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Richard, la croix, la coke, et la bannière

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Il ne manquait plus que ça. Après le génie génial, le jeune homme surdoué, et les rumeurs exécrables circu­lant autour de lui, voila qu’en ce samedi post‐armistice, l’on apprend que Richard Gasquet a été contrôlé positif à la cocaïne sur le tournoi de Miami. Selon son père : « Il serait tombé des nues ». Vont suivre rapi­de­ment le commu­niqué offi­ciel du Team Lagadère, de la DTN, et des éditos en tout genre.
Vont suivre aussi les quoli­bets offi­ciels pour ceux qui aiment jouer avec les mots : « Va snifer, Richard ! » « Vise les lignes, Richard !  » « Evite le Coke Cola » etc, etc. Vont suivre aussi les tabloïds, les excuses, les confi­dences, les yeux qui pleurent, vont suivre les photos volées et les actions de lobbying pour éviter que la carrière du Français ne reprenne que dans deux ans, autant dire une éter­nité. Vont suivre aussi l’an­nu­la­tion de quelques campagnes du Crocodile Lacoste, ça c’est pour la partie émergée de l’iceberg

Quand à la défla­gra­tion dans les clubs, chez les passionnés, on n’ose pas y penser, mais elle risque d’être énorme. Votre servi­teur pourra très vite l’éva­luer puisque il sera sur les courts ce dimanche pour défendre les couleurs de son club.

Alors que dire ? Que faire ? Se taire ? 

On peut d’abord souli­gner que malgré ses efforts soutenus de commu­ni­ca­tion, le Team Lagardère n’as­sure fina­le­ment pas un « cake », ni sur les courts, ni en dehors. Que cette struc­ture qui se vante de posséder tous les outils tech­no­lo­giques du dernier cri frise le ridi­cule dans cette affaire. Que la « cocaïne » aime le tennis si l’on en juge par les autres cas comme celui très connu de Martina Hingis, Mats Wilander et celui moins offi­ciel d’une cham­pionne belge. 
Enfin concer­nant Richard Gasquet, on peut juste souli­gner qu’il continue à défrayer la chro­nique ou selon d’autres spécia­listes à faire l’ap­pren­tis­sage de la vie, de sa vie. Consommer de la cocaïne est un « choix » tout à fait personnel, d’autres person­na­lités l’ont déjà fait, le seul souci, et il est de taille : Richard Gasquet est un sportif, pas une star de ciné. Richard Gasquet a un devoir d’exemplarité. 
On peut tout pardonner à cet enfant. Ses parents trop présents, ses spon­sors qui le gavent, ses résul­tats en dent de scie. Lui qui ne parve­nait pas à supporter une pres­sion trop impor­tante, à assumer son rôle, va devoir faire preuve d’un mental extra­va­gant pour sortir de cette épreuve. S’il y parvient, il en ressor­tira peut‐être encore plus fort, autre­ment il se peut aussi qu’il lâche défi­ni­ti­ve­ment ce sport nommé tennis, « un sport à la con » comme il l’avait maladroi­te­ment expliqué derniè­re­ment lors d’une inter­view mémo­rable au quoti­dien l’Equipe.

A propos de l’auteur

Laurent Trupiano

Laurent Trupiano est jour­na­liste depuis plus de 25 ans, il a travaillé pour divers médias (Le Parisien, Le Point, Radio France), il a été le co‐fondateur de Sport24.com. En 2007, il a créé le maga­zine We Love Tennis et lancé le site Welovetennis.fr en 2013. Aujourd’hui, il est le direc­teur de la rédac­tion des deux supports.