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Zeljko Franulovic : « J’ai mis le turbo pour faire venir Roger »

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A quelques jours du lance­ment de la 114ème édition du Monte‐Carlo Rolex Masters, GrandChelem/welovetennis est allé inter­roger Zeljko Franulovic, Directeur du tournoi. Un Directeur heureux, qui peut se targuer d’avoir l’une des plus belles épreuves au monde…

On ne peut pas débuter cet entre­tien sans parler de la venue de Roger Federer à Monte‐Carlo cette année…

C’est une très belle surprise. Elle aurait été encore plus belle s’il avait demandé une wild­card deux ou trois jours avant le tournoi (rires)… Là, il l’a demandée dans les délais. Il n’avait pas l’in­ten­tion de jouer notre tournoi en début de saison. C’était assez complexe, pour lui, il ne savait pas s’il allait jouer la Coupe Davis, ni quels parcours il allait avoir à Indian Wells et Miami. Son programme très chargé le refroi­dis­sait pour venir à Monaco. Finalement, Roger a quand même choisi de nous inclure dans son calen­drier. Mais, atten­tion, on peut toujours perdre un autre joueur, sur une bles­sure ou un chan­ge­ment de programme de dernière minute. Là, avec les numéros un, deux et trois mondiaux et les un, deux et trois Français, on a un plateau de choix !

C’est sûr, Roger et Rafa à Monte‐Carlo, c’est une super opération !

J’aimerais rappeler que Roger n’a fait l’im­passe sur Monte‐Carlo qu’une seule fois sur les cinq dernières années. Depuis quelques temps, les choses ont changé dans sa vie. Il a gagné son 16ème Grand Chelem, il s’est marié, il a eu deux enfants… Ce contexte‐là lui fait rela­ti­viser ses parti­ci­pa­tions, même sur les grands tournois.

Faire venir Roger, c’était une volonté du tournoi ? Vous êtes allé le chercher ?

J’ai la chance de bien connaître Roger. Je connais sa famille, sa femme… Je sais qu’ il apprécie beau­coup le tournoi. Mais égale­ment qu’il n’avait pas prévu de venir à Monte‐Carlo. J’ai quand même mis les gaz dès le début de saison pour qu’il vienne et qu’il ne fasse pas l’im­passe sur notre épreuve. A Monte‐Carlo, on a un problème de météo. Parfois, il fait un peu trop frais, parfois il pleut… Ca peut rebuter les joueurs. Mais on béné­ficie aussi d’un effet inverse, avec des joueurs qui sont très excités à l’idée de sortir de la période indoor et de jouer, enfin, dehors, au soleil… Pour Roger, c’est la même chose !

Il y a des nouveautés pour cette édition 2011 ?

A Monte‐Carlo, on est un peu limité. Le tournoi est coincé entre la mer, la roche, l’Italie et la France. On est donc obligé d’innover en termes d’in­fra­struc­tures. On a pris les bull­do­zers et on a creusé un peu plus dans la roche. On essaie d’op­ti­miser l’espace en jouant sur la hauteur. Et on a quand même réussi à construire deux terrains de plus, en dur, pour les joueurs profes­sion­nels qui s’en­traînent souvent à Monaco – Djokovic, Berdych, Wozniacki, Safina… Cette construc­tion a permis de creuser un parking de 50 places, dessous, ce qui était indis­pen­sable pour nous. Cette situa­tion, c’est un souci, mais on s’en sort avec de bonnes idées !

Cette année, les spec­ta­teurs pour­ront voir Francesca Schiavone et Caroline Wozniacki fouler le Central. C’est une belle surprise !

Là encore, on a voulu innover. On a déplacé la journée de la femme du jeudi au lundi. On cher­chait un moyen de remer­cier nos nombreuses spec­ta­trices. Au départ, on voulait orga­niser un match Becker‐Edberg, mais on s’est dit qu’il y avait plus féminin (rires)… On voulait le top : la numéro une mondiale et la gagnante de Roland Garros, Italienne de surcroît (NDLR : 40% du public est italien), c’est le programme idéal. C’est un vrai cadeau pour notre public féminin, puisque l’ex­hi­bi­tion sera gratuite pour les femmes.

C’est aussi une bonne occa­sion de voir enfin des joueuses de haut niveau sur les terrains de Monte‐Carlo…

Je sens un peu d’ironie… (Rires) Mais, comme je vous l’ai expliqué, inté­grer les femmes au tournoi, ici, c’est impos­sible. Il faudrait doubler les vestiaires, la flotte de voitures, les terrains, tout… Ce n’est pas pour nous !

L’avenir du tournoi, vous le voyez comment ?

Je ne vais pas mentir, on a atteint nos limites. Ca n’empêche pas que le tournoi soit reconnu mondia­le­ment pour sa qualité. On a un stade de 10 000 places, commes les autres Masters 1000. On pour­rait encore améliorer la capa­cité des courts annexes, mais c’est aussi leur proxi­mité et leur faci­lité d’accès qui fait le charme de Monte‐Carlo. Les enfants peuvent voir faci­le­ment les joueurs s’en­traîner, c’est magni­fique. Il n’est d’ailleurs pas rare que des entraî­ne­ments soient plus suivis que certains matches sur le Central ! 

Finalement, cette proxi­mité, la mer, le soleil, tout ce charme… Cela ne fait‐il pas de Monte‐Carlo le plus beau tournoi du monde ?

C’est ce que pense Rafael Nadal, en tout cas (rires)… On est obligé d’avoir ces atouts‐là, parce qu’on n’a pas les autres. La proxi­mité, la convi­via­lité, la fami­lia­rité, c’est ce qui fait notre force. Notre but, c’est que les 130 000 spec­ta­teurs qui viennent tout au long de la semaine soient contents d’être venus. Et qu’ils reviennent la journée d’après, et avec leurs enfants ! Le spec­tacle d’abord. C’est le but de tout tournoi, non ? 

Un petit pronostic pour finir ? Une septième victoire d’af­filée pour Rafa ?

(Rires) Chaque année, Rafa n’at­tend que ça. Chaque année, Monte‐Carlo le lance comme une fusée. Et, pour­tant, chaque année, la concur­rence est sérieuse. Mais, Monte‐Carlo, c’est vrai­ment sa terre battue. Ca va être diffi­cile pour ses adversaires…

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.