­lité le numéro 46 « Spécial Roland Garros » de notre maga­zine GrandChelem.. Bonne lecture !