Si je fais ce métier, si j’ai cette passion, c’est aussi parce que j’ai eu un coup de foudre, un coup de foudre pour le plus jeune vainqueur de Wimbledon dont il est utile ici de rappeller les qualités, le talent. Pourquoi maintenant ? Tout simplement parce que je viens de finir sa biographie achetée deux euros chez les compagnons d’Emmaüs.
Quand on est un collectionneur de raquettes, plus précisément, quand on essaye d’acquérir les modèles historiques ayant marqué l’histoire du tennis, on chine souvent dans les centres Emmaüs. Et il arrive que l’on tombe sur des petits trésors, comme la raquette de Yannick, la Prince Pro, ou encore la Pro Borg. A ce jour, la collection se porte bien puisqu’il ne manque finalement que la Dunlop Max 200G.
Cela tombe bien, la Max 200G était l’instrument d’un certain John Mc Enroe, grand ami de Boris Becker. Parlant de Boum Boum, Big Mac s’exprime assez librement dans cette biographie : « Ce qu’il est devenu, cela n’arrive pas à un homme sur un million, mais sur un milliard. Ce serait un honneur pour moi que les historiens me citent en même temps que Boris Becker et que Jimmy Connors, Bjorn Borg, André Agassi, Pete Sampras » excusez du peu. Ce qu’il y a de fascinant chez Boris, c’est ce côté brut de fonderie, ce jeu ultra puissant, véritable point de passage du tennis moderne couplé à un homme ultra sensible comme on le découvre donc à la lecture de Sans Filet (Michel Lafon, Mai 2004). Boris, gauchiste, Boris, provocateur, Boris, flambeur, Boris vainqueur, Boris numéro 1 mondial. BB, c’est une vie de dingue, et de vrais moments de pure folie comme le soir de sa retraite officielle où il trompe sa femme dans un bar. Un geste que l’Allemand assumera complètement puisque aujourd’hui Anna la fille née de cette « escapade » fait vraiment partie de sa famille.
Boris, c’est aussi l’Allemagne qui se pose des questions, à la recherche d’un héros moderne, c’est aussi l’homme traqué via l’arme fatale : le service du fisc. Enfin, Boris Becker c’est une toux, une toux incessante, comme pour cacher ses émotions. Une toux mais aussi une langue qui visiblement sur sa première balle prenait la direction de l’impact. C’est André Agasssi qui lui appris cette nouvelle. « Tu sais Boris, j’avais remarqué que si ta langue était à droite tu servais à droite, donc je te le dis, c’est pour cela que je suis souvent parvenu à lire ta première balle » lui expliquait le « Kid de Las Vegas » alors que Boris avait déjà quitté les courts.
Enfin cette biographie, ou plutôt, ce livre trouvé chez Emmaüs, c’est une deuxième couverture un peu spéciale, une deuxième couverture avec une dédicace offerte au premier lecteur de cet ouvrage : « Je t’aime tant..Edith ».. Edith, je ne te connais pas, mais offrir ce petit moment de bonheur à son homme, c’est déjà un vrai signe de goût, enfin surtout pour ceux qui resteront marqué par Boum Boum, son insolente assurance, sa première balle à genoux, et ce fameux passing de revers croisé du Madison Square Garden face à Mc Enroe, un missile, où le grand John a pris soin.…d’éviter le boulet de canon.
Publié le dimanche 14 décembre 2008 à 11:18