A l’orée des JO, petite série de portrait sur certaines des sélections qui vont participer à ce tournoi olympique. Aujourd’hui, nous nous intéressons à la Tunisie et son représentant chez les hommes, Malek Jaziri.
ll y aura seulement deux joueurs en provenance d’Afrique dans ce tournoi olympique de tennis. Il s’agit de Malek Jaziri et d’Ons Jabeur qui représenteront la Tunisie à Londres. Les deux joueurs n’ont pas la même envergure. La joueuse de 17 ans est encore un espoir et n’est que 297e au classement WTA. Le Tunisien est pour sa part, classé 70e mondial. Présent depuis 2002 sur le circuit, il n’a jamais joué une finale d’un tournoi. A 28 ans, il va participer à ses premiers Jeux olympiques sous les couleurs de son pays. Portrait d’un homme fier.
Malek Jaziri est né à Bizerte en Tunisie. Initié au tennis à l’âge de 5 ans, il fera partie de l’équipe de moins de 14 ans de l’équipe africaine de l’ITF et a ainsi pu faire une tournée en Europe par ce biais. Ce droitier s’est ensuite illustré sur les circuits Futures et Challenger jusqu’à disputer son premier tournoi ATP en 2010. Et quel tournoi ! Jaziri fait en effet le grand saut à l’Open d’Australie. Certes une défaite dès les qualifications mais le Tunisien prend confiance en lui et commence à grimper dans le classement ATP. En 2011, il accomplit son rêve. Il participe à l’US Open, son tournoi favori. ll devient par la même occasion le premier Tunisien à fouler les courts new‐yorkais. Transcendé, il parvient à passer les tours de qualifications et finit par se hisser au deuxième tour où il affronte Mardy Fish. L’Américain mettra malheureusement fin à son épopée en trois sets. Depuis le début de l’année 2012, Jaziri a participé aux trois Grand Chelems. S’il ne passe pas les qualifications en Australie, il atteint le deuxième tour à Roland Garros et à Wimbledon, éliminé respectivement par Granollers et Kohlschreiber. Mais cette année est surtout celle de son entrée dans l’histoire du tennis africain. Il devient en effet le premier Tunisien et le quatrième Maghrébin, après les Marocains Hicham Arazi, Younes El Ayanaoui et Karim Alami, à intégrer le Top 100 mondial.
Et le Bizertin est très fier de rappeler cette performance juste avant les Jeux olympiques dans un entretien donné à ESPN : « Je représente tous les pays arabes. Je suis seul… juste moi dans le Top 100. » Pour lui, pas de doute, il existe un lien entre cette fantastique progression et la révolution en Tunisie de l’hiver dernier : « La révolution m’a tellement aidé. Après la révolution j’ai commencé à bien joué. Vous vous sentez libre. Vous sentez qu’il n’y a plus de dictateur. Vous pouvez faire ce que vous voulez, dire ce que vous voulez. » Ce printemps arabe, il l’a vécu de l’intérieur. Alors qu’il soignait son genou à Barcelone, Jaziri rentre à Tunis pour reprendre l’entraînement. Une semaine après son arrivée, la révolte arrive à son terme. « C’était dur, très dur » confie celui qui était sur les courts de tennis lorsque les affrontements entre forces de police et révoltés embrasaient la capitale tunisienne. Il décide alors de quitter le pays afin de pouvoir poursuivre sa carrière de joueur de tennis. Un an et demi après la chute de Ben Ali, Jaziri est à nouveau de retour dans son pays. La révolution a été une très bonne chose selon lui mais il sait qu’il faut rester vigilant vis‐à‐vis du nouveau pouvoir : « Les gens doivent savoir ce que signifie la liberté et comment l’utiliser. »
Mais trêve de politique, Malek Jaziri va donc représenter ce pays dont il est si fier aux Jeux olympiques. Il espère donc pouvoir être un symbole positif et faire changer les mentalités. En dehors du Maroc, la Tunisie a le tennis professionnel le plus fort des pays arabes. Il a également bon espoir que sa participation aux Jeux éveillent dans son pays une petite révolution au niveau du tennis. « Ce sport commence à être très populaire en Tunisie » assure‐t‐il. « Nous avons un tournoi (un Challenger), j’espère que dans quelques années il y aura beaucoup de tournois et plus de joueurs. » Jaziri attend avec impatience le premier tour. Il y affrontera le Taïwanais Lu Yen‐hsun. « Tout sportif veut jouer les Jeux olympiques. Je suis donc très heureux de représenter mon pays dans ce genre de tournois. C’est comme un rêve. »
Le rêve commence samedi.
Publié le jeudi 26 juillet 2012 à 17:36


