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Monfils on va savoir ?

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Après un début de saison plutôt éton­nant, Gaël Monfils va affronter Richard Gasquet, l’un des joueurs en forme de ce début d’année. Un vrai bon test pour la « Monf » qui a décidé visi­ble­ment de prendre ses respon­sa­bi­lités et de vivre un peu à part sa reconstruction.

Après sa décon­venue face à Gilles Simon, Gaël Monfils devrait donc être gonflé à bloc ce soir pour tenter de faire tomber Richard Gasquet. En effet, le Biterois, avec le forfait de Berdych, est un vrai préten­dant au titre et sa forme du moment plaide en sa faveur. Voila un chal­lenge qu’af­fec­tionne plus parti­cu­liè­re­ment notre Guadeloupéen volant.

Alors, est‐ce que la volonté de la « Monf » sera suffisante ? 

Si l’on regarde les stats, on s’aper­çoit que c’est bien lui qui mène 4 victoires à 3. Mieux, deux victoires à une quand ils se sont affrontés en indoor. Si cela peut nous donner une petite indi­ca­tion, on ne peut en tirer de vraies conclu­sions. Il reste que l’on sent bien que Monfils est remonté à bloc, qu’il a plutôt mal vécu la période où beau­coup de choses se sont dites sur lui et notam­ment certaines contre vérités. Sans parler de trahison, il a été visi­ble­ment meurtri.

C’est peut être pour cela que lors de l’Open d’Australie, Gaël n’a pas « traîné » dans les allées de Melbourne, qu’il ne s’est pas éter­nisé dans le player’s lounge. « Il veut rester dans sa bulle, il faut savoir respecter cela » nous confiait du bout des lèvres en début de semaine Lionel Roux, l’en­trai­neur de l’équipe de France, consta­tant que les choses avaient donc changé par rapport aux saisons précédentes.

Sa bulle, c’est donc son monde à lui, et le monde de la « Monf » peut être complexe. Sa réalité de tous les jours quand à elle, c’est des entraî­ne­ments sans coach où il faut savoir s’or­ga­niser, réserver ses créneaux, trouver un spar­ring partner. Cette expé­rience, le Guadeloupéen l’a rare­ment connu. Confronté à lui même, moins chou­chouté, moins dorloté, la « Monf » apprend donc à s’auto‐discipliner, et le moins que l’on puisse dire c’est que cela n’a jamais été vrai­ment son point fort. 

Vu de loin, on a donc l’im­pres­sion qu’il est entrain de vivre une forme de mue et forcé­ment de grandir. 
De ce fait, un succès face à Richard Gasquet qui est presque le régional de l’étape, lui procu­re­rait une joie inté­rieure plutôt sympathique.

Après, il y a la réalité du terrain, et Richard Gasquet en deux manches sur surface rapide reste un sacré client. Et ce d’au­tant plus que son jeu vers l’avant s’ex­prime encore mieux sous les projec­teurs d’une Arena. Il faudra donc que Gaël reste au contact, et parvienne à servir aussi bien que lors de son duel fantas­tique face à Dolgopolov.

Dernier point, mais il peut avoir son influence, Gaël aime le public, il y trouve de l’énergie. Espérons donc pour lui et aussi pour « nous » qu’il sera présent dans les tribunes car pour l’ins­tant, force est de constater que l’on joue à l’Open Sud dans un silence de cathé­drale désaffectée.

A propos de l’auteur

Jérémy Alen

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.