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Roux : « Gasquet fait de la Coupe Davis un objectif en 2014 » (1/3)

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Nous vous proposions de poser vos questions à Lionel Roux, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, lundi dernier. Laurent Trupiano et RCV l’ont rencontré vendredi dans un célèbre café lyonnais. Après une entrée en matière faite d’espresso et jus d’orange, nous avons sorti notre dossier contenant l’ensemble de vos interrogations classées. Malgré une courte nuit, Lionel s’est prêté au jeu avec plaisir. S’il n’a pu répondre à tout le monde, il s’est largement épanché sur les sujets évoqués…

Fed‐Express : Comment expli­quer l’écart entre Jo‐Wilfried Tsonga et les autres ?

Lionel Roux : Aujourd’hui, c’est sûr que Jo (Tsonga) est plus régu­lier, mais je dois dire que Richard (Gasquet) m’a bluffé lors de l’US Open. Quand je l’ai vu battre David Ferrer après avoir sauvé des balles de match face à Milos Raonic, je me suis mis à rêver d’un succès. D’une façon géné­rale, Richard a changé d’at­ti­tude cette saison. Cela ne s’est pas trop dit, mais il a très, très mal vécu l’épi­sode du quart de finale de Coupe Davis, face à l’Argentine. Il était blessé, il n’a pas pu défendre les couleurs de son pays, certains lui ont reproché de trop se préserver… Au final, vu ce qu’il s’est passé, il a culpa­bi­lisé. Du coup, il a une vraie revanche à prendre par rapport à tout ça. D’ailleurs, il nous a convo­qués, Arnaud Clément et moi‐même, pendant l’US Open, pour nous dire que la Coupe Davis faisait plei­ne­ment partie de ses objec­tifs et qu’il fallait compter sur lui à 1000 pour cent en 2014. 

Oli : Est‐ce que Gaël Monfils gâche son talent par une atti­tude qui ne semble pas toujours très profes­sion­nelle ?

L. R. : Gaël est un cas à part. Dire qu’il est le plus doué de cette géné­ra­tion, c’est une faci­lité lors même qu’on constate qu’il manque cruel­le­ment de constance. Cette année, quand je le vois à Shanghai face à Novak Djokovic, j’hal­lu­cine vrai­ment et j’ai du mal à comprendre comment il parvient à atteindre ce niveau de jeu. Gaël a une qualité unique : celle de pouvoir se sublimer à n’im­porte quel moment, quelle que soit sa prépa­ra­tion. La seule donnée vrai­ment impor­tante, c’est son état de fraî­cheur physique. Après, il lui faut aussi des condi­tions bien parti­cu­lières, mais lors­qu’il doit faire un gros match devant un vrai public, il répond souvent présent tant physi­que­ment que tech­ni­que­ment. C’est un gars qui a besoin de ressentir les choses, des émotions, d’être porté, d’être aimé. C’est un mec super atta­chant. En équipe de France, il a toujours répondu présent. Je dirais même qu’il a le profil du joueur type de Coupe Davis, capable de faire des coups, de battre n’im­porte qui, de porter une équipe, d’en­flammer une salle…

Aureclint : Richard Gasquet a choisi Sergi Bruguera pour l’en­traîner. Cette nomi­na­tion a été suivie de plusieurs critiques défa­vo­rables, mais qu’en penses‐tu, toi ?

L. R. : Je ne vois pas en quoi l’on pour­rait déjà criti­quer le choix de Richard Gasquet. Il faut quand même laisser du temps avant d’ex­pli­quer que c’est une mauvaise déci­sion. Sergi Bruguera a un vrai palmarès, c’était un mec qui ne lâchait rien. Il a une exper­tise reconnue, notam­ment pour le jeu sur terre battue. Quand Ivan Lendl est venu au chevet d’Andy Murray alors qu’il n’avait jamais réel­le­ment coaché, beau­coup de personnes étaient scep­tiques. Depuis, ce n’est plus vrai­ment le cas et Lendl a énor­mé­ment apporté à Andy. Et pas seule­ment dans les domaines où Ivan excel­lait quand il était joueur ! Il faut donc laisser Sergi bosser, d’au­tant que c’est un gars qui était proche de Sébastien Grosjean sur le circuit et que Richard aime beau­coup l’idée de duo. Evidemment, ça n’a pas été facile d’ap­prendre le départ de Piatti. Il a fait un boulot vrai­ment remar­quable et il en impo­sait. C’était quel­qu’un qu’on écou­tait de par son âge et son charisme. 

WLT : Jo‐Wilfried Tsonga a égale­ment décidé de changer de struc­ture en choi­sis­sant un duo. C’est la mode ?

L. R. : C’est assez diffé­rent de Richard, Jo est plus directif. Avec Thierry Ascione et Nicolas Escudé, il s’est entouré du feu et de la glace (rires). Il faut main­te­nant qu’ils parviennent tous à trouver le bon fonc­tion­ne­ment, la bonne carbu­ra­tion, car je sais que Jo ne fait pas les choses à moitié. Et Nicolas Mahut qui est aussi coaché par ce duo et qui a réalisé une saison 2013 plutôt réussie, a lui aussi besoin d’ac­com­pa­gne­ment pour rester dans sa dyna­mique posi­tive. Le gros avan­tage, c’est qu’ils se connaissent tous très bien. Personne ne manie la langue de bois, ce sont quatre gars très sains. Je suis certain qu’au fil du temps ils vont trouver le bon fonctionnement. 

La suite, mercredi 11 décembre à 12h00.