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Sincèrement.…

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Il y a quelque chose de complè­te­ment indé­cent dans la gestion média­tique de la victoire des Bleus en Guadeloupe face à l’équipe du Canada. Comme si, au final, on n’avait pas compris que la vérité reste celle du terrain. Et sur le court, il faut quand même rappeler aux amné­siques que Pospisil et Dancevic n’avaient jamais gagné un match sur terre battue. Cette frénésie média­tique autour d’un premier tour en « bois » sent donc l’idée forte et presque nauséa­bonde du fameux concept de retour sur inves­tis­se­ment.

« C’est une victoire histo­rique depuis 1973, on avait jamais gagné 3 à zéro sans perdre un set », voila en quelques mots, le résumé du week‐end de Yannick Noah, adulé par les médias, et qui n’a cessé, même juste avant la rencontre sur son face­book personnel de nous servir un discours à la mode Powerade alors qu’il rentrait à vélo à son hôtel. Une vidéo que l’on conseille à tous les experts en commu­ni­ca­tion. Ce mec il faut le rencon­naître à un vrai talent. 

Mon idée ici n’est donc pas de jouer les Cassandre mais juste de remettre les choses dans l’ordre et de replacer la perfor­mance spor­tive à sa juste valeur. Car battre le Canada sur terre battue c’est juste quelque chose de banal voire de normal. Après tout le tinta­marre orga­nisé de main de maître par le nouveau conseiller en commu­ni­ca­tion de la FFT ne doit pas nous faire oublier que le tennis, le vrai, se joue en cinq sets à la sueur comme l’a fait Lukas Rosol lors du dernier match décisif face au talen­tueux Zverev.

Cela tombe bien car on devra aller à Prague en juillet. On aura alors l’oc­ca­sion de tester la magie du grand Yann. Car répéter comme un slogan que cette géné­ra­tion est géné­reuse, qu’elle s’en­tend à merveille, que tout est possible même l’im­pos­sible est une chose, la permettre de se trans­cender face à une vraie adver­sité en est une autre.

Après bien sur qu’au fond de nous, on l’es­père tous que cette géné­ra­tion soit perfor­mante, et c’est bien pour cela que nos confrères ont repris en choeur la chanson proposée par Noah aux médias à l’issue d’un point de presse. Personne ne peut leur en vouloir. Frustré par toutes les polé­miques, tout le monde a décidé de jouer la méthode Coué le temps d’un week‐end Créole à 4,5 millions d’euros. Bref, un happe­ning média­tique et fédéral pour­tant bien loin des préoc­cu­pa­tions des vrais fans qui ne peuvent pas être leurrés par le premier set toni­truant de Vasek Pospisil face à Gilles Simon. 

« Et qu’est‐ce qui ce serait passé si Gilles avait été mené 6–0 , 2–0 » nous explique le Capitaine. Et bien, on lui retourne la ques­tion pour savoir si ce voyage à la Tintin n’au­rait pas du être géré avec un peu plus d’hu­mi­lité, de mots envers l’an­cien staff, et d’ana­lyses tech­niques. Bref parler de tennis et remettre les choses dans leur contexte, plutôt que nous servir de la psycho­logie de comp­toir. Au final, selon moi, et moi seul, la bles­sure de Milos Raonic n’an­nonce rien de bon, car cette aven­ture qui aurait engen­drer quelques gouttes de sueur, n’a fait que renforcer des certi­tudes qui n’en sont pas.

Maintenant les choses devraient enfin réel­le­ment commencer en juillet à Prague. Là, il sera ques­tion de choix, d’am­biance hostile, de s’ar­ra­cher, rien à voir avec ce petit punch de début de soirée. Ce sera d’au­tant plus inté­res­sant que la date située en pleine saison après Wimbledon et avant les Jeux Olympiques de Rio pourra nous révéler avec effi­ca­cité l’envie exacte de ce team France. Car on rappelle, ici, avec un peu de sarcasme que l’an dernier à Londres, le leader du tennis trico­lore est arrivé sans avoir touché une raquette pendant dix jours, et que son compa­gnon de double, demi‐finaliste à Wimbledon ne s’était pas empressé de se porter candidat pour aller dans l’arène.…vous avez dit motivés ?

A propos de l’auteur

Tristan Loiseau

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.