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Jaziri, indigne‐toi !

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C’en est trop. Le double forfait de Malek Jaziri à Montpellier a ravivé les mauvais souve­nirs de 2013, et indigné la globa­lité de la Rédaction. Raison offi­cielle de son forfait : une bles­sure au coude. Raison offi­cieuse : deux poten­tiels matches contre des joueurs israé­liens. C’est donc la fédé­ra­tion tuni­sienne qui aurait demandé à Jaziri de se retirer, déci­sion qui commence à devenir une sale habi­tude au pays du jasmin.

Cette fois‐ci, c’est trop. Pour la beauté du sport, et parce que le tennis ne devrait rien à voir avec des quel­conques consi­dé­ra­tions géopo­li­tiques, on se doit de tous taper du poing sur la table. Petit rappel des faits : en 2013, lors d’un banal tournoi à Bakou, Ons Jabeur avait aban­donné alors qu’elle menait 6–3 4–1 en quarts de finale. Un forfait étrange, offi­ciel­le­ment dû à une cheville fragile, mais qui prend tout son sens lors­qu’on s’aper­çoit que la Tunisienne aurait du affronter… Shahar Peer, une Israélienne, au tour suivant. Un mois plus tard, même scénario, mais sur le circuit masculin cette fois. Cependant, les faits sont encore plus graves. Alors qu’il devait affronter Amir Weintraub – origi­naire de l’État hébreu -, Malek Jaziri se voit expli­ci­te­ment inter­dire par la fédé­ra­tion tuni­sienne de disputer son match. C’est le Ministre des Sports du pays du jasmin qui aurait intimé l’ordre de ne pas jouer, pour affi­cher le soutien de sa nation envers la cause pales­ti­nienne. Le joueur s’ex­pose alors à de fortes amendes de la part des instances inter­na­tio­nales, mais il n’a pas le choix : s’il ne suit pas les ordres de ses « supé­rieurs », ces derniers lui coupe­raient surement les vivres. Triste réalité qui s’est répétée hier à Montpellier.

Deux précé­dents aber­rants en 2013

Retour donc aux évène­ments qui se sont déroulés hier. On retrouve un Malek Jaziri en huitièmes de finale à Montpellier, frin­gant, lancé sur la route du succès contre Denis Istomin. Mais, surprise, après un premier set remporté six jeux à trois, le Tunisien arrête tout et se retire. Une bles­sure au coude est offi­ciel­le­ment mise en cause, mais un simple coup d’oeil au tableau final confirme nos doutes : en cas de victoire hier, il allait bien devoir retrouver un Israélien lors de son prochain match ! Voilà qui jette un froid, surtout lorsque l’on observe que la situa­tion est iden­tique en double, où Jaziri était égale­ment en lice. Bien qu’il ait affirmé n’avoir reçu « aucun ordre ou quel­conque pres­sion », le joueur semble faire écho d’une nouvelle déci­sion de sa fédé­ra­tion, dont il est victime. Bien que ces évène­ments soient natu­rel­le­ment choquants et contraires aux valeurs véhi­cu­lées par le sport, ne soyez pas surpris : ce n’est pas la première fois que la géopo­li­tique vient foutre la merde – disons le pure­ment et simple­ment – dans une compé­ti­tion à mille lieues de consi­dé­ra­tions géogra­phiques ou politiques.

Une mauvaise blague qui se répète

Si l’on omet les nombreux boycotts à conno­ta­tion poli­tique qu’offrent tous les deux ans les Jeux Olympiques – d’été et d’hiver compris -, on trouve égale­ment des scan­dales de ce type dans l’his­toire du tennis. Exemple probant lors de la Fed Cup 2008, lors d’une rencontre entre la Russie et Israel, avec une Anna Chakvetadze qui se chauffe avec la foule plutôt hostile du Canada Stadium, situé près de Tel Aviv. Ou encore cette bagarre entre spec­ta­teurs à Melbourne, lors d’un match Djokovic/Delic. Des suppor­ters en fusion sur fond de riva­lité serbo‐bosnienne, des chants natio­na­listes qui résonnent à l’en­trée de la Rod Laver Arena, tout était réuni pour que ça pète… et ce fut malheu­reu­se­ment le cas. Ces quelques exemples, mettant en avant l’in­tru­sion de la géopo­li­tique dans notre sport, font malheu­reu­se­ment écho aux récentes affaires Jaziri. Le problème qui se pose désor­mais est le suivant : va t‑on laisser faire la fédé­ra­tion tuni­sienne encore long­temps ? Il est clair que Malek Jaziri est otage de cette situa­tion, car il ne pour­rait pas s’en sortir tout seul si les offi­ciels de son pays lui tournent le dos. C’est donc aux insti­tu­tions inter­na­tio­nales de faire la lumière sur ces évène­ments, afin de prendre les sanc­tions adéquates envers ces compor­te­ments pure­ment anti‐sportifs.