Nous vous proposions de poser vos questions à Lionel Roux, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, lundi dernier. Laurent Trupiano et RCV l’ont rencontré vendredi dans un célèbre café lyonnais. Après une entrée en matière faite d’espresso et jus d’orange, nous avons sorti notre dossier contenant l’ensemble de vos interrogations classées. Malgré une courte nuit, Lionel s’est prêté au jeu avec plaisir. S’il n’a pu répondre à tout le monde, il s’est largement épanché sur les sujets évoqués… Troisième partie de l’entretien.
Première partie, ici : ROUX : « GASQUET FAIT DE LA COUPE DAVIS UN OBJECTIF EN 2014 » (1÷3)
Deuxième partie, ici : ROUX : « IL EST INCONCEVABLE QUE CETTE GÉNÉRATION NE GAGNE PAS LA COUPE DAVIS » (2÷3)
Fox…renard sacripant : La République Tchèque l’a emporté en faisant jouer ses leaders en simple et en double, Berdych et Stepanek. Est‐ce que ce n’est pas la tactique à aborder vu la qualité de nos joueurs en simple…
L. R. : En Coupe Davis, il faut surtout se persuader qu’il n’y a pas de règles, pas de recette. Qui aurait dit qu’avec seulement deux joueurs, la République Tchèque serait capable de l’emporter deux fois de suite ? Personne. Alors oui, c’est sûr qu’avec nos quatre joueurs en forme, on est une équipe plutôt solide. Mais, si l’on regarde les campagnes précédentes, on a été très rarement été dans ces conditions‐là.
WLT : Tu as affirmé que la porte n’était fermée à personne dans cette équipe de France. Pourtant, on a quand même l’impression qu’elle reste un pré carré, un domaine réservé et qu’un joueur comme Benoît Paire va devoir ronger son frein…
L. R. : Là encore, c’est faux. Au sujet de Benoît Paire, vous vous trompez. Lors de notre réunion à Bercy pour choisir la surface du premier tour face à l’Australie, il était autour de la table pour en discuter. Evidemment, il faut aussi accepter l’idée que cette compétition est spéciale et que ce n’est pas toujours facile de lancer un rookie. Enfin, je n’étonnerai personne si je dis que Benoît doit progresser en termes d’attitude. J’ai un souvenir très décevant de son Wimbledon, cette année, il pestait continuellement sur le court. Ce type de comportements n’est pas logique à ce niveau, d’autant qu’on sait tous qu’il a vraiment beaucoup de talent.
WLT : Parlons de ce premier tour face à l’Australie. C’est plutôt un bon tirage, non ?
L. R. : L’Australie est une grande nation de tennis. La défier au premier tour, chez nous, c’est une bonne nouvelle car c’est une belle affiche. On sait que l’on part favori, mais on sait aussi que tout peut arriver en Coupe Davis – vous me pardonnerez ce lieu commun, mais il est très vrai.
WLT : C’est vrai qu’au départ, vous vouliez jouer sur dur ?
L. R. : Oui, c’est exact. Mais il y avait un souci : entre ce qu’on va réclamer en termes de surface dure et de rapidité et la réalité, il y a une vraie différence. En 2010, à Toulon, face aux Allemands, on a été vraiment surpris, car, au fil de la semaine, le terrain est devenu de plus en plus lisse. Il s’est vraiment dégradé. Au final, nous qui voulions gêner Benjamin Becker, leur numéro deux, avec une surface dure un peu lente, on s’est retrouvé sur une surface ultra‐rapide… Ce n’était pas vraiment le but recherché… Là, au moment de savoir ce qu’on allait choisir contre l’Australie, on en a tenu compte. La terre battue, ce n’est pas la meilleure surface de Tomic et Hewitt (rires), loin de là, et on sait qu’en France, on fait de supers terres, c’est dans nos gènes. Très vite, il y a eu consensus autour de cette idée, même si l’on sait que les conditions ne seront pas non plus optimales pour apprivoiser l’ocre. On va bien prendre le temps de s’acclimater, car les joueurs reviendront d’Australie pour enchaîner sur la saison indoor.
WLT : La Roche‐sur‐Yon, c’est une destination qui surprend…
L. R. : Cela a surtout mis Patrick Rafter (NDLR : Capitaine de l’Australie) dans une colère noire. On a eu beau lui expliquer que, chez nous, il y a un processus d’appel d’offre auprès des Ligues et qu’on ne fait pas ce qu’on veut, il ne comprend toujours pas. Il se voyait dans une grande ville, pas loin d’un aéroport, quelque chose de plus classique en fait. Autant dire qu’il ne va pas venir avec le sourire, même si on n’est pas loin de l’océan (rires). Ce choix est d’ailleurs plutôt bon, puisque j’ai appris que toutes les places ont été vendues très rapidement. Je pense qu’il y avait un manque dans cette région. Il y a déjà eu un Challenger qui a bien marché. De toute façon, la Coupe Davis fait partie de notre patrimoine, je ne suis pas tellement étonné de ce succès. Maintenant, à nous de ne pas les décevoir !
Oli : Dernière question, c’est quoi un bon consultant ? Et Frédéric Viard est‐il le meilleur commentateur que tu connaisses ?
L. R. : Joker (rires) ! Fred est un ami, notre duo a un vrai passé. Comme pour mon boulot d’entraîneur, je prends beaucoup de plaisir à commenter. Fred aussi, il n’y a qu’à voir l’épisode du câlin à Roger Federer, à Bercy, pour comprendre que Fred est un dingue de tennis. Je pense que ça se ressent à l’antenne !
En 1994, à Bercy, Lionel Roux remporte l’une des plus belles victoires de son ex‐carrière professionnelle. Il bat Michael Stich, numéro quatre mondial, 6–3 6–4.
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Publié le mercredi 11 décembre 2013 à 19:00


