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Garcia et la belle erreur de diagnostic

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Ce matin, deux jours après le sacre de l’Argentine, Caroline Garcia, leader du team France, a décidé d’an­noncer à nos confrères de L’Équipe qu’elle allait mettre entre paren­thèses sa carrière en Fed Cup pour se consa­crer à 100% sur ses projets person­nels. Cette déci­sion qui aurait été prise bien avant la finale de la Fed Cup et le retrait d’Amélie Mauresmo a été justi­fiée dans les colonnes du quoti­dien sportif pour dit‐elle se donner réel­le­ment les chances d’at­teindre ses objec­tifs. La Lyonnaise parle notam­ment du Top 10 et surtout de réussir des perfor­mances dans les tour­nois du Grand Chelem.

Il est quand même aber­rant de constater que le tennis est prati­que­ment la seule disci­pline où un joueur peut se permettre de snober une compé­ti­tion où il faut défendre son drapeau national. Cela en dit long sur la nature même de ce « milieu », une fois que les mirages des dollars ont commencé à faire leur travail. Pour le cas Garcia, c’est encore plus nébu­leux tant il est clair que l’épa­nouis­se­ment passait par la case France. Alors oui, elle a donné, et elle donnera encore peut‐être, mais ce départ inat­tendu ne renvoie rien de bon.

D’abord parce que la Fed Cup, ce n’est que trois semaines par an au maximum (NDLR : en cas de quali­fi­ca­tion en finale) et que dans le cas précis de la France, on a une place dans le groupe mondial à défendre. On aurait donc préféré que Caro, un peu à la Federer, s’ex­prime sur son enga­ge­ment et pose l’idée de défendre les Bleues simple­ment au premier tour voire en barrages. La pilule aurait été plus facile à digérer. On s’étonne d’ailleurs que cette option n’ait pas été inscrite dans ce petit plan de commu­ni­ca­tion. Au contraire, on nous propose un arrêt brutal alors même que notre réser­voir bleu blanc rouge est inexis­tant. Quelque part, il ne faut pas se voiler la face, Caroline Garcia met la maison France en péril.

Garcia met la maison France en péril

Mais comme elle a l’in­tel­li­gence de parler d’am­bi­tion, personne n’ira oser réel­le­ment gratter là où ça fait mal. Et pour­tant, si on lit entre les lignes, la déci­sion envoie aussi un message assez clair. Celui d’un sport indi­vi­duel où l’in­térêt personnel primera toujours. Le seul défaut dans cette déci­sion c’est que Caroline Garcia oublie son devoir d’exem­pla­rité et le fait qu’elle est devenue le leader de cette équipe de France. Bien entourée (trop ?), la Française pour­suit sa carrière dans un cocon fami­lial qui a ses qualités et ses défauts. D’ailleurs à chaque fois qu’une aide exté­rieure est venue bous­culer un système bien établi, l’aven­ture s’est terminée de façon assez brutale. On pense à sa colla­bo­ra­tion avec Frédéric Fontang ou encore Nathalie Tauziat. On évitera ici de parler d’un syndrome « Bartoli » même s’il est évident que le modèle de celle qui a gagné Wimbledon doit apporter certaines certi­tudes au clan Garcia.

Le souci Garcia n’est pas d’ordre physique ou tech­nique, il est mental et tactique et jouer la Fed Cup ou pas ne chan­gera rien…

La seule réalité que personne ne peut ce matin contre­dire, ni elle, ni son père, c’est que jamais Caroline Garcia n’avait atteint une telle maîtrise que lors de ce week‐end de finale de Fed Cup notam­ment face à des joueuses de ce niveau là. Impressionnante dans tous les compar­ti­ments du jeu que ce soit tech­nique, physique ou mentale, Caroline Garcia s’est comportée comme une très grande cham­pionne en Alsace accu­mu­lant plus de repères que dans n’im­porte quel tournoi de seconde zone. On le sait, le souci Garcia n’est pas d’ordre physique ou tech­nique, il est mental et tactique, et jouer la Fed Cup ou pas ne chan­gera rien.

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