Accueil Le blog d'Apolline Guga et Noah sont tellement plus grands que vous tous réunis

Guga et Noah sont tellement plus grands que vous tous réunis

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Quelle émotion depuis 48 heures ! Votre Apolline elle n’arrête pas de rire et de pleurer. D’abord tout un vendredi soir avec Noah sur une péniche à se laisser envahir par le charisme de ce mec, la décontraction, l’humour. Noah c’est notre Guga français. Ou serait-ce l’inverse ? Guga, notre Noah brésilien à qui l’on remet un trophée après avoir perdu au premier tour et qui fait chialer tout le central sans qu’on ai comprit un traitre mot de son discours d’adieu. Apolline vous le dit : ces mecs-là sont des seigneurs.

Il y a un mois, un journaliste télé français s’est laissé en plein match à un petit moment d’errance sur le cas Gustavo Kuerten. Il laissait entendre qu’il avait un peu de peine à voir comment Guga avait décidé de quitter le tennis. Il avait vu son match contre Ljubicic à Monte-Carlo et il avait trouvé le Brésilien tellement faible qu’il se demandait si le dernier tour de piste à Roland Garros n’allait pas ressembler à une humiliation. Bref il ne comprenait pas pourquoi Guga ne nous épargnait pas ce triste épilogue. Ce n’était pas dit méchamment et on ne sera pas méchant en retour. On pouvait juste se demander qui était ce mec qui n’a jamais dû passer deux tours à Roland pour se permettre d’expliquer à Gustavo Kuerten, triple vainqueur à la Porte d’Auteuil et numéro 1 mondial, comment il devait prendre sa retraite. Et on rappellera juste poliment ce que le Guga en question avait répondu un mois avant à un journaliste anglais sur l’écornement possible de son image dans une suite d’adieux avec grosses branlées à la clef : « L’image d’un joueur ce n’est pas la victoire ou la défaite, c’est ce qu’il dégage sur un court. Je connais des gens qui n’ont remporté qu’un titre important et dont tout le monde se souvient, et d’autres qui ont gagné plein de Grands Chelems et dont personne se rappelle ».

Sans le savoir, Gustavo Kuerten nous ramenait finalement à une victoire et à un homme qui par la façon dont il avait vécu sa vie de tennisman avait marqué le public à jamais. Cet homme-là, nous sommes allés fêter les 25 ans de sa victoire au tout début du week-end sur une péniche lors d’un événement bien sympa organisé par son sponsor équipement. Et comme c’est étonnant, Apolline, qui est franco-brésilienne, a vu dans le Noah , quarantenaire sublime, la même placidité, la même facilité, le même humour et la même grandeur que chez ce Guga qui nous quittait dimanche après avoir offert un dernier récital de tennis passion au public parisien.

Ces mecs-là sont grands, au-dessus, intouchables parce que justement atteignables. Approchez-les, ils vous souriront avec toute la douceur du monde. Expliquez leur ce que vous attendez d’eux, si vous leur rendez la même passion, ils diront oui, en tout cas vous écouteront. Ces gars-là sont dans un monde d’émotion, de pureté, d’alchimie. Ce n’est pas un monde si lointain pour les Français, il faut juste qu’ils acceptent un peu de se laisser aller, de s’autoriser l’innocence, d’être un peu plus positif, de sourire pour rien, de pleurer sans honte. Apolline reviendra en fin de tournoi sur le vrai problème français. Un truc qui dépasse la question du tennis, qui est une question de culture nationale, d’éducation.

Peu de personnes auront vent de cette scène, mais lors de la conférence de presse suivant sa défaite face à Paul-Henri Mathieu, Guga a parlé une bonne demi-heure et puis tout à coup Larri Passos, son entraineur de toujours, assis au premier rang sur le côté, s’est levé. Il a rejoint Guga sur l’estrade, lui a montré une petite bouteille de plastique dans lequel il avait mis la terre battue du jour, il a expliqué ce que signifiait cette terre dont il a pris un échantillon à chaque victoire de son poulain. Du moins il a essayé d’expliquer parce que les larmes déchiraient chacun de ces mots. Et quand il a fini de dire tout ce que cette terre représentait à ses yeux (embués), Larri s’est effondré dans les bras de Guga, et tous les journalistes présents, gorges serrés, ont applaudi ces deux hommes qui se laissaient abandonnés à leur émotion.

A cette heure, je ne sais pas ce que faisait mon petit journaliste télé car je ne l’ai pas vu dans la salle, mais ça devait sûrement être chiant.

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