Alors que le Serbe enquille les titres et les succès comme jadis Napoléon remportait des batailles, voila que le numéro 1 mondial attitre une certaine antipathie auprès des fans. Et pourtant Novak ne ménage pas ses efforts sur et en dehors du court pour augmenter sa cote d’amour. Paradoxalement le phénomène Djokovic ne prend pas, ou si, mais rien à voir avec la folie qui a entouré l’avènement au plus haut de la hiérarchie mondiale de Roger Federer ou de Rafael Nadal. Au final, la question mérite donc d’être posée : Faut‐il se lasser de Djokovic ? Ou au contraire s’en réjouir ? Vaste débat auquel nous allons tenter de répondre.
Le tennis est un sport de scores, de séries, de victoires, et de défaites. Et comme dirait Sam Sumyk, le coach d’Azarenka : « En tennis, il n’y a pas de match nul ». La performance importe certes mais beaucoup moins que le score final et la trace laissée sur les différents palmarès du circuit international. Jouer des finales, c’est bien, les gagner, c’est mieux.
A ce jeu là, Nole est entrain de réaliser une saison exemplaire. Il a gagné tous les tournois auxquels il a participé, sauf un et devrait logiquement en agripper d’autres d’ici décembre. Il est donc inattaquable sur ce sujet. Il remplit son rôle à merveille, gagne en se battant jusqu’au dernier point, ne pouvant s’appuyer sur un talent naturel extravagant comme le soulignait fort justement dernièrement Jo Wilfried Tsonga. Toutes les données sont donc réunies pour que les fans de tennis deviennent rapidement « gaga » de ce Serbe « bondissant ».
A l’issue d’une défaite face à Rafael Nadal, Roger Federer avait eu cette phrase pleine de bon sens : « J’ai enfanté un monstre ». On peut la reprendre à souhait pour évoquer le niveau de tennis pratiqué depuis le début de la saison par le Serbe. A ce niveau, il faut y ajouter une constance d’un autre monde. Huit fois seulement sur ses 54 succès, il a été poussé à jouer une dernière manche. Et il a fallu un Federer, ultra motivé et porté par le public parisien pour sortir un Djoko qui filait droit au titre sur l’ocre parisien. Il faut dire que ce match comptait plus que les autres pour le Suisse qui n’a jamais porté le Serbe dans son cœur. On peut imaginer que ce succès pèsera très lourd à l’heure où l’on fera le bilan global d’une année plutôt stratosphérique pour le nouveau numéro 1 mondial.
Car il n’est pas totalement idiot de penser que sans ce vendredi de feu de Roger, le Serbe serait surement encore invaincu. Même s’il minimise à souhait ses exploits – « Je suis humain » -, Nole surfe sur une vague, ou plutôt sur un tsunami complètement dingue. Enfin sur le court. Car en dehors, même si sa cote de popularité progresse, sa domination commence à faire grincer des dents.
Vos commentaires l’attestent, cela vous « fatigue ». Il est vrai qu’il a un côté trop gentil, trop propre, qui ne plait pas, surtout pas à ceux qui ont toujours supporté le génial hélvétique ou le taureau espagnol. Il n’y a donc pas vraiment encore de troisième voie, et ce même si les coupes s’amoncellent du coté du rocher où le numéro 1 mondial coule des jours paisibles quand il est en vacances.
Pourtant, il faut bien comprendre que si Nole a atteint ce niveau c’est surtout parce qu’il pensait que c’était la seule façon de pouvoir défier Roger et Rafa qui trustaient alors les podiums et ne laissaient que quelques miettes à leurs adversaires.On ne peut donc vraiment se plaindre de ce revirement si l’on aime l’adversité, la pugnacité même si on aurait souhaité qu’il ne se fasse pas à 360 degrés et à une vitesse aussi rapide.
Heureusement ce sport formidable qu’est le tennis renvoie souvent ses élèves à leurs études. Si pour Roger, le temps est compté, on imagine mal Rafa ne pas mettre les bouchées doubles pour se donner les moyens de terrasser enfin le Serbe.
Et c’est juste au moment où cette déferlante va s’arrêter, au détour d’une défaite, voire d’une seconde, qu’il faudra enfin prendre conscience du parcours du nouveau 1 mondial pour pouvoir l’évaluer avec sérénité et lui donner la place qu’il mérite dans l’histoire de ce sport.
Pour Novak, tout dépendra du moment, et du « style » de défaites. On lui conseillerait presque qu’elles arrivent par surprise, sur une période anecdotique face à une adversaire lambda.
En son temps John McEnroe n’avait perdu que trois fois dans la même année. Et si son palmarès est loin des plus grands ténors du circuit, son empreinte est encore vivace dans les esprits des amoureux de la petite balle jaune. Une empreinte liée à son caractère et non à ce chiffre ahurissant de 3 défaites pour 83 victoires en 1984.. C’est peut être ce que doit retenir Novak. Mais pour cela il a plus que le temps. Ne l’oublions pas, le garçon n’a que 24 ans !!!
Note de la rédaction
John McEnroe a un palmarès tout à fait gigantesque sauf si on le compare à Federer, Sampras, Borg, Agassi, Connors, Lendl si on se concentre sur les titres en Grand Chelem, loin de nous l’idée de dévaloriser le parcours de l’Américain qui reste une de nos idoles.
Publié le lundi 15 août 2011 à 20:28



