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Frederic Fontang : « Je veux juste faire valoir mes droit »

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Frédéric Fontang a répondu à nos ques­tions alors qu’il sortait du court où Caroline Garcia venait de remporter son match dans un tournoi ITF 25.000 en Floride. Sa mise au point tranche singu­liè­re­ment avec les propos tenus par Jéremy Chardy quelques heures plus tôt en salle de presse du tournoi de Monte‐Carlo. 

Le portrait brossé par Jérémy Chardy n’est pas vrai­ment à votre avan­tage. Quelle est votre version des faits ?
La vérité est que nous nous sommes séparés à l’Open d’Australie, mais que cela faisait un moment que la situa­tion était déli­cate. La vie de Jérémy Chardy avait changé et je ne pouvais plus jouer le rôle de tampon. Cette sépa­ra­tion était donc devenu inévi­table. Comme j’avais fait beau­coup de sacri­fices depuis le début de notre colla­bo­ra­tion, nous avions convenu que je serai payé au succès. C’est à dire en fonc­tion des revenus que Jérémy Chardy allait obtenir. Arrivé à ces 18 ans, il a donc fallu mettre les choses par écrit, et là on a mis beau­coup de soin à rédiger tout cela. Cela avait été d’au­tant plus facile que son papa est un banquier, qu’il connait donc assez bien ce type de procé­dure. Ce contrat arrivé à son terme, il a fallu le renou­veler puisque la carrière de Jérémy avait évolué. Une nouvelle fois, tout a été fait dans une logique de trans­pa­rence. Je n’ai donc jamais fait de chan­tage à ses parents. J’ai juste mis un peu la pres­sion quand j’ai senti que nous allions conti­nuer à travailler sans un contrat remis à jour. Aujourd’hui, je me bats donc pour faire respecter mes droits, car j’es­time que j’ai tout mis en œuvre pour que Jérémy puisse être entouré d’un staff perfor­mant et que nous puis­sions tous un jour récolter les fruits de ce travail. Et je mets dans la « corbeille » : son kiné, et son prépa­ra­teur mental. Je mène aussi ce combat pour faire aussi respecter les droits des entrai­neurs qui prennent des risques, qui ne comptent pas leur temps, et qui du jour au lende­main n’ont même pas le droit à une certaine forme de recon­nais­sance.

La recon­nais­sance ou de l’argent ?

Je vais être très clair là dessus. Depuis le début, Jérémy Chardy avait une bourse de la fédé­ra­tion. Cette bourse permet­tait de payer des choses mais pas tout. Il avait donc été convenu qu’à un moment en fonc­tion des résul­tats, j’al­lais moi aussi pouvoir vivre mieux de mon travail, ce qui me parait assez logique. C’est dans ce sens que ces contrats ont été rédigés. D’ailleurs quand j’ai montré la méca­nique de ces accords à mon avocat, spécia­liste de la ques­tion tennis, il n’a pas été surpris, ni choqué. C’est pour cela que j’ai choisi un avocat qui connais­sait le milieu (NDLR : L’avocat de Frédéric Fontang est aussi celui de Julien Benneteau et Jo‐Wilfried Tsonga), pour que l’on ne puisse pas me faire un procès d’in­ten­tion sur la clarté de ces contrats.

Est‐il vrai que vous avez cherché d’abord à trouver un accord à l’amiable ?
Bien sur que oui. Mais avec mon avocat on s’est vite aperçu que la partie adverse nous menait en « bateau ».

Vous avez donc décidé d’at­ta­quer en envoyant un huissier ?
Là aussi, on a essayé de rendre les choses plus faciles. Auparavant l’as­si­gna­tion avait été envoyée à son père qui bien sûr ne l’avait pas récep­tionnée. Le dernier recours était donc d’aller sur le tournoi.

Au final, cela s’est terminé sur le court, c’est un peu limite, non ?

Je ne le voulais pas, Jérémy a été prévenu trois heures avant son match mais il a joué au chat et à la souris avec l’huis­sier. On a du se rési­gner à rentrer sur le court.

Maintenant que la « guerre » a éclaté, vous êtes certain d’aller au bout ?
Ma carrière d’en­trai­neur a débuté avec Jérémy Cahrdy, j’ai tout sacrifié pour ce projet. D’ailleurs, tout fonc­tion­nait à merveille. Sa progres­sion a été constante, il y avait une vraie osmose entre lui et son team. Et puis cette « osmose » a été brus­que­ment cassée par un chan­ge­ment dans sa vie. Cela a été plus compliqué puis c’est devenu ingé­rable. Aujourd’hui, cela est digéré, et je me suis remis au travail. En revanche, il y a des choses que je ne peux accepter, que je ne dois pas accepter. Que l’on tente en plus de me faire passer pour le « méchant » de l’his­toire, là aussi ce n’est pas correct.

Que répondez‐vous enfin à Jérémy quand il dit que les sommes que vous lui demandez sont très importantes ?
Je souris presque, car je connais les chiffres. Ceux des revenus de Jérémy Chardy (NDLR : entre 500.000 et 700.000 euros/an) et les pour­cen­tages qui m’ont été octroyés qui sont dans la norme de ce qui se fait natu­rel­le­ment. J’ai aussi en tête les montants des sommes qui m’ont été versées pendant toutes les années où j’étais à ses côtés.

Cet entre­tien a été réalisé au télé­phone mercredi soir.

A propos de l’auteur

Jérémy Alen

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.