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Tout à fait perso

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Bon, puisque Patricia se plaint des compte‐rendus asep­tisés, on va tenter de lui expli­quer le « backs­tage » d’un tournoi indoor et elle comme tous les autres passionnés compren­dront très vite ce que repré­sente ce type d’étape dans l’his­toire du tennis. Et dans ces mots n’y voyez aucune critique, c’est une simple réalité, le tennis à ciel ouvert est un autre sport, le tennis sur une surface cohé­rente aussi, le tennis en trois sets enfin c’est le nirvana, après le reste c’est un petit barnum pas dénué de sens mais où il est diffi­cile vrai­ment d’éva­luer la forme d’un joueur, son envie, surtout en fin de saison.

Gilles Moretton n’a qu’une envie, avoir une salle digne de ce nome pour exploser les comp­teurs : « Le tennis moderne est presque né ici en 1991 avec la victoire en Coupe Davis mais aujourd’hui on est dans une autre dimen­sion, et si on veut progresser, offrir un spec­tacle d’une autre enver­gure, il faut aussi pouvoir s’ap­puyer sur un autre outil que ce palais des sports qui a fait son temps » là dessus personne ne pourra contre­dire l’un des amis proches de Noah. Si son archi­tec­ture n’est pas banal, le palais des sports est dépassé, presque désuet. Cette chose étant dite et à moins de se lever très tôt, un tournoi indoor n’a rien à voir avec l’équi­valent à ciel ouvert. On aime­rait bien vous décrire un entrai­ne­ment, évaluer l’état de forme d’un joueur, mais ne dispo­sant que de deux courts, on ne peut pas dire que les joueurs s’af­futent à cette période où une partie des parti­ci­pants n’iront ni à Bercy ni aux Masters. Rien à avoir avec la terrasse de Monte Carlo où les joueurs défilent sur les 6 courts pour des séances de foncier, et des oppo­si­tions musclées. De plus et j’in­sise, le tara­flex ne favo­rise pas un travail tech­nique. Donc sur une semaine à Lyon, nous ne pouvons vous donner nos impres­sions, car rien ne nous permet concrè­te­ment de vous dire si Santoro est en grande forme, si Tsonga est un favori poten­tiel d’au­tant qu’à l’in­verse de Metz, les joueurs sont isolés dans leur player’s lounge trans­formé en bunker. 

Heureusement, le tableau va s’éclaircir, le nombre de joueurs va dimi­nuer, et il sera en effet plus simple de pouvoir assister à des échauf­fe­ments musclés, bien qu’il semble que dans cette période, les cham­pions écono­misent leur orga­nisme tout en évitant de griller leurs chances pour des échéances plus importantes. 

A ce sujet, le courage de Simon, mené et chahuté confirme certaines impres­sions. Et j’en profite  pour préciser que la polé­mique Grosjean‐Simon n’est pas un jeu jour­na­lis­tique, c’est une petite réalité, qui confirme simple­ment que l’on est pas encore habitué à entendre un discours qui sort de l’or­di­naire dans un monde très policé et encore très bour­geois comme celui du tennis.

Et on peut vous en dire quelques mots, nous qui essayons chaque jour de faire bouger les choses à travers ce portail mais aussi un maga­zine gratuit qui malgré nous fait jaser alors que l’on a l’im­pres­sion simple­ment de faire notre métier le mieux possible.

A propos de l’auteur

Laurent Trupiano

Laurent Trupiano est jour­na­liste depuis plus de 25 ans, il a travaillé pour divers médias (Le Parisien, Le Point, Radio France), il a été le co‐fondateur de Sport24.com. En 2007, il a créé le maga­zine We Love Tennis et lancé le site Welovetennis.fr en 2013. Aujourd’hui, il est le direc­teur de la rédac­tion des deux supports.