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J’aime, j’aime pas… Sharapova a quand même un mental de dingue !

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L’inévitable « J’aime/J’aime pas » de la Rédaction, pour faire le point, en toute fran­chise, sur ce qu’il s’est passé du côté de Roland Garros. Un article du Blog de la Rédac.

J’aime

La rage de vaincre de Maria Sharapova. Face à Garbine Muguruza hier, la Russe a encore fait étalage de toutes ses qualités mentales. Laminée dans la première manche par une Espagnole la surclas­sant à son propre jeu, Maria n’a d’abord pas cédé à la panique, comme l’au­raient fait beau­coup d’autres joueuses. Gardant son calme, persuadée qu’elle avait encore la possi­bi­lité de gagner, la Russe a enfilé son bleu de chauffe et s’est battue avec ses armes du jour. Petit à petit, point après point, Sharapova a ainsi fait basculer le doute dans la tête de son adver­saire. C’est d’au­tant plus remar­quable que son niveau de jeu n’a jamais atteint des sommets au cours de cette rencontre. Alors comment la Russe a‑t‐elle pu finir le match en trombe, l’emportant même sur un cinglant 6–1 dans l’ul­time set ? Tout simple­ment parce qu’elle a surclassé son adver­saire sur le plan mental. Plus zen sur les points impor­tants, peut‐être encore plus déter­minée que Muguruza sur le court, Sharapova s’est sortie d’une situa­tion ô combien compli­quée unique­ment grâce à son incroyable volonté. « Rien ne me procure autant de joie et d’émo­tion que me battre sur un court » disait‐elle dimanche. Au vu de ce qui s’est passé hier face à Muguruza, on veut bien la croire. Alors qu’elle prenait des points gagnants de tous les côtés et que son tennis n’était pas fran­che­ment en place, Maria a semblé prendre beau­coup de plaisir en instau­rant puis gagnant le combat mental sur le terrain. Comment la Russe fait‐elle pour trouver la force de se battre alors que rien ne se passe comme elle le voudrait sur le terrain ? « Dans des situa­tions où je me dis que rien ne fonc­tionne pour moi, que mon adver­saire joue très bien et ne fait pas une faute, je ne me fixe pas d’ob­jec­tifs énormes, mais de petits objec­tifs. Quand on a cette impres­sion que tout va mal pour nous, il faut essayer de rouvrir la porte et une fois qu’on l’a entrou­verte, c’est beau­coup plus facile. C’est le petit déclic qu’il faut avoir et ensuite, les choses deviennent beau­coup plus simples. » Une leçon que chaque compé­ti­teur, quel que soit son niveau, serait bien inspiré de retenir !

J’aime pas…

L’incapacité de Tomas Berdych à gagner les matchs qui comptent. Il n’y a pas à dire, le Tchèque est un excellent joueur de tennis. Classé à la 6e place mondiale, installé dans le Top 10 depuis des années, doté d’une tech­nique on ne peut plus propre, le garçon mérite vrai­ment le respect. Et pour­tant ! Suite à sa défaite face à Gulbis hier, une impres­sion de déjà‐vu est revenue. Depuis quand Tomas Berdych n’a‐t‐il plus gagné de match qui compte en Grand Chelem ? J’entends de match qui compte vrai­ment ? De mémoire, vous diriez septembre 2012 et une victoire contre Federer en quarts de finale de l’US Open ? Gagné ! Si l’on exagère un peu, on peut même dire que le Tchèque n’a plus rien fait de vrai­ment perfor­mant en Grand Chelem – au regard des ambi­tions qu’il peut légi­ti­me­ment nourrir en tant que Top 5–6 – depuis son formi­dable parcours à Wimbledon en… 2010. Et pour­tant, ce ne sont pas les occa­sions qui ont manqué depuis 4 ans. A plusieurs reprises, Berdych a vu son tableau s’ou­vrir. A chaque fois, il s’est montré parfai­te­ment inca­pable d’en profiter. En Australie cette année, le 6e mondial avait ainsi une occa­sion en or d’at­teindre une nouvelle finale de Grand Chelem. Il affron­tait en demie un Wawrinka essoré par sa victoire mara­thon sur Djokovic l’avant‐veille. Résultat ? Défaite 6–3 6–7 7–6 7–6. En quarts de finale à Roland Garros hier, Berdych défiait Gulbis, inex­pé­ri­menté à ce stade de la compé­ti­tion et nette­ment moins bien classé que lui. Bilan ? Un match raté et une rouste, 6–3 6–2 6–4. Cette inca­pa­cité notable à gagner les matchs qui comptent se constate aussi dans les résul­tats du Tchèque en finale de tournoi : 9 victoires pour 13 défaites. Ainsi, avec 9 titres « seule­ment » depuis le début de sa carrière, Berdych fait moins bien que des joueurs tels Gasquet ou Tsonga, pour­tant bien moins régu­liers que lui au plus haut niveau depuis 5–6 ans.

Alors, à force de passer à côté des grands moments, ceux qui font qu’un joueur marque – plus ou moins – l’his­toire du jeu, Tomas Berdych est peut‐être tout simple­ment en train de gâcher son poten­tiel, que l’on sait pour­tant bel et bien réel…

A propos de l’auteur

Paul‐Hugo Bélanger

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.