Soderling, c’est presque Lendl !
Avec son physique ingrat, son jeu basé sur une première balle efficace et puissante et son coup droit dévastateur, Robin Soderling ressemble presque à Ivan Lendl. Très peu apprécié dans le milieu, rarement souriant, Robin est sur un court pour gagner. Le reste, il s’en fout. Décryptage.
A la question posée par un confrère : « Avez‐vous remarqué que vous avez débuté le match devant des tribunes quasiment vides ? ». Robin eut cette réponse rapide et incisive : « Ce n’est pas mon souci vraiment, je ne regarde pas ce genre de choses, mais je crois aussi qu’au 5ème set ils étaient plus nombreux, non ?
Voilà en quelques mots un résumé bref et concis de la communication soderlienne. C’est un peu comme sur le court : bim, bam, boum, et une petite vanne, la tête haute. C’est pas toujours tres esthétique comme du reste son jogging d’après match en salle de presse, mais le moins que l’on puisse dire c’est que c’est efficace.
Un vrai guerrier, mais un guerrier qui ne vous renvoie pas grand chose émotionnellement. Comme à son époque Ivan Lendl, traité un moment de poule mouillée parce qu’il ne parvenait pas à remporter un tournoi du Grand Chelem. Puis vint la fameuse finale de 1984, les deux sets perdus face à McEnroe et sa remontée fantastique. En quelques heures, ce champion qui n’était presque pas humain, rentrait dans le coeur du public parisien.
Avec Soderling, c’est presque pareil. L’an dernier, après un parcours surprise mais remarquable, il débarquait sur le Central un peu apeuré de pouvoir faire bégayer l’histoire. « Cette année, je serai moins nerveux c’est évident ». Pour l’instant le spécialiste retenait son nom comme celui du joueur battu en finale à Roland Garros pour le premier et sûrement dernier titre à Paris du Roi Roger Federer. Mais tout cela peut changer dans moins de 48 heures.
En demi‐finale, face au sémillant Tomas Berdych (NDLR : Pas un soupçon d’émotion en conférence de presse), assommé par la chaleur, le Suédois a tenu son rang, tout en respectant un schéma tactique précis. Si mardi, il est certain qu’il a adoré prendre le scalp du numéro 1 mondial, il aura le même plaisir à enfoncer le clou face à Nadal : « C’est vrai que le fait de l’avoir battu deux fois de suite dernièrement est un point positif, mais je le répète, chaque match est différent, même si je sais que je peux le battre. En fait je sais que je peux battre nimporte qui ».
Et qui pourrait contredire Robin ? Personne. On a en mémoire son premier set face à Andy Murray à Indian Wells où il était injouable. Un peu comme à l’époque le Roi Lendl, qui s’était permis de jouer une demi‐finale face à Kriek en 1986 en bas de survêtement.
Soderling n’osera pas cette pirouette face à Rafa, mais il a d’autres flèches à son arc pour tenter de barrer la route de l’Espagnol. D’abord sa volonté de raccourcir les échanges, d’agresser le Majorquin rapidement. Surtout que ce dernier a été peu attaqué dans cette filière tout au long du tournoi. D’autre part il devrait évoluer avec le soutien d’une partie du public, car à l’inverse de Roger, Rafa n’a pas que des amis dans la capitale française.
Publié le samedi 5 juin 2010 à 01:05



