Chaque jour, la Rédaction vous offre son coup de coeur ou son coup de gueule de l’Open d’Australie.
Benoît Paire est un petit ovni dans le paysage tennistique français. Le garçon est indéniablement doué et a ce « petit truc » qui le fait sortir du lot. Dans le jeu déjà, les initiatives, le culot. Mais aussi dans sa personnalité. Le bonhomme est jeune. A 23 ans, il est dans le Top 50, une performance non négligeable. Mais qui dit jeune âge peut aussi vouloir dire insolence. Et à l’instar de Bernard Tomic, sorte de maître en la matière, Benoît Paire a ses casseroles.
Colérique, il l’est et ça ne date pas d’hier. Voilà depuis 2010 où il s’est révélé que l’on connaît son caractère. Du genre à pester avec virulence sur un court, son attitude agace. L’année passée, il s’est embrouillé deux fois avec le même arbitre au prétexte qu’il aurait un « contentieux avec lui ». Il avait même pointé du doigt les instances dirigeantes et presque crié au complot pour ce qui est des désignations des hommes de chaise pour les matchs qui lui seraient volontairement défavorables. Un précédent article sur WLT avait même relaté ces propos de Henri Leconte à son sujet : « J’en ai rencontré des oufs, des vrais oufs, mais alors un joueur comme lui ! C’est un joueur talentueux, avec un sacré coup droit, un service assez particulier, mais alors le problème c’est que le mec il a un moral… il ne faut surtout pas le toucher ou tu risques de prendre un pain dans la tronche ! Il est à fleur de peau ce mec là. Il faut arriver à le canaliser ». En bref, la description idéale du malade mental.
Mais ce qui est le plus incroyable avec Benoît Paire, c’est de comparer ses réactions avant et après un match perdu. Hier, le garçon était tout en décontraction à l’idée d’affronter Federer, jurant ne pas se mettre la pression en essayant de donner son maximum. « Je vais essayer de prendre du plaisir, de jouer libéré ». On a vu ça ! Une attitude à la limite du je m’en foutisme sur le court, renonçant avant même de chercher à se battre, lui valant coup sur coup les critiques d’Amélie Mauresmo et de son adversaire du jour. Et puis pour ne rien arranger, il a réussi à se plaindre du privilège de jouer sur un court central. « C’est une défaite très douloureuse. Je n’ai pris aucun plaisir. Aucun. Moi, je préfère jouer sur le court n°18 et gagner mon premier tour plutôt que prendre 2, 4, 1 sur le Central. » Non mais sérieux bonhomme, tu sais combien de personnes rêveraient de se prendre une tripe roue en 30 minutes contre Federer sur un Central à Melbourne ?
Bref, Benoît Paire m’a une fois de plus agacé aujourd’hui. A sa décharge, on pourra dire qu’il n’a que 23 ans et encore tout le temps de faire sa rédemption. Mais une chose est sûre, le temps presse. D’ici là, souhaitons lui que le monde du tennis ne se lasse pas de son caractère irritant. Vivement que le joueur dépasse l’homme. Vivement.
Publié le mardi 15 janvier 2013 à 17:46



