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Murray numéro un mondial ?

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Andy Murray va‐t‐il devenir numéro un mondial ? C’est la ques­tion que nous nous sommes posées, à la Rédaction. Avec des avis bien partagés… Si Maxime estime inéluc­table la prochaine domi­na­tion de l’Ecossais, RCV, lui, semble beau­coup plus dubi­tatif. Et même affir­matif ! Analyses croisées.

« Andy Murray termi­nera la saison numéro un mondial »

Je pense qu’on peut décem­ment croire qu’Andy Murray termi­nera la saison numéro un mondial. Et c’est quasi‐mathématique. Si l’on se projette vers la fin de l’année, on constate qu’Andy n’a que 3300 points à défendre avec un titre à l’US Open, une demi‐finale au Masters et quatre Masters 1000 à jouer. 3300 sur un total de 7500 points possibles. Aujourd’hui, Andy pointe, certes, à 3000 unités de Djokovic, mais ce dernier possède une quan­tité de points phéno­mé­nale à protéger jusqu’à décembre. Et il ne faut pas se voiler la face, l’Ecossais a clai­re­ment passé un cap. Pour rappel, ses quatre derniers tour­nois du Grand Chelem joués – hors Roland où il a déclaré forfait – se sont soldés par deux finales et deux titres. Ce qui est sûre­ment inti­me­ment lié à sa colla­bo­ra­tion avec Ivan Lendl depuis le début de la saison 2012. « Il a changé ma menta­lité et la façon dont j’aborde les finales en Grand Chelem », a‑t‐il expliqué à l’issue de sa victoire à Wimbledon. De plus, il semble que, depuis quelque temps, le rapport de force se soit équi­libré entre Murray et Djokovic. Depuis 2012, Andy et Novak ont disputé neuf rencontres pour quatre victoires de l’Ecossais, dont deux en finale de Grand Chelem. Vainqueur de son premier titre majeur à l’US Open l’année dernière, Andy me paraît favori à sa propre succes­sion cette année. En étant objectif, Nadal et Federer revêtent désor­mais le statut d’outsider face aux deux premiers du clas­se­ment. D’autant qu’à seule­ment 26 ans, Murray paraît avoir une nette marge de progres­sion : « Je serais surpris s’il ne rempor­tait pas au moins six majeurs », a même annoncé John McEnroe. Je ne doute pas qu’Andy surfera sur cette excel­lente dyna­mique pour dyna­miter le trône de Djoko. D’ici la fin de l’année, l’Ecossais y siègera fière­ment et deviendra le premier Britannique numéro un mondial de l’ère Open. De toute façon, pour Lendl, c’est quasi­ment déjà le cas : « Si quel­qu’un a deux majeurs et une médaille d’or quand tous les autres ont juste un majeur… Chacun se fera son opinion là‐dessus. »

Maxime Autechaud

« Je n’y crois pas. Et je n’en veux pas ! »

Non. Ce Wimbledon ne change rien à la hiérar­chie du circuit, n’en déplaise à Ivan Lendl et ce cher Maxime, souvent prompt à s’emballer. Novak Djokovic est numéro un mondial et ce n’est pas pour rien. D’ailleurs, l’ami serbe n’avait pas l’air plus ému que ça de sa défaite en finale de Wimbledon. Comme s’il s’en conten­tait, comme s’il s’y était résigné : « C’était quand même une finale de Wimbledon, donc je ne peux pas dire que je sois très déçu de mon parcours sur l’en­semble du tournoi. C’était un super tournoi pour moi ! » L’enfant du pays en face de lui, un enfant qu’il connaît parfai­te­ment… L’occasion d’un petit syndrome Wilander, comme me le confiait Laurent, mon direc­teur ? En 1983, Mats avait expliqué – je cari­ca­ture : j’ai aimé perdre cette finale contre Yannick, ça a donné une joie telle­ment immense au peuple fran­çais… D’ailleurs, après cet échec, Wilander avait battu Noah cinq fois en sept rencontres. Dimanche, Djokovic ne pouvait pas gagner contre Murray. Mais demain ? Le Serbe possède encore une certaine avance à la Race, un peu plus de 1000 points, comme au clas­se­ment ATP. Certes, de grosses échéances se profilent, mais Andy a quand même un titre à l’US Open dans le viseur… Ajoutez la perte de ses points acquis aux JO : sa situa­tion n’est pas si formi­dable. D’autant qu’un certain Rafael Nadal, vain­queur à Indian Wells, sera là pour jouer les trouble‐fêtes, voire plus. Et les autres… Enfin, s’il a remporté son deuxième tournoi du Grand Chelem, Andy Murray n’a pas vrai­ment brillé dans le jeu. Terrible face à Fernando Verdasco, peu convain­cant contre Jerzy Janowicz, il a seule­ment bien géré sa finale après avoir profité d’un tableau favo­rable. Ca fait un an et demi qu’il travaille avec Ivan Lendl et, certes, il est parvenu à déblo­quer son comp­teur, mais, dans le jeu, les amélio­ra­tions ne semblent pas si flagrantes. Pour moi, c’est clair, Murray brille aussi parce que le circuit me semble, peut‐être, un peu moins fort qu’il y a quelques temps. Par pour rien, d’ailleurs, qu’Andy n’a jamais réussi à montrer la même constance que ses pairs : chaque année lui réserve son lot de défaites surprises – Chardy, Young, GGL… Cette constance, c’est aussi la clef, ainsi que des velléités offen­sives – au moins en fond de court – plus affir­mées. Andy Murray, numéro un mondial… ou, plutôt, cet Andy de Wimbledon 2013 ? Je n’y crois pas. Et je n’en veux pas !

RCV

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A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.