Mise à part sa demi‐finale ratée face à Marin Cilic à l’US Open, Roger Federer a réalisé une saison remarquable. Au delà de ses résultats, c’est bien sa forme, son attitude, son jeu, son enthousiasme que je veux ici pointer du doigt. Le tennis sans Federer ne sera pas le même c’est certain, alors si cette année 2014 a été celle d’un certain renouveau, j’espère que celle qui s’annonce confirmera l’embellie avec pourquoi pas un titre suprême en forme d’apothéose.
Souvenez vous de Federer face à Granollers au troisième tour de l’US Open. Après avoir concédé le premier set, Roger a décidé de ne plus rater. Résultat, trois manches d’une rare limpidité, ça faisait bing bang dans tous les sens, le « mec » jouait sur la ligne de fond et envoyait des missiles en coup droit comme en revers avec toujours l’intention de trouver la faille, l’espace, de gagner du temps. Certes, il ne s’agissait que de Granollers, mais la leçon était si éclatante que j’en garde un souvenir incroyable. Et si le Suisse était parvenu à retrouver un tel niveau, c’était aussi le résultat de plusieurs facteurs. Le premier sans casquette, c’était une raquette rallongée, le deuxième qui en porte de temps en temps, c’est un coach, expert de la prise de balle tôt, Stefan Edberg.
Une nouvelle raquette
Et comme ici à Welovetennis.fr beaucoup avaient déjà enterré le plus grand joueur de tous les temps en pointant ses carences physiques, son manque d’efficacité face aux ténors, et ses passages répétées en 2013, je salivais ces moments de pur bonheur. Certes, ils n’avaient pas tort de parler de jeu brouillon, de dérive, et de perte de vitesse lors de cette saison maudite de 2013, mais c’était aussi un peu mal connaître le Suisse. Orgueilleux et travailleur, Roger n’avait en fait jamais cessé de chercher, mais aussi de croire en son étoile.
Il s’est donc astreint une nouvelle rigueur en revenant à ses premiers amours : le jeu vers l’avant, le tout en étant enfin épargné de ses problèmes de dos.
Et malgré un début de saison timorée, par la suite le Suisse n’a donc jamais cessé de se montrer dangereux pour monter en puissance. A Londres, seul un Djokovic en folie et un smash mal appuyé sur le service du serbe dans le 5ème set ont privé Roger de son 18ème titre en Grand Chelem.
Gagner Wimbledon n’aurait pas été un scandale
Efficace au service, en vrai progrès en revers, n’hésitant pas à user et abuser des montées à contre‐temps, utilisant aussi le chip and charge sur retour de service, Roger Federer a confirmé en 2014 qu’il aimait ce sport plus que quiconque. Jamais rassasié, toujours enthousiaste et motivé, il a donc surpris les sceptiques mais confirmé auprès de ses fans qu’il était encore là pour un bout de temps. Certains parlent de Rio, ce serait le moindre mal.
Et si tennistiquement le Suisse a donc encore démontré toutes ses qualités, je me permets aussi de louer son savoir faire médiatique et son art de la communication symbolisé parfaitement par son fameux tweet avec ses chaussures immaculées de terre battue avant la finale de Coupe Davis. Sur ce point, les Bleus ont pris une bonne leçon notamment avec cette blessure au dos dont personne n’a connu la réelle intensité ou le diagnostic précis et qui a mis une pagaille monstre dans les têtes de nos frenchies. Sur son mal d’ailleurs, cela restera un vrai mystère que le roi lui même avait clairement envie d’entretenir même quand celui‐ci ne le faisait plus souffrir : « Non je vous dirai jamais de quoi il s’agissait ». Femer le banc.
Le roi de la com
Enfin, un champion, un vrai, c’est aussi celui qui sait gérer une crise, mieux une urgence. Autant dire qu’avec l’affaire « Mirka », il a été servi. Résultat, il a su faire le dos rond et privilégier l’esprit d’équipe. En même temps, avec son passé en rouge et blanc, le contraire aurait été traduit comme une vraie trahison et Roger connait la valeur économique de son aura helvétique. Pour clore le sujet qui reste presque intarissable, Fed a terminé sa saison sur une balle de match amortie rétro pour remporter sa première Coupe Davis…Quand la grâce rejoint la performance, le Suisse n’est jamais trop loin.
Publié le mardi 30 décembre 2014 à 10:12



