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Un mariage et trois enterrements !

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A la Rédaction, nous avons aussi répondu à la ques­tion qu’on vous posait hier : Quel vain­queur à Wimbledon ? Vous étiez partagés dans vos réponses du cœur, nous le sommes égale­ment dans les nôtres de raison. Maxime, Pauline, RCV et Simon ne sont pas d’ac­cord sur l’iden­tité finale de l’heu­reux élu du gazon britan­nique. Quatre noms se détachent, forcé­ment, ce qui n’empêche pas une surprise de se hisser en finale. Pour ce qui est de remporter le titre, néan­moins… Novak Djokovic, Andy Murray, Roger Federer et Rafael Nadal semblent être les mieux placés. Il n’y aura qu’un heureux – et trois laissés pour compte. Analyses croisées.

Djokovic, le boss va se faire respecter
C’est qui le patron depuis deux ans ? C’est Novak Djokovic. Le Serbe fait régner sa loi et écrase la concur­rence sans pitié. Sur les dix derniers Grands Chelems, il en a remporté tout simple­ment cinq à lui tout seul. Alors les mauvaises langues diront que Nole, qui avait fait de Roland Garros sa prio­rité, passera complè­te­ment à côté de Wimbledon. Quelle folie… Comme le dit si bien ma grand‐mère, il faut laisser reposer la tarte à la rhubarbe avant de la déguster. Pour Novak, c’est pareil. Roland Garros n’était pas son heure. Il lui fallait attendre avant de pouvoir étan­cher sa soif de titre. L’indigestion de terre battue d’il y a trois semaines, a quitté son esprit… Pour laisser place à un autre type de soif… Une soif de revanche. Une soif de revanche inex­tin­guible. La bête blessée aura à cœur de prouver à tous qu’il n’a pas usurpé son statut de numéro un mondial. Le tout dans le temple du tennis, là où, par le passé, il a vécu des moments bien déli­cats, moments exor­cisés par son succès de l’an 2011. Il n’a peur de personne, a déjà remporté un Grand Chelem cette saison et affiche le visage serein d’un homme sûr de ses forces. Nadal, tête de série numéro cinq ? Pas de soucis. Djokovic‐Nadal en quart. Djokovic‐Federer en demie. Djokovic‐Murray en finale. Un second sacre pour lui dans les jardins de Sa Majesté, au nez et à la (rhu)barbe de ses adversaires…

Maxime Autechaud

L’année Murray

Je ne partage pas du tout l’avis de Maxime. Novak Djokovic avait fait de Roland Garros son objectif de l’année. Il s’était entraîné pour cela, avait annoncé ses ambi­tions et s’était convaincu qu’il réus­si­rait. L’échec subi Porte d’Auteuil n’en est forcé­ment que plus doulou­reux. S’en remettre en l’espace de 15 jours paraît tout simple­ment impos­sible. Le gazon n’est de surcroît pas la surface préférée du Serbe et, dans son état mental actuel, il est très probable que son parcours s’arrête en demies, voire en quarts. Bref, tout le contraire d’un Andy Murray qui aborde indé­nia­ble­ment ce Wimbledon dans les meilleures dispo­si­tions possibles. Vainqueur de l’US Open l’an passé, le Britannique n’a plus à supporter la pres­sion de la recherche d’un premier titre en Grand Chelem. Il est bien plus frais physi­que­ment que ses rivaux. Autre avan­tage : les heures d’entraînement qu’il a accu­mu­lées sur le gazon ces derniers temps, à la diffé­rence des Nadal et Djokovic qui n’auront que quelques heures de pratique dans les pattes. N’oubliez pas non plus que la surface sied parfai­te­ment à son jeu et ses progrès accom­plis au service comme au retour le rendront extrê­me­ment diffi­cile à battre. Passé tout près de la victoire l’an passé face à Roger Federer, Andy Murray est persuadé que son heure est arrivée. Il a mis toutes les chances de son côté, s’est donné les moyens de réussir. Soutenu par tout un peuple, sa dévouée fiancée et ses adorables Milou(s), Andy ne peut que l’emporter. Soyez‐en convaincus !

Pauline Dahlem

Federer, pour le plaisir, juste le plaisir

S’il est un tournoi que Roger Federer pourra toujours gagner, c’est celui‐ci : Wimbledon. Là où son histoire a débuté, le 5 juillet 1998, lorsqu’il écarte en finale de l’épreuve junior le Géorgien Irakli Labadze, en une victoire qui concré­tise un talent bouton­neux dont on s’accorde à recon­naître la réalité, mais dont on met l’efficacité en doute. Là où il connaît sa première grande émotion en Grand Chelem, en 2001, lorsqu’il bat Pete Sampras, tenant du titre et septuple maître des lieux, en huitième de finale. Là où il est devenu le cham­pion qu’on connaît, dès l’année 2003, lorsqu’il y soulève le premier des ses 17 trophées majeurs. Bref, on ne va pas refaire l’histoire : Roger aime l’endroit plus que tout, c’est clair. Le gazon est parfai­te­ment adapté à son jeu. Le dépla­ce­ment est léger et varié, pas de ceux qui font du vert « virgin » une bouillie marron après quelques minutes, un champ de patates piétiné par un puffle, mi‐porc affamé, mi‐buffle en trou­peau. La qualité de son service s’y exprime à plein poten­tiel – Roddick s’en souvient encore, en 2009. Les slices y fonc­tionnent idéa­le­ment – on en connaît beau­coup qui leur cherchent une réponse valable, mais c’est un peu Tintin qui pour­suit le yéti. Et la rapi­dité des échanges lui permet de casser ce rythme qu’apprécient les terriens. A 31 ans, dans une saison qu’il dit de tran­si­tion, où il mène un travail de fond devant lui permettre de tenir jusqu’aux prochains JO, il n’a qu’un objectif concret : ce tournoi. Je l’af­firme, Federer va remporter son huitième Wimbledon, le temple du jeu – pas du sport -, ce jeu qu’il aime plus que n’im­porte qui. 

RCV

Nadal sur sa lancée

Voir Federer gagner cette année ? A Wimbledon ? Pourquoi pas ! Enfin, si l’on est un nostal­gique borné et enivré par l’idée de plus en plus contes­table que le tren­te­naire suisse puisse encore faire trem­bler les cadors du circuit… Non, soyons sérieux une petite minute. Moi, je crois en Nadal. Non, mieux : je suis sûr qu’il soulè­vera le trophée. Pourquoi ? Mais vous l’avez vu depuis son retour ? Pilonnant ses adver­saires dans un flot de coups inin­ter­rompu, fleu­ris­sant à nouveau aux premières lueurs du soleil prin­ta­nier après un rude hiver (et pas que pour lui) ? Cet homme est invin­cible : il est clai­re­ment revenu à son meilleur niveau. Neuf finales en neuf tour­nois joués dont sept titres glanés… Certes, ce n’est plus la terre battue. Il ne s’est pas préparé en s’ali­gnant sur un tournoi sur gazon. Mais en a‑t‐il vrai­ment besoin depuis que cette surface lui est devenue aussi fami­lière que l’ocre ? Rien que son titre à Indian Wells laisse entre­voir une capa­cité d’adap­ta­tion… phéno­mé­nale. Nadal a déjà remporté deux fois le tournoi ! Les faux rebonds, il connaît ; la terre dont l’herbe a été piétinée, il maîtrise ; sur une surface néces­si­tant moins d’ef­forts et moins trau­ma­ti­sante que les revê­te­ments durs, il ne fléchit pas physi­que­ment. Enfin, après avoir souf­fert d’une roso­lite aiguë l’année dernière, il a à cœur de montrer que ce malheu­reux épisode n’était qu’une rhume passager et non un nez coulant chro­nique. Durant cette quin­zaine, Rafa fera la différence.

Simon Alves

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.