Nous avions titré notre dernier numéro de GrandChelem « Djoko 2.0 », pour signifier que le joueur serbe était passé dans une autre dimension, une nouvelle version. Son début de saison, vierge de défaites, le confirme, Novak a changé. Changé d’état d’esprit, de jeu et de vision concernant la carrière d’un joueur de tennis. Certains diront qu’il a adopté la « Raffatitude » et son fameux « improve », d’autres expliqueront à juste titre que, Coupe Davis en poche, son état d’esprit s’est forcément libéré.
Plus relâché, plus fort physiquement, Novak déroule, et devrait confirmer dans les années à venir un statut de très grand joueur de l’histoire du tennis. Et, ce, lors même que son adversaire malheureux en finale de l’Open d’Australie semble sombrer dans une vraie dépression.
« L’Open d’Australie a été un tournant pour nous les spécialistes de la préparation physique », nous a expliqué dernièrement Jean‐Marc Duboscq, chargé de former les jeunes espoirs du circuit, à la Fédération Française. « Même quand Djokovic est débordé, il parvient aujourd’hui à profiter de cet inconvénient pour le transformer en avantage et, ainsi, contre‐attaquer. Même si la technique joue un rôle fondamental dans cette aptitude, on voit que cela lui est possible parce qu’il a amélioré son ancrage au sol et donc la puissance musculaire de ses membres inférieurs. Djokovic colle au court, c’est une vraie évolution. »
L’intéressé lui, ne rentre pas dans ces détails techniques, mais on sent qu’il sait désormais gérer l’instant et sa pression. « En 2008, après ma victoire en Australie, j’ai déjà été le meilleur joueur du monde pendant quelques mois, je sais donc ce que cela signifie. A l’époque, je n’étais pas assez constant, c’est une certitude. Je n’étais pas un joueur expérimenté. Maintenant tout est différent, physiquement je suis nettement plus fort, je sais mettre plus de vitesse dans mon jeu. Et, surtout, je sais aussi me concentrer plus efficacement quand il le faut vraiment, cela est essentiel. Savoir mesurer la pression sans que cela vous paralyse, c’est vraiment la clé pour parvenir à donner le meilleur de soi même ». Tout est dit. Djoko est devenu adulte et son tennis aussi !
Publié le vendredi 18 mars 2011 à 09:53



