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Et oui, Jo est encore (et toujours) là !

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Sacré Jo ! On peut dire ce qu’on veut sur son année, bien mauvaise jusqu’à présent, mais, en Grand Chelem, au meilleur des cinq manches, il reste un drôle de monsieur très diffi­cile à manoeu­vrer. Alors, certes, il n’est plus dans le top 8 mais bien à la 17ème place mondiale. Pour autant, il était encore en huitièmes de finale à Melbourne. En huitièmes égale­ment à Roland Garros. Et pour­rait bien parvenir en deuxième semaine à Wimbledon. C’est ce qui s’ap­pelle tenir la baraque, tant bien que mal, oui, mais tenir la baraque au milieu de la tempête.

C’est aussi ce qui nous rappelle que le bonhomme est l’un des meilleurs joueurs du monde sur gazon. Et qu’il possède, quand même, un énorme mental. Déjà, au premier tour, contre Jurgen Melzer, il avait bataillé jusqu’au bout 6–1 3–6 3–6 6–2 6–4, reve­nant le lende­main pour conclure sur son service après avoir été inter­rompu par la nuit. Ce n’était qu’un amuse‐gueule. Car au deuxième tour, face à Sam Querrey, il lui a fallu faire preuve de très belles ressources mentales pour tenir le choc – il faut dire que l’ami Sam est un serveur de première caté­gorie, pas le genre à vous arra­cher un sourire en retour de service. 

Sur l’herbe, avec des schémas beau­coup plus simples, il est à nouveau capable de gagner des matches

Mais à ce jeu‐là, Jo a surren­chéri. 37 aces, 70% de premières balles, 82% de points marqués derrière, près de 60% de points inscrits suite à ses deuxièmes services… Le tout pour un, un tout petit, un seul break concédé. Une pres­ta­tion en progrès par rapport au premier tour. 60 points gagnants, 33 fautes directes : il n’a pas non plus été manchot dans le jeu. C’est certai­ne­ment l’un des points posi­tifs et ce qui lui a permis de breaker avant de conclure 4–6 7–6(2) 6–7(4) 6–3 14–12. Le jeu, c’est souvent ce qui a péché jusqu’à présent, pour lui, en 2014. Sur l’herbe, avec des schémas beau­coup plus simples, il est capable de gagner des matches.

Quant au mental, il est là, à n’en pas douter. Cette victoire lui permet d’af­fi­cher désor­mais un ratio de 11 succès pour six défaites dans ses parties jouées en cinq manches. 65% de réus­site, c’est toujours mieux que Gaël Monfils, 60%, ou Richard Gasquet et son terrible 35%, tous deux vaincus au terme de matches mara­thons, ce jeudi. Alors, oui, cahin‐caha, Jo‐Wilfried Tsonga a toutes les chances de son côté pour jouer, encore une fois, un huitième de finale à Wimbledon. Il faudra battre Jimmy Wang, un gars dont il faut se méfier – personne n’est ici par hasard. Et récu­pérer physi­que­ment, même si Jo n’a joué que huit jeux aujourd’hui – pas de quoi être cramé.

Mais ce mec qu’on dit au fond du trou pour­rait bien se retrouver sur le Central, lundi prochain, face à Novak Djokovic. Rien que pour ça, dans cette année trico­lore mascu­line seule­ment égayée par la Coupe Davis, arbre qui ne suffit plus à masquer la forêt, Jo méri­te­rait un grand « bravo ». Cela n’ef­fa­ce­rait ni les critiques justi­fiées, ni les décep­tions encais­sées. N’empêcherait pas les pessi­mistes d’évo­quer les diffi­cultés du Français à battre Melzer ou Querrey – lors même que ces joueurs ne sont pas des cadeaux sur gazon. Mais lui redon­ne­rait, peut‐être, et nous avec, un nouveau souffle.

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