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Nadal et Federer sur une autre planète

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Avec une finale de ce niveau, Federer et Nadal ont clairement marqué leurs distances. Ces deux champions sont dans une autre dimension technique et mentale. Ce sont des bêtes de compétition, heureusement pour les départager il reste un univers propre à l’image que renvoit le sportif ou alors une finale de 5HOO à Wimbledon !

Lorsque l’on demande à des enfants le nom de leur champion préféré, les réponses fusent, mais seuls deux noms sortent de leur bouche : Nadal ou Federer. Quand on creuse pour connaître avec plus de précision leur choix, on rentre alors dans du concret. « Nadal, je n’aime pas sa façon d’invectiver, de chercher le combat, de s’encourager sans cesse, c’est pas correct, Federer a de la classe, il est calme, posé, il est la perfection » tout le contraire du témoignage classique d’un bambin de 8 ans : « Rafa c’est ma star, il bondit, il court, il gagne, il est fort, et il le montre ».
Faut-il voir dans l’amour Nadalien une volonté de faire perdurer l’enfance, de ne pas accepter le monde adulte, de croire que tout est possible ?
Faut-il voir à l’inverse dans l’amour Federien une idée de perfection sans laquelle rien n’est possible ?
Voila deux visions, voila deux champions, inimitables et intraitables. A côté de ces deux monstres et du match joué hier, la victoire de Djokovic à l’Open d’Australie est anecdotique, celle de Jo en demi-finale face à Rafa également. Oui, le fossé s’est creusé un peu plus. Et Murray, Gasquet, Wawrinka, Monfils à eux quatre ne pourront jamais se construire un palmarès identique à celui d’un des champions nommés ci-dessus, c’est logique, c’est implacable.
Le tennis, sport de duel, accouche donc quoi qu’il arrive, mais de façon cyclique, avec de vraies périodes de vaches maigres, de rivalités tout à fait exceptionnelles. C’est la beauté même de ce sport où comme le rappelait justement Santoro il n’y a pas de matchs nuls. Quand cette rivalité s’accompagne en plus de prouesses techniques, il est alors difficile de rester insensible, de ne pas encourager, pousser son poulain. Quand Rafa exulte, serre le point, son supporter en fait autant. Quand Federer saute mais se contient toujours, son supporter oublie le phénomène d’identification et explose à son tour à la Nadal, allez chercher l’erreur !
Pendant que la pluie tombait, on a eu le droit à un documentaire sur Federer, on le voyait s’énerver, monter au filet, lancer sa raquette, un vrai bad boy. Il est alors naturel aujourd’hui de se dire qu’une petite dose de tout ça le rapprocherait des bambins et peut-être d’un jeu plus naturel, plus conforme à sa vraie personnalité, hélas ou heureusement il s’agit là de pure spéculation !  Et l’on n’a pas de regrets, car au final, il n’y a qu’une vérité, celle de ce dimanche soir, où après 5HOO de match, la défaite enregistrée, Federer a gardé son sourire, sa classe légendaire, son plateau à la main. Cette image est finalement aussi forte que celle de Nadal s’écroulant lors de la balle de match…Ces deux hommes sont décidément des extra terrestres, profitons-en !

 

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