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Slicé‐Décalé : Le tennisman imparfait

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Tous les deux jours durant cet Open d’Australie, retrouvez la chronique de Simon Alves « Slice/Décalé », traitant de façon totalement libre et farfelue d’un événement de son choix. Faits de jeu improbable, résultats « oufissimes » ou déclarations abracadabrantes… On peut rire, mais on ne se moque pas !

Cher lecteur, l’heure est grave. Comme le titre l’évoque très subti­le­ment, je me lance dans un exer­cice périlleux et pure­ment subjectif. Un de plus me direz‐vous, gogue­nards, avec la proba­bi­lité gargan­tuesque de me voir m’écraser une fois de plus au sol tant ma haine et ma folie sont grandes. Mais quand cesserez‐vous de me tour­menter ? Et quand cesserai‐je de parler tout seul ? Tant de ques­tions auxquelles seul l’avenir saura répondre, si bien entendu le faquin veut bien se montrer bavard ! Le cuistre ! Toujours à venir derrière le passé et le présent celui‐là, bien fourbe, comme pour déli­vrer une vérité que lui seul détien­drait et non les deux autres ! Je l’aurai un jour, je l’aurai (c’est la Maaf !). Mais je m’égare cher lecteur, reve­nons à mon sujet.

Pourquoi me viendrait‐il soudain l’idée absurde de déli­vrer, sous vos yeux ébahis ou semi‐clos selon le poids du travail qui vous a accablé cette semaine, de dresser le portrait type du tennisman impar­fait ? Déjà parce que je suis méchant, mais ça, nous l’avons tous compris. D’ailleurs, je dîne avec Satan ce soir, et c’est Charles Manson qui paye sa tournée ! On est comme ça chez les tarés. Mais aussi – car bien que fou, je n’ou­blie pas mes manières et le fil rouge de ce texte – parce que L’Equipe au travers de son réseau social favori qu’est Twitter, s’est chargé dans un moment d’éga­re­ment de proposer à ses « follo­wers » – c’est comme ça qu’on dit ? – de composer le sportif parfait en combi­nant diffé­rentes parties de corps des plus grands athlètes de tous les temps. Et ça donnait à peu près… ça :

L’impression en effet de rencon­trer Bono, leader du groupe U2, au sortir d’une rave qui aurait mal tourné et dans laquelle il aurait subi une séance d’UV surpuis­sante partiel­le­ment ratée. Un constat qui a divisé au sein de notre commu­nauté chérie qui s’est empressée de commenter massi­ve­ment notre billet Ô combien impor­tant sur ce tweet. Alors vous allez me dire, et vous aurez peut‐être raison mais en fait non :« Pourquoi Simon vous engouffrez‐vous dans cette brèche pour distiller votre venin si corrosif que nous ne suppor­tons pas ? Pourquoi ne pas simple­ment faire la même chose en vous basant sur le tennis : composer le plus parfait d’entre eux ! ». Et bien la réponse est d’une simpli­cité enfan­tine : Parce‐que.

L’argumentation impla­cable étant faite, lançons‐nous dans ce périlleux exer­cice auquel, j’es­père, vous allez parti­ciper de toute votre âme dans les commen­taires. Les résul­tats pour­raient être succu­lents à décrypter ! Alors je propose que l’on se base sur le même plan en partant du haut vers le bas. Vous êtes d’ac­cord ? Mais oui vous êtes d’ac­cord ! Tout d’abord la ques­tion de l’in­tel­li­gence, donc. Là, il pour­rait y avoir matière à débat… Non en fait c’est presque cadeau puisque je serais forte­ment tenté de placer en tête de liste Bernard Tomic. Du haut de son podium de plomb décerné par notre très compé­tente rédac­tion, l’Australien semble sans véri­table concur­rence. Mes féli­ci­ta­tions Bernie, tu le mérites vrai­ment ! Pour ce qui est du mental, on pour­rait essayer de fusionner son cerveau avec celui de Julien Benneteau. Bien que je tienne haute­ment en estime ce dernier, ses neuf défaites en neuf finales de tournoi depuis le début de sa carrière ne plaident pas en la faveur d’un éloge de son état d’es­prit. Evoquons à présent la vision du jeu. C’est vrai­ment très compliqué de juger. Peut‐être même impos­sible. Mais comme je suis un peu têtu – hé, j’ai entendu « débile » dans l’as­sis­tance ! – je penche­rais pour un Ernests Gulbis sous mari­juana. Paraît que le Letton adore ça !

La tête, c’est fait, passons main­te­nant au corps. Enfin non, c’est un peu compliqué de juger comme ça chez un joueur de tennis ce type de données physiques et leur influence. Non, que diriez‐vous plutôt de nous atteler aux coups de ces derniers ? C’est une bonne idée hein ? Hein ? Question coup droit, j’ai un petit faible pour Benoît Paire et ses beaux arrondis bien crispés. Quand il me confiait en mars 2013 qu’il allait travailler sur cet aspect de son jeu, j’étais loin de penser qu’il était en train de se foutre un peu de moi. C’est du propre ! Concernant le revers, je table sur Milos Raonic ? Le Canadien semble telle­ment flippé à l’idée de se mettre dans cette posi­tion qu’il serait capable de cher­cher à jouer un coup droit même en étant débordé sur le côté revers. Oui, je sais, c’est presque impos­sible. Mais je vous laisse imaginer la scène et vous marrer. Pas trop quand même, ce n’est pas gentil ! Concernant le service, j’ai décidé de faire une toute petite excep­tion, mais vous allez très rapi­de­ment me comprendre, chers lecteurs. Je suis en effet allé cher­cher chez les filles. Oh que je suis mesquin ! Mais quand vous voyez Sara Errani pousser labo­rieu­se­ment la balle dans le carré adverse pour donner à ses adver­saires des chances de l’hu­mi­lier un peu plus, je suis désolé mais, euh, hein, c’est dur de passer à côté !

Ne reste alors que le bas ! Et là, ques­tion jeu de jambes, un grand favori se dégage ! Du haut de ses 2m08, Ivo Karlovic sait très bien se servir de ses jambes quand il s’agit de surplomber le court avec ses services injouables. Pour autant, dès que l’échange s’en­gage, on se demande presque si le Croate lui‐même ne cher­che­rait à s’en débar­rasser tant elles l’empêchent par leur raideur de se mouvoir avec vélo­cité et assu­rance. Et pour­tant je t’aime bien Ivo, mais il en fallait un, et ça tombe sur toi. De toute façon j’irai en enfer, c’est sûr et certain… 

Je vous laisse à présent consti­tuer dans votre esprit l’image même de ce à quoi pour­rait bien ressem­bler cet être impro­bable et mal classé. Tout en vous deman­dant cette ques­tion fatale à laquelle vous vous atten­diez sûre­ment : mais quel serait le portrait robot de votre tennisman impar­fait ? Histoire de me rejoindre vous aussi dans les méandres rougeoyants de l’antre de Belzébuth ! *rire démo­niaque*

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