Tous les deux jours durant cet Open d’Australie, retrouvez la chronique de Simon Alves « Slice/Décalé », traitant de façon totalement libre et farfelue d’un événement de son choix. Faits de jeu improbable, résultats « oufissimes » ou déclarations abracadabrantes… On peut rire, mais on ne se moque pas !
Cher lecteur, l’heure est grave. Comme le titre l’évoque très subtilement, je me lance dans un exercice périlleux et purement subjectif. Un de plus me direz‐vous, goguenards, avec la probabilité gargantuesque de me voir m’écraser une fois de plus au sol tant ma haine et ma folie sont grandes. Mais quand cesserez‐vous de me tourmenter ? Et quand cesserai‐je de parler tout seul ? Tant de questions auxquelles seul l’avenir saura répondre, si bien entendu le faquin veut bien se montrer bavard ! Le cuistre ! Toujours à venir derrière le passé et le présent celui‐là, bien fourbe, comme pour délivrer une vérité que lui seul détiendrait et non les deux autres ! Je l’aurai un jour, je l’aurai (c’est la Maaf !). Mais je m’égare cher lecteur, revenons à mon sujet.
Pourquoi me viendrait‐il soudain l’idée absurde de délivrer, sous vos yeux ébahis ou semi‐clos selon le poids du travail qui vous a accablé cette semaine, de dresser le portrait type du tennisman imparfait ? Déjà parce que je suis méchant, mais ça, nous l’avons tous compris. D’ailleurs, je dîne avec Satan ce soir, et c’est Charles Manson qui paye sa tournée ! On est comme ça chez les tarés. Mais aussi – car bien que fou, je n’oublie pas mes manières et le fil rouge de ce texte – parce que L’Equipe au travers de son réseau social favori qu’est Twitter, s’est chargé dans un moment d’égarement de proposer à ses « followers » – c’est comme ça qu’on dit ? – de composer le sportif parfait en combinant différentes parties de corps des plus grands athlètes de tous les temps. Et ça donnait à peu près… ça :
Quelle serait la combinaison ultime des plus grands sportifs de l’histoire en un seul homme ? pic.twitter.com/4sU2EbJN5u
— L’ÉQUIPE EXPLORE (@lequipeEXPLORE) 16 Janvier 2014
L’impression en effet de rencontrer Bono, leader du groupe U2, au sortir d’une rave qui aurait mal tourné et dans laquelle il aurait subi une séance d’UV surpuissante partiellement ratée. Un constat qui a divisé au sein de notre communauté chérie qui s’est empressée de commenter massivement notre billet Ô combien important sur ce tweet. Alors vous allez me dire, et vous aurez peut‐être raison mais en fait non :« Pourquoi Simon vous engouffrez‐vous dans cette brèche pour distiller votre venin si corrosif que nous ne supportons pas ? Pourquoi ne pas simplement faire la même chose en vous basant sur le tennis : composer le plus parfait d’entre eux ! ». Et bien la réponse est d’une simplicité enfantine : Parce‐que.
L’argumentation implacable étant faite, lançons‐nous dans ce périlleux exercice auquel, j’espère, vous allez participer de toute votre âme dans les commentaires. Les résultats pourraient être succulents à décrypter ! Alors je propose que l’on se base sur le même plan en partant du haut vers le bas. Vous êtes d’accord ? Mais oui vous êtes d’accord ! Tout d’abord la question de l’intelligence, donc. Là, il pourrait y avoir matière à débat… Non en fait c’est presque cadeau puisque je serais fortement tenté de placer en tête de liste Bernard Tomic. Du haut de son podium de plomb décerné par notre très compétente rédaction, l’Australien semble sans véritable concurrence. Mes félicitations Bernie, tu le mérites vraiment ! Pour ce qui est du mental, on pourrait essayer de fusionner son cerveau avec celui de Julien Benneteau. Bien que je tienne hautement en estime ce dernier, ses neuf défaites en neuf finales de tournoi depuis le début de sa carrière ne plaident pas en la faveur d’un éloge de son état d’esprit. Evoquons à présent la vision du jeu. C’est vraiment très compliqué de juger. Peut‐être même impossible. Mais comme je suis un peu têtu – hé, j’ai entendu « débile » dans l’assistance ! – je pencherais pour un Ernests Gulbis sous marijuana. Paraît que le Letton adore ça !
La tête, c’est fait, passons maintenant au corps. Enfin non, c’est un peu compliqué de juger comme ça chez un joueur de tennis ce type de données physiques et leur influence. Non, que diriez‐vous plutôt de nous atteler aux coups de ces derniers ? C’est une bonne idée hein ? Hein ? Question coup droit, j’ai un petit faible pour Benoît Paire et ses beaux arrondis bien crispés. Quand il me confiait en mars 2013 qu’il allait travailler sur cet aspect de son jeu, j’étais loin de penser qu’il était en train de se foutre un peu de moi. C’est du propre ! Concernant le revers, je table sur Milos Raonic ? Le Canadien semble tellement flippé à l’idée de se mettre dans cette position qu’il serait capable de chercher à jouer un coup droit même en étant débordé sur le côté revers. Oui, je sais, c’est presque impossible. Mais je vous laisse imaginer la scène et vous marrer. Pas trop quand même, ce n’est pas gentil ! Concernant le service, j’ai décidé de faire une toute petite exception, mais vous allez très rapidement me comprendre, chers lecteurs. Je suis en effet allé chercher chez les filles. Oh que je suis mesquin ! Mais quand vous voyez Sara Errani pousser laborieusement la balle dans le carré adverse pour donner à ses adversaires des chances de l’humilier un peu plus, je suis désolé mais, euh, hein, c’est dur de passer à côté !
Ne reste alors que le bas ! Et là, question jeu de jambes, un grand favori se dégage ! Du haut de ses 2m08, Ivo Karlovic sait très bien se servir de ses jambes quand il s’agit de surplomber le court avec ses services injouables. Pour autant, dès que l’échange s’engage, on se demande presque si le Croate lui‐même ne chercherait à s’en débarrasser tant elles l’empêchent par leur raideur de se mouvoir avec vélocité et assurance. Et pourtant je t’aime bien Ivo, mais il en fallait un, et ça tombe sur toi. De toute façon j’irai en enfer, c’est sûr et certain…
Je vous laisse à présent constituer dans votre esprit l’image même de ce à quoi pourrait bien ressembler cet être improbable et mal classé. Tout en vous demandant cette question fatale à laquelle vous vous attendiez sûrement : mais quel serait le portrait robot de votre tennisman imparfait ? Histoire de me rejoindre vous aussi dans les méandres rougeoyants de l’antre de Belzébuth ! *rire démoniaque*
Publié le vendredi 17 janvier 2014 à 22:54



