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Wimbledon… C’est parti !

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Enfin ! La petite balle jaune est de retour dans le temple du tennis, le All England Lawn Tennis and Croquet Club. C’est chaque année le même rituel, depuis 1877… à quelques petites choses près, bien entendu. Ces Dames et ces Messieurs se retrouvent au SW19, le District de Wimbledon, au sud‐ouest de Londres. A la Rédac’, c’est avec un plaisir non dissi­mulé qu’on remet le nez dans ce gazon originel, certes modifié – c’est malheu­reux -, mais avec ses vraies parti­cu­la­rités, un rebond, une dégra­da­tion, une couleur…

Le blanc qui marque les virides splen­deurs d’un lieu chargé d’his­toire. Un céré­mo­nial qui fait de cette pépite unique un moment hors du temps. Wimbledon, c’est une atmo­sphère géné­rale. Le soleil, la pluie et leur jeu qui donne à cet écrin des reflets arc‐en‐ciel. Le public qui se masse au Murray Mount. Ses fraises à la crème. Et le premier lundi, à 13 heures sonnantes, l’en­trée en lice du tenant du titre. 

Novak Djokovic foulera l’herbe sacrée dans quelques heures. La défense de son trophée passera par une première étape. Son dernier match à Londres le voyait battre un Espagnol ; son premier en 2012 lui impose le même défi. Face à Juan Carlos Ferrero, double quart de fina­liste dans ce tournoi en 2007 et 2009, il devra être au top dès le premier coup de raquette. Comme l’année dernière, Novak n’a pas joué sur gazon avant cette troi­sième levée du Grand Chelem – excep­tion faite d’une appa­ri­tion au Boodles, exhi­bi­tion de pré‐tournoi. Ca lui avait porté chance il y a un an, qu’en sera‐t‐il cette saison ? Nul ne le sait.

Après cette toute première rencontre, Maria Sharapova, la Divine, prendra le relais sur le Court Central. Anastasia Rodionova lui fera face… On voit mal Maria trem­bler dans son costume de numéro un mondiale. La Russe revient sur la terre de ses premiers exploits, celle qui l’avait vue s’im­poser à seule­ment 17 ans face à Serena Williams, en 2004. Vainqueur à Roland Garros, elle se pose plus que jamais en favo­rite – plus que ces trois dernières années. 

Dans le clan fran­çais, il faudra avoir les yeux partout pour suivre les 12 engagés du jour. Nicolas Mahut, Michael Llodra et Richard Gasquet, notam­ment, retrouvent avec le plus grand plaisir une surface qui leur sied à merveille. Paul‐Henri Mathieu et Gilles Simon vont se livrer un duel qui nous désole d’avance… non par la qualité de jeu, mais par le sort de l’un des deux, qui, forcé­ment, sortira du tableau. Jérémy Chardy et sa puis­sance, Guillaume Rufin et sa jeunesse, Julien Benneteau et ses ambi­tions, Pauline Parmentier et ses rêves, Virginie Razzano et sa hargne, Mathilde Johansson et sa grâce, Stéphanie Foretz‐Gacon et sa volonté… De belles émotions nous attendent dès le coup d’envoi de ce Monday Start.

Difficile d’éta­blir un quel­conque pronostic du sort de cette quin­zaine. Beaucoup se joue, comme d’ha­bi­tude, et l’his­toire se noue. Pour Djokovic, pour Nadal, pour Federer, pour Murray, pour Sharapova, pour Kim Clijsters, pour les sœurs Williams. Et tous les autres. Mais à Wimbledon, la surprise n’est jamais loin et les lignes sont souvent pertur­bées. Tomas Berdych en 2010, Mark Philipoussis en 2003, David Nalbandian en 2002, Goran Ivanisevic en 2001… L’année dernière, encore, Jo‐Wilfried Tsonga était revenu de deux manches à zéro pour coiffer, au poteau, Roger Federer, multiples maîtres des lieux. 

Néanmoins, à 13 heures, aujourd’hui, les possi­bi­lités, les enjeux et les choix se tairont. Car il en est ainsi, au All England Club : ce qui frappe tous ses obser­va­teurs, c’est une qualité de silence, qui donne réso­nance et profon­deur. Rafael Nadal le dit. « Le silence, c’est ce qui frappe quand on joue sur le Court Central de Wimbledon. On fait rebondir la balle de haut en bas sur le gazon souple, on la lance pour servir, on la frappe et on entend l’écho de la frappe. Et ainsi de chacune des frappes qui va suivre. » En somme, « une cathé­drale de silence ». Chut, ça commence…

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A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.