AccueilLe blog de la rédac'COUP DE COEUR - Soleil de Gwada, on se reverra

COUP DE COEUR – Soleil de Gwada, on se reverra

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En cette fin d’année, la tradi­tion­nelle saga des coups de coeur et coups de blues des membres de la rédac­tion va rythmer votre quoti­dien sur WLT. Aujourd’hui, place au second volet de cette série, avec un voyage initia­tique tout à fait personnel !

Evènement mineur du circuit tennis­tique, le modeste Challenger du Gosier en Guadeloupe n’a pas véri­ta­ble­ment de raison sur le plan sportif de figurer dans un Coup de Cœur. Tout du moins de poser en Une du site. Mais puis­qu’il s’agit d’une approche toute person­nelle de la chose, quelque part, je fais un peu ce que je veux. Aussi vais‐je vous conter, avec les yeux du jeune agneau inno­cent que je suis, cette aven­ture trépi­dante dans laquelle j’ai été embarqué. Lumière !

Coup de cœur, ou coup de blues ? Ce texte sur la Guadeloupe, dans son approche, est quelque part un dilemme. Voyage périlleux au cœur des Caraïbes, esca­pade initia­tique encou­ra­geant mon éman­ci­pa­tion person­nelle, cet épisode de ma vie aujourd’hui cher à mon cœur me donne aussi le blues. Et encore plus aujourd’hui quand, repen­sant à la douce traî­trise d’un soleil agressif, j’ob­serve par la froide fenêtre de mon vulgaire TER les fines et glaçantes gout­te­lettes s’abattre sans répit sur la vitre et le sol gris d’un quai sans âme. Oui, j’ai le blues de ce frag­ment de souvenir. Peut‐être aussi parce qu’a­vant qu’il ne vienne de façon indé­lé­bile s’im­primer à jamais dans mon cortex céré­bral, je crai­gnais ce départ vers l’inconnu.

Chers lecteurs, sachez‐le, je ne suis pas un grand voya­geur. Métropolitain et séden­taire convaincu, je me trouve ennuyé à la moindre idée de m’écarter un tant soit peu de l’hexa­gone. Un comble pour un être qui se dit ouvert à toute forme de culture et passionné par la vie des gens, vous en convien­drez ! Mais il est vrai que jusqu’à aujourd’hui, ma chance a toujours été de voir venir à moi ces personnes dont les diffé­rentes facettes et diffé­rences nour­rissent ma curio­sité natu­relle. Bref, passons ces égare­ments et confes­sions bien vani­teuses. Quand s’est présentée à moi l’op­por­tu­nité d’aller couvrir ce Challenger de Guadeloupe, j’ai été tiraillé inté­rieu­re­ment. L’expérience restait formi­dable… mais je ne savais pas ce qui pouvait s’y passer. Comment allais‐je me débrouiller, seul, moi le grand enfant aux prises avec un univers qui ne m’est pas fami­lier, sans mes propres repères que j’ai mis tant de temps à tracer virtuellement.

Je n’aime déjà pas l’avion. Et comme les trains pour Le Gosier étaient en rupture de stock, j’ai dû composer avec cette phobie héritée des fictions aux scéna­rios catas­trophes terri­fiants qui émaillent l’uni­vers audio‐visuel dont je suis un enfant. Passée cette première étape, ça a commencé à se gâter une fois sur place, où personne ne m’at­ten­dait parti­cu­liè­re­ment. Devant embar­quer avec les joueurs avec la navette, pour peu que j’ar­rive après eux et je me retrou­vais planté à l’aé­ro­port comme une âme déjà bien en peine. Décontenancé par ce contre­temps, j’avoue avoir été étreint d’une légère inquié­tude à mon arrivée à l’hôtel. Loin du lieu du tournoi et sans contact parti­cu­lier, j’ai paniqué et appelé à droite, à gauche, tous les contacts pouvant m’aider à planter ces repères qui me manquaient tant. Autant vous dire que la nuit a été courte.

Levé aux aurores, j’ai fina­le­ment, avec un peu de méthode et de patience, su mettre en route la machine qui allait irré­mé­dia­ble­ment me mener vers les sommets d’une expé­rience déjà inou­bliable. Le soleil – ce traître déjà cité – m’at­ten­dait de pied ferme. Mais bien que violent avec mon pauvre épiderme meurtri, il ne réus­sis­sait pas à entamer mon enthou­siasme débor­dant. Sur le tournoi, je me suis pris au jeu, entre photos et inter­views, rédac­tion de billets et suivi du tournoi de Miami. Ma première entrevue, parlons‐en, a été un élément déclen­cheur. Avec le culot du jeune loup que je suis, j’ai su aborder sans trem­bler un Gilles Müller fort avenant. Derrière, il n’a pas été compliqué d’en­chaîner avec ce contin­gent fran­çais venu profiter, par delà des courts en dur du Gosier, de la plage et de ses coco­tiers (pour­quoi se priver ?). Marc Gicquel, Florent Serra, Edouard Roger‐Vasselin et puis, en point d’orgue, cette entrevue fleuve avec Benoît Paire. Pas ce petit merdeux que nous dépeignent les médias où l’image du colé­rique qu’on peut voir sur les courts. Non. Un Benoît Paire posé, tran­quille. Un moment qui ne peut s’ef­facer de ma mémoire tant sa simpli­cité me sidère toujours autant quand je me remé­more cet instant.. Nous deux, assis à cette terrasse, la mer à portée de tongs et cette discus­sion… Enfin, vous savez, comme celle que vous pouvez avoir dans un café ou un bar avec un pote. C’était ça, mon inter­view de Benoît Paire. 

La suite de mon aven­ture n’a que peu d’im­por­tance. Droit dans mes bottes, j’ai pour­suivi sans relâche mon travail jusqu’au bout, rece­vant les féli­ci­ta­tions d’une direc­tion conquise par mes capa­cités d’adap­ta­tion. La récom­pense du boulot bien fait… Mais fina­le­ment si déri­soire face à l’im­men­sité de la tâche accom­plie de déra­ci­ne­ment entre­pris cette semaine là. Gwada mon amour, peu importe la manière, c’est sûr, on se reverra.