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Que reste‐il de notre quinzaine ?

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16 jours de matches, 16 jours de sueurs, et 16 jours de tensions, 16 jours de centre de presse. Résumé plutôt partial d’une épopée vécue de l’in­té­rieur pour le pire mais aussi le meilleur.

Nous sommes le jeudi 24 mais, 3 jours avant le début du tournoi. Babolat a convié toute la presse mondiale pour faire la démons­tra­tion gran­deur nature de son inno­va­tion Play and Connect, la raquette connectée. Sur le Lenglen, Kim Clijsters pour­tant forfait pour le tournoi, est présente avec le sourire, Na Li aussi. Une fois que les filles ont terminé, place aux garçons : Rafael Nadal et Jo Wilfried Tsonga. L’Espagnol entre sous les applau­dis­se­ments et s’empresse de taper la bise à Kim, Jo rentre un peu plus tard, et comme un gamin, esquive l’embrassade.

Il arrive en confé­rence de presse le sourire aux lèvres, c’est notre nouveau PHM. Vainqueur d’Isner dans une ambiance de folie, l’Alsacien, après tant de souf­frances, semble avoir changé. Changé d’at­ti­tude, changé de discours. Alors PHM, elle a commencé cette nouvelle vie ? « Je ne crois pas » nous répond‐il tran­quille­ment. Quelques jours plus tard, c’est son agent qui nous balance une info glaciale : « Paul Henri ne veut pas faire l’in­ter­view pour Grand Chelem ». C’est idiot on avait prévu un entre­tien avec son pote Nicolas Mahut. Fermez le ban.

Il est 9h, le dimanche de la première semaine. Je dois aller cher­cher une invi­ta­tion pour une amie. Je suis tout seul dans le stade ou presque. Que vois‐je ? Le team Azarenka au complet. Julien Jean Pierre en tête, suivi d’Amélie Mauresmo, de Vika et de Sam Sumyk, seul à porter le carton de balles. Il me recon­nait, rebrousse chemin, me serre la main. Vika ne comprend pas, elle sourit. Sam est en forme, il a l’air serein. « Tu es bien là toi, tu es chez toi » me lance‐t‐il. Après la défaite de sa joueuse il me confiera : « Je vais aller jouer au foot sur la plage en Bretagne avec mes potes, ça va me relaxer ». Impayable.

Depuis que les marques n’ont plus de stand, il y a celles qui ont déserté les lieux et celles qui nous invitent dans leur maison à quelques mètres du stade. Chez Tecnifibre, c’est option cottage anglais avec Mathlide Johansson sur le divan pour un petit entre­tien. « Attention elle est cash ! » nous confie le staff de la marque fran­çaise. Quelques minutes après, la sémillante Mathilde ne manque pas de me remettre à ma place quand je me trompe lamen­ta­ble­ment sur une statis­tique. Au bout d’une demi‐heure, je sors charmé, avec la vraie info impor­tante : son père est né dans la même bour­gade que l’im­mense Björn Borg.

Julien Benneteau est un joueur atta­chant, et son agent, une vraie profes­sion­nelle. Rendez‐vous est pris au village le jeudi des demi‐finales des dames. Malheureusement c’est le déluge, et les toits des marques parte­naires fuient. Panique, poncho, para­pluie, les petits fours et autres mignar­dises se mettent à flotter. Une éclaircie et voilà Julien Bennetau tran­quille. Les appa­reils crépitent. Au bout de 5 minutes, on revient sur l’épi­sode de Winston Salem (Ndlr, Julien Benneteau avait fait le trajet Winston Salem – New York en voiture alors que l’ouragan Irene semait la panique au Nord‐Est des Etats‐Unis) : « C’est vrai que quand j’ai vu Loic Courteau, qui est claus­tro­phobe, sortir de la voiture alors qu’il y avait une tornade avec des vents à 150 km/h, j’ai pris un fou rire mémo­rable, c’était énorme. »

Quand il pleut, il y a toujours un moment où une person­na­lité du tennis vient trainer dans la tribune de presse pour lâcher quelques infor­ma­tions ou faire taire une rumeur. A ce moment là, il suffit d’écouter et de bran­cher son micro. « Il semble que le système va changer, que les joueurs de haut niveau fran­çais ne rece­vront plus de bourses comme par le passé, cela va leur faire drôle. Je trouve que ce choix n’a pas de sens parce que quand un joueur fran­çais remplit le stade, c’est le tennis qui gagne. On a des diri­geants qui pensent petit, c’est tout, et c’est navrant. »

C’est un jour de finale, et Djokovic n’est pas en grande forme. D’habitude motivé mais contenu, le voila qui pique une colère à la McEnroe. C’est le banc et une célèbre marque de bulles qui en prennent plein la tête. Le public siffle, on ne sait toujours pas pour­quoi. Le lende­main c’est la panique. Le direc­teur de la marque qui veut exploiter cet inci­dent n’a pas le cliché. Et pour cause, notre photo­graphe est la seule à avoir shooté la séquence dans sa tota­lité. Je m’empresse de passer un coup de fil auprès de la marque, histoire de poser une cerise sur le gâteau. Et puis je me rends compte qu’à force de côtoyer les agents durant la quin­zaine, j’en ai oublié ma déon­to­logie. Quelle honte. « Tu bouffes à tous les râte­liers » m’ex­plique un photo­graphe chevronné, sourire en coin. Il faut dire qu’il aurait bien aimé réussir ce petit coup. Un coup que visi­ble­ment la marque ne voulait pas payer au juste prix puis­qu’elle a eu le toupet de tenter d’avoir le cliché gracieu­se­ment. Il est vrai que nos légendes repartent seule­ment avec un plateau d’argent. Qui a dit que l’on ne prête qu’aux riches…

Pour terminer, ce carnet de bord, l’image d’Epinal. C’était la première fois que mon rédac­teur en chef venait dans le sacro saint du tennis trico­lore. Il a donc eu le droit à la visite person­na­lisée par votre servi­teur qui avait déjà posé ses fesses plus de dix fois en tribune de presse porte d’Auteuil. Et nous voila, dans un lieu mythique, celui de la fosse du court 1. Remi ouvre grands les yeux, il est émer­veillé et résume le tout par une seule phrase : « C’est dommage que ni Rafa, ni Roger, ni Novak ne jouent sur ce court car vu d’ici cela devrait être gran­diose ». Un petit ramas­seur de balle venu de Poitiers est calé quelques mètres plus loin sur la pointe des pieds, il écoute notre conver­sa­tion dans son short un peu trop long. Quinze jours plus tard c’est lui qui posera la Coupe Suzanne Lenglen sur le podium, un rêve de gosse en somme.

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