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Ce que les lecteurs de GrandChelem doivent apprendre aujourd’hui de Nalbandian et un jour de Mauresmo

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C’est à tourner leur langue sept fois dans la bouche avant de poser leur post. Oui notre confrère Philippe Bouin avait raison dès mercredi : Nalbandian pouvait gagner Madrid en battant Federer et ceci pour des raisons purement tennistiques. Sur ce même canevas, Amélie Mauresmo a des chances intactes de bientôt revenir à son meilleur niveau.

Il y a une règle cachée du blog qui se développe depuis que cette activité s’est transformée en course à l’ego et à l’audience, c’est que quand on n’a rien à dire, on se met à poser des questions à son public rien que pour nourrir le site. C’est de bonne guerre, ça entretient le schmilblick du débat participatif, ça fait croire que le public réagissant dans les 10 minutes, écrivant comme ça vient, auraient raison face un peu de pause, de réflexion, de temps. Parfois oui, mais aussi parfois non. Souvent non en fait.

Dernièrement GrandChelem a posé deux questions fondamentales à ses lecteurs : Où va Amélie Mauresmo ? Nalbandian peut-il battre Federer ? Et comme GrandChelem n’est pas un site comme les autres, il a laissé tout le monde s’exprimer librement, dans les règles de la bienséance et l’absence de propos insultants. Il a laissé tout le monde dérouler son truc avec le peu de modération qui sied à un post de passionné. Il l’a fait sans jamais intervenir, ce qui est sa règle depuis le début du projet.

Si on fait court, on y lit que Nalbandian ne peut pas battre Federer parce que…parce que quoi au fait ? Ah oui des stat de face à face (la plaie des commentateurs), cette histoire de pression où l’Argentin deviendrait son propre ennemi (l’autre plaie des commentateurs), les aces que le Suisse enquille depuis le début de la semaine (la troisième plaie), je passe les plaies et des meilleures. Tout ça est très joli, tout ça induit toujours un peu plus l’influence de la télévision sur le regard du passionné, mais constitue tout sauf des critères tangibles concernant le duel du jour. Tout ça ne pèse pas face à la confiance et le timing du moment sur les différents coups joués de différentes zones, la fatigue engrangée sur la semaine, les filières de jeu de l’un face à l’autre, l’ascendant psychologique sur les matches qui comptent, la capacité à tenir mentalement après la perte du 1er set, les déclarations en conférence de presse, etc , etc, etc…

En cela, et même après un premier set perdu 6-1, David Nalbandian en ce moment, c’est à dire dans la semaine qui va du 15 au 21 octobre 2007, joue mieux au tennis que Roger Federer, il joue mieux au tennis que Novak Djokovic, il joue bien mieux au tennis que Rafael Nadal, et il a l’avantage de jouer mieux qu’eux le jour où il les joue. Pour cette raison, et comme nous l’avons écrit dès la fin du match contre l’Espagnol, quand il joue comme ça, David Nalbandian est le Maître du tennis mondial. Et c’est à cette règle de base du commentaire tennistique que nous invitons nos lecteurs à se référer quand ils sont amenés à se prononcer… pour la semaine du 15 au 21 octobre 2007.

Pour le reste, quand on n’est pas le 15 au 21 octobre 2007, comment faire ? Là, la chose devient plus délicate. Comment dire avant cette semaine et même avant d’être mené 6-4 4-0 à Madrid par Thomas Berdych que David Nalbandian, en dessous de son meilleur depuis le début de l’année, traînant la peine de la perte de son papa, rejouerait au niveau qui a fait de lui il n’y a pas si longtemps un solide numéro 3 mondial ? Impossible de le dire, comme il serait impossible de dire aujourd’hui si Guillermo Coria a tout pour revenir dans les 10 premiers mondiaux ? C’est entendu. Mais quant à dire le contraire, quant à dire qu’il est impossible pour lui de le faire, que Coria est terminé, qu’il est cuit, cramé et que le tennis évolue trop vite, Apolline ne laisserait aucun journaliste de cette rédaction se permettre de l’écrire.

Et puisqu’on voit bien à quoi elle veut arriver, il va sans dire qu’Apolline, autant pas pure solidarité féminine que par connaissance de la « sport expertise » n’a pas du tout apprécié de lire il y a deux semaines le genre de commentaire qu’elle pourrait trouver sur n’importe quel café du commerce virtuel, n’importe quelle talk-sport de RTL ou de RMC, n’importe quel forum de pseudo passionnés du manche, concernant l’impossibilité d’Amélie Mauresmo à connaître un deuxième souffle.

Et c’est fort de la résurrection de David Nalbandian qu’elle assène cette phrase qui vaut pour Amélie et tous les autres : « Les champions sont des champions parce que leur foi est d’abord plus grande que ceux qui disent les soutenir, mais si cette foi du peuple en son champion n’augmente pas en proportion de sa progression au classement, la championne, esseulée dans sa transcendance, n’en restera qu’à une répétition d’exploits ». En des termes plus skoreckiens : « Les champions ne peuvent pas progresser si leurs supporters ne le font pas non plus ». En d’autres termes encore, si les Français et surtout les lecteurs de GrandChelem alors même que leur championne Amélie Mauresmo leur a déjà montré qu’ils se trompaient en devenant une première fois numéro 1 mondiale, n’arrivent toujours pas à se hisser au niveau mental de leur championne, cette fois-ci la championne n’y arrivera pas. Par contre s’ils comprennent que même recalée dans le ventre mou, Amélie Mauresmio sait qu’elle a déjà été numéro 1 mondiale, elle sait donc ce que ça veut dire de l’être ne serait-ce que l’espace d’un tournoi, d’un week-end, d’un match, alors ils pourront la soutenir, l’emmener vers une 2ème carrière plus conséquente et célébrer ses victoires sans avoir besoin de faire une « townsley » (une townsley est la capacité de dire une chose et son contraire en moins de deux post).

Sur ce seul critère-là, Apolline croit qu’Amélie Mauresmo peut évidemment rejouer à un très haut niveau de tennis et apporter encore bien des joies à son public. Ajoutons encore qu’Amélie a tout l’environnement de concurrence franco-française pour repartir à l’attaque avec une Bartoli décomplexée, une Golovin en flèche et mamy Pierce, toujours increvable, qui poussent aux fesses.

Enfin une championne et un champion méritent notre respect. Toujours.

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