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Les prémices d’un déclin ?

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Lundi, Roger Federer poin­tera au 3e rang mondial, un clas­se­ment qu’il avait quitté en novembre 2003 pour ne plus sortir depuis du « Top 2 ». Numéro 3 mondial, ça sonne plus Novak Djokovic. La place du Djoker, derrière les deux maîtres, Federer et Nadal. Ou plutôt Nadal et Federer. Et main­te­nant alors ? Federer dans le rôle du joker ? De l’out­sider ? What ?!

Un clas­se­ment, ce n’est qu’un chiffre. Un chiffre sur une personne, un jeu, des coups, un mental, un physique. Et ce chiffre, 3, pour dési­gner Roger Federer ça choque. Pourtant, le clas­se­ment mondial reste tout ce qu’il y a de plus mathé­ma­tique et donc incon­tes­table. Sur l’année écoulée, de juillet 2009 à juillet 2010, Federer ne mérite donc pas mieux que la 3e place mondiale. C’est une dure réalité. Dure mais fina­le­ment logique. Faisons le point. Depuis juillet 2009, Roger Federer c’est un titre à Cincinnatti (Master 1000), une finale à l’US Open, une demi‐finale à la Masters Cup, un titre à l’Open d’Australie, des plan­tages répétés à Indian Wells, Miami, Rome, Estoril, une finale à Madrid, un quart à Roland Garros et un quart à Wimbledon. Rien de si choquant de le retrouver lundi à la 3e place mondiale…

Voilà pour les faits. S’il s’agis­sait désor­mais d’ana­lyser en profon­deur, comment inter­préter cette chute au clas­se­ment, ces échecs répétés depuis la démons­tra­tion de Melbourne ? Tous ces résul­tats déce­vants n’ar­rivent pas par hasard. L’on ne peut s’en cacher, depuis janvier, Roger Federer court après son tennis. C’est un fait, l’homme aux 16 titres du Grand Chelem joue moins bien, son coup droit ne fait plus mouche, sa gestion des moments chauds autre­fois si impres­sion­nante laisse à désirer. Conséquence ? Roger Federer ne fait plus peur. Qui aurait mis une pièce sur une victoire d’Albert Montanes face à Federer au cours de la saison 2010 après l’Open d’Australie ? Ces contres répé­tées ne sont pas le fruit du hasard. Sont‐elles pour autant annon­cia­trices du début de la fin ?

Que l’on regarde Roger avec des yeux de Federien ou pas, il y a des détails qui ne trompent pas. Sur ces 4 derniers mois, le Suisse a gagné 21 matches et s’est incliné à 8 reprises. En tout, il a perdu 9 matches depuis le début de l’année. Et 9, c’est le nombre de défaites qu’il avait concé­dées sur les saisons 2005 et 2006 toute entières. Depuis un an, Federer multi­plie les défaites face à des joueurs qu’il avait toujours battus. Et surtout, le nombre de joueurs l’ayant déjà dominé augmente consi­dé­ra­ble­ment. En 2006 par exemple, Federer avait perdu 5 matches dont 4 contre Nadal et 1 face à Murray. Or sur ces 12 derniers mois, Tsonga, Benneteau, Montanes, Berdych, Soderling, Del Potro, Gulbis, Baghdatis ou encore Davydenko se sont tous offerts une victoire sur Sir Roger. 

Et puis, Federer voit petit à petit ses impres­sion­nantes séries victo­rieuses trouver une fin. Terminée la série de demi‐finales consé­cu­tives en Grand Chelem qui courait depuis 2004. Stoppée nette la série de semaines passées à la première place mondiale, à une seule petite marque de Sampras en plus. Finies les années dorées à Wimbledon avec une place réservée en finale. Roger est en train de perdre le fil et cette nouvelle défaite dans son jardin ne viendra pas rassurer ceux qui doutaient déjà.

Début 2008, alors que le Suisse traver­sait une période déli­cate, beau­coup de spécia­listes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Federer décli­nait, c’en était défi­ni­ti­ve­ment fini de sa période de domi­na­tion. Un an plus tard, le Suisse dépas­sait la mythique marque des 14 titres du Grand Chelem de Sampras et gagnait Roland Garros. Aujourd’hui Federer, presque 29 ans, détient quasi­ment tous les records les plus impres­sion­nants, est père de famille, n’a plus rien à prouver. Il vient de perdre en quarts de finale à Wimbledon, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2002. Il va retomber à la 3e place mondiale, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2003. A cette époque, Roger était en pleine ascen­sion. Presque 7 ans plus tard, la dyna­mique s’est‐elle irré­mé­dia­ble­ment inversée ?

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.