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J’aime, j’aime pas…

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Pauline Dahlem et RCV vous font vivre Roland Garros de l’in­té­rieur, durant cette quin­zaine… Coups de cœur, coups de gueule, mais surtout coup d’oeil, à retrouver au quoti­dien sur Welovetennis.

J’aime…

John Isner. Et Tommy Haas. Et le court numéro un. Un tennis d’at­taque dans une arène où chaque frappe de balle résonne comme un coup de marteau piqueur. Un tennis de serveurs. Un tennis de volleyeur pour l’un. Un tennis d’es­thète pour l’autre. Un tennis de mental. Un tennis orgas­mique. J’aime les 103 volées effec­tuées par les deux joueurs au cours de la rencontre – dont les trois quarts pour Isner -, soit une tous les quatre échanges. J’aime les 177 points gagnants frappés durant ce match, j’aime les 36 balles de break parta­gées lors même que chacun possède une excel­lente mise en jeu. J’aime le revers de Tommy Haas, une merveille, qu’elle soit frappée à plat, liftée ou slicée : « C’est un bon qu’il a là », commente d’ailleurs Isner à ce dernier sujet. J’aime l’ex­tré­misme de ce même Isner, qui explique : « Il fallait que je sois agressif la plupart du temps. Jouer service‐volée était ce qu’il fallait faire. J’aurais peut‐être d’ailleurs pu terminer davan­tage d’échanges au filet. » J’aime la remontée fantas­tique du vieillard du circuit, mené 4–1 dans l’ul­time manche, qui trouve quand même les ressources de se battre jusqu’au bout. Et de gagner. J’aime la folie qui s’est emparée du court, commentée ensuite par Tommy Haas : « A la dernière balle de match, je ne savais plus combien j’en avais eu. Je savais que j’en avais eu quelques‐unes, mais je ne savais plus combien ; égalité, avan­tage, égalité, avan­tage… J’ai complè­te­ment perdu le fil. » Et j’aime ces balles de matches. Les 13 de l’Allemand, celle de l’Américain. 13 sauvées par l’un et l’autre. Une finale, libé­ra­trice et destruc­trice. « Je me sens horri­ble­ment mal », annonce, défait, Isner en confé­rence de presse. Pendant que, moi, pudi­que­ment, avec un grand respect, je jubile d’avoir vécu ce moment de beauté.

Tommy Haas bat John Isner, au troi­sième tour de Roland Garros, 7–5 7–6(4) 4–6 6–7(10) 10–8, en 4h37

RCV

Je n’aime pas…
L’épaule droite de Grigor Dimitrov. Cette épaule qui lui permet de manier un bras qu’il a d’or. Cette épaule qui montre que ce poten­tiel futur numéro un mondial a encore des progrès à faire sur le plan physique. Il l’a dit : « Ces derniers jours, j’ai senti une certaine raideur. Il fallait juste jouer le match sans y penser. A la fin du match, je ne servais plus à 100 %, c’est sûr. Mais il n’y a rien de sérieux. » Tant mieux pour Wimbledon, croyez‐moi, car ce garçon, sur gazon, peut causer des ravages. Tant pis pour aujourd’hui… Le handicap fut trop impor­tant et la raclée inévi­table : 6–2 6–2 6–3 pour Novak Djokovic, Dimitrov est ramené à terre, que dis‐je, enfoui et, avec lui, cette victoire à Madrid sur le numéro un mondial. Enfin, pas complè­te­ment. Il peut désor­mais se conforter, un peu comme Gilles Simon avec ses deux succès sur Roger Federer : « Le fait d’avoir déjà battu Federer, ça m’aide si je me retrouve en posi­tion favo­rable. Je sais que je l’ai déjà fait, je peux le refaire. » Reste que Nole s’est comporté en patron sur le court. Et que je regrette de n’avoir pas vécu un double vent de folie : le mara­thon de Tommy et Johnny et celui, rêvé, de Dimi’ et Djoki’ – oui, je sais, ça fait noms de bichons, mais je suis fatigué. L’année passée, l’un des moments forts de la quin­zaine, avait été, souvenez‐vous, l’im­mense perfor­mance de PHM… face à Isner – ciel, encore lui. Tandis que, dans le même temps, Gasquet et… Dimitrov – dieux, encore lui ! – se violen­taient à coups de revers à une main, un choc d’une inten­sité telle que crampes et nausées s’étaient invi­tées pour peindre de couleurs encore plus chatoyantes un tableau assez inou­bliable. La collu­sion des deux avait trans­formé une soirée banale en des heures d’ex­cep­tion. Mais une épaule, qui sait, en a peut‐être décidé autre­ment aujourd’hui… 

Novak Djokovic bat Grigor Dimitrov, au troi­sième tour de Roland Garros, 6–2 6–2 6–3, en 1h44

RCV

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