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D’Ouest en Est, le conseil de classe de l’Oncle Sam (2÷2)

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La première partie de la saison sur dur a pris fin le week‐end dernier, après deux grandes étapes à Indian Wells et Miami. Comme nous l’avions fait pour l’Open d’Australie, la Rédaction a passé au crible les perfor­mances des pension­naires des circuits ATP et WTA, sur le sol de l’Oncle Sam. Après avoir été galant et laissé l’honneur aux dames pour débuter, place à ces messieurs.

Félicitations

Novak Djokovic : Où va s’arrêter Novak Djokovic ? Depuis le début de la saison 2015, le Serbe truste tous les plus grands titres : Open d’Australie et il vient de s’adjuger les deux premiers Masters 1000 du côté d’Indian Wells et Miami, portant son total à 22, à une petite longueur de Roger Federer. L’incontestable numéro un mondial est même rentré dans l’histoire de ce Marchmadness en deve­nant le premier joueur à réaliser un triple double, à savoir trois doublés Indian Wells – Miami. Impressionnant en Californie où il a pris sa revanche sur Roger Federer en finale, alors que le Suisse restait sur une sublime victoire à Dubaï, Nole a soufflé le chaud et le froid en Floride. Mais dans les moments déci­sifs, il a montré que c’était lui le patron. Aujourd’hui, « Djoko » semble inar­rê­table. Et on a hâte de voir ce que ça va donner sur l’ocre.

Andy Murray : Après son très bon Open d’Australie, le Britannique avait légè­re­ment marqué le coup avec notam­ment cette défaite surpre­nante en quarts de finale de Dubaï sur Borna Coric. La tournée améri­caine a confirmé que l’Écossais était de retour au plus haut niveau. Demi‐finaliste en Californie, le futur jeune marié a fait mieux en Floride en se hissant en finale. À chaque fois, son bour­reau se nommait Novak Djokovic. Si sa demi‐finale à Indian Wells avait été complè­te­ment manquée, sa finale de Miami a laissé une toute autre impres­sion. Comme à Melbourne, le natif de Dunblane a tenu la dragée haute au Serbe pendant deux sets, faisait jeu égal, voire mieux. Ses très bonnes perfor­mances permettent au protégé d’Amélie Mauresmo de retrouver une place sur le podium.

Encouragements

Roger Federer : Il n’aura pas manqué grand chose à Roger Federer pour accro­cher un énième Masters 1000. La faute à Novak Djokovic. S’il n’a disputé qu’un seul tournoi au pays de l’Oncle Sam, le Bâlois aura régalé. Le numéro deux mondial s’est même permis d’infliger une correc­tion à Tomas Berdych (6−4 6–0) en quarts de finale d’Indian Wells avant de donner une leçon tactique à Milos Raonic en demi‐finale. Un travail bien fait qui méri­tait bien un petit séjour au ski avec ses enfants pour se ressourcer et atta­quer une très grosse tournée sur terre battue (Monte‐Carlo, Istanbul, Madrid, Rome et Roland‐Garros).

Bernard Tomic : Bernard Tomic serait‐il devenu calme et raison­nable ? En tout cas, depuis le début de la saison 2015, c’est un tout autre joueur. Lui‐même l’avait dit avant de débuter l’année. Résultat, la tournée améri­caine a été inté­res­sante avec en point d’orgue un quart de finale à Indian Wells, qu’il n’a malheu­reu­se­ment pas pu disputer en raison d’une dent de sagesse. En Floride, l’enfant terrible du tennis austra­lien est passé tout proche de s’offrir Tomas Berdych puisqu’il s’est procuré quatre balles de match. Oui, le Bernie nouveau est bien arrivé. Et lui souhaite que ça dure.

John Isner : Il a sauvé l’honneur du tennis améri­cain. À bientôt 30 ans (le 26 avril prochain, ndlr), Isner a été, il faut le dire, excep­tionnel à Miami. Le géant de 2m08 s’est offert Grigor Dimitrov, Milos Raonic puis Kei Nishikori ! Propre non ? La marche Novak Djokovic était trop haute en demi‐finale. Qu’importe, le revoilà dans le top 20 en remon­tant à la 19eme place.

Adrian Mannarino : Les motifs de satis­fac­tion côté trico­lore sont bien minces après cet enchaî­ne­ment US. Néanmoins, un irré­sis­tible gaucher n’en finit plus de nous épater : Adrian Mannarino. Le protégé d’Éric Prodon a atteint les huitièmes de finale d’un Masters 1000 pour la première fois de sa carrière, aussi bien en Californie qu’en Floride. Mieux encore, il s’est offert son premier top 10 en domi­nant Stan Wawrinka à Miami. Des perfor­mances qui viennent confirmer son excellent début d’année 2015. Résultat, il est tout proche du Top 30 (31eme). Manna est devenu le cinquième joueur fran­çais. En atten­dant mieux ?

Avertissement

Rafael Nadal : La tournée Indian Wells – Miami devait nous permettre d’en savoir un peu plus sur l’état de forme de Rafael Nadal. Au final, on n’est pas vrai­ment rassuré pour l’Espagnol… Quarts de fina­liste à Indian Wells (battu par Milos Raonic) puis défait au troi­sième tour de Miami par Fernando Verdasco, ce qui a été surpre­nant c’est que le Majorquin a plus craqué nerveu­se­ment. Un fait rare vous allez me dire. Une sortie de route précoce en Floride qui lui coûte cher avec une finale à défendre : Rafa est éjecté du podium et pointe au cinquième rang mondial. Il est néan­moins trop tôt pour dresser un bilan défi­nitif. Attendons la saison euro­péenne sur terre battue.

Tomas Berdych : Je sais, vous aller dire que l’on est dur. Le Tchèque reçoit un aver­tis­se­ment, non pas pour ses résul­tats, qui sont plutôt bons (quart de finale à Indian Wells puis demi‐finale à Miami), mais plus pour ses perfor­mances contre les membres du Top 10. Le huitième joueur mondial reste sur six défaites pour une seule victoire (Rafael Nadal) contre le Top 10 en 2015. Alors atten­tion quand même Tomas.

Conseil de discipline

Stan Wawrinka, Fabio Fognini, Grigor Dimitrov : Allez, tous les trois au coin ! Et que l’on ne vous y reprenne plus ! Mais où est passé le Stan Wawrinka des deux premiers mois ? Le Vaudois a confirmé qu’il n’était pas très à l’aise lors de l’enchaînement Indian Wells – Miami : deuxième et troi­sième tour. Très large­ment insuf­fi­sant. Que dire de Grigor Dimitrov. Le Bulgare ne répond plus. C’est simple, depuis son huitième de finale à Melbourne, « Baby Fed » n’a gagné que quatre matches en quatre tour­nois, soit ses premières rencontres. Et au pays de l’Oncle Sam, le 11eme mondial a été très déce­vant. Fabio Fognini n’a pas fait mieux. L’Italien a été sorti dès son entrée en lice aussi bien à Indian Wells et Miami. Souhaitons leur de retrouver des couleurs sur terre battue.

En bonus track, sans doute le plus beau point de cette tournée améri­caine : le lob‐tweener gagnant de Juan Monaco !

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.