AccueilLe blog de la rédac'Désuet, charmant, ou dépassé, il faut choisir !

Désuet, charmant, ou dépassé, il faut choisir !

-

Roland Garros sous le soleil est toujours un petit bonheur, et ce vendredi n’a pas dérogé à la régle. Alors que la cara­vane se met douce­ment en place, les entrai­ne­ments s’en­chainent avec logi­que­ment quelques surprises. Mais pour l’ins­tant le débat est ailleurs…

Le Central est lumi­neux, le public clair­semé, les loges sont acces­sibles. Sur l’ocre, la nouvelle coque­luche trico­lore accu­mule des frappes en retour, un bruit sourd rempli alors le Philippe Chatrier. Son coach, tête haute, statue grecque : Patrick Mouratoglou ne bronche pas. Sa cham­pionne est en forme, ça se voit, ça se sent. Une mine à droite, une mine à gauche, quelques pas d’ajus­te­ments, et une vraie envie de bouffer le feutre : « Mets la moi plus à l’ex­té­rieur pour voir si j’y arrive » explique Aravane à son spar­ring. Il s’exé­cute, elle exécute. A la manière d’un joueur de base‐ball cher­chant le Home run, Aravane ne frotte pas la balle, ni la gifle, elle la détruit. Alors que les puristes y verront un manque criant de sens tactique, les fans eux cher­che­ront juste à savoir si la balle est bonne. Et en ce moment, elle est souvent bonne. Le papa, jadis entraî­neur, semble impas­sible, tran­quille, presque souriant devant le spec­tacle offert par sa fille. La maman, plus à l’écart, dans les tribunes ne bouge un sourcil. Il faut dire que s’en­trainer sur le Chatrier est un petit privi­lège d’au­tant qu’à Roland Garros trouver un court d’en­trai­ne­ment tient quasi­ment du miracle. Au final, le confi­ne­ment de ce stade, sa peti­tesse, donne du charme au lieu, et tout le monde espère vive­ment que le démé­na­ge­ment n’est qu’un moyen de faire pres­sion. A ce sujet, Jo‐Wilfried Tsonga a donné clai­re­ment son avis : « Partir d’ici, non ! Du moins, je ne trouve pas que ce soit une bonne idée. Roland Garros est un lieu incroyable ! Si on démé­nage, il faudra juste trouver un autre nom car ce ne sera plus Roland Garros ! ». Un refrain que l’on risque d’en­tendre pendant quinze jours tant il semble que les joueurs soient unanimes. « L’avenir est ailleurs, on est trop conser­va­teur, Roland Garros est presque ridi­cule si on le compare aux autres Grand Chelem ou même à d’autres tour­nois du circuit. Je dirais même que Roland Garros est dépassé » nous assène un orga­ni­sa­teur de renom. Bref, on sent bien qu’a­vant d’en découdre sur le court, les esprits s’échauffent sur la polé­mique du moment. Pendant ce temps‐là, Andy Murray pénètre sur le Central avec son team. Ils ne sont que quatre, rien que ça !

De votre envoyé spécial à Roland Garros