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Federer‐Djokovic, deux ans après

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Roger Federer et Novak Djokovic se retrouvent pour la première fois en finale d’un Masters 1000 pour la première fois depuis plus de deux ans. Ils ont respec­ti­ve­ment dominé Andy Murray et Rafael Nadal, deux joueurs qui leur avaient fait mal ces derniers mois.

Ce sont des douces revanches, bien­ve­nues à quelques jours de l’US Open. Cela faisait un an que Roger Federer buttait sur Andy Murray et que Novak Djokovic subis­sait la loi de Rafael Nadal. Les demi‐finales du Masters 1000 de Cincinnati ont montré qu’Andy Murray n’était pas au‐dessus du lot sur dur, même s’il devait être un peu émoussé après sa victoire à Montréal. Et Rafael Nadal a prouvé ses limites au niveau de son tennis lors de son deuxième tournoi de reprise, rappe­lant que Paul‐Henri Mathieu et Tomas Berdych n’ont pas le niveau et le charisme d’un Juan Martin Del Potro et d’un Novak Djokovic.

Depuis la finale du dernier US Open, Roger Federer n’avait plus battu Andy Murray. L’Écossais restait sur quatre succès de rang face au numéro 1 mondial. Le Suisse a rectifié le tir, s’im­po­sant 6–2, 7–6(8). Il ne s’agit que de la deuxième victoire du Suisse face à un membre du Big Four cette année. « Ces derniers temps, c’est vrai que j’avais une tendance à ne pas arriver à battre des joueurs comme Andy mais je me suis prouvé que je pouvais le faire », racon­tait Federer. Sa victoire à Madrid sur Rafael Nadal demeure assez simi­laire à celle sur Murray, contre un joueur un peu court physi­que­ment, mais une tactique offen­sive bien en place. « Je suis resté agressif. J’ai toujours attendu pour faire le jeu, et je pense qu’à la fin j’ai mérité cette victoire parce que je ne crai­gnais pas de suivre mes coups. J’ai bien servi. Ce fut une très bonne performance. »

Ravi de son tennis et de son atti­tude, l’Helvète souhaite extra­poler le jeu qu’il a déve­loppé cette nuit pour atteindre d’autres sommets.
« Murray est un joueur merveilleux, il a eu une série incroyable sur dur »
, rappe­lait Federer. Murray restait sur quatorze victoires consé­cu­tives sur court en dur. « Il a été très constant et c’est une grande perfor­mance de pouvoir le battre. C’est ce que j’ai été capable de faire. Ça aurait pu être diffé­rent mais cela va booster ma confiance. Je dois rester concentré sur la finale. Le tournoi n’est pas encore gagné, même si j’ai battu le deuxième meilleur joueur du monde. »

Justement, le numéro 2 mondial n’était pas trop affecté par cette défaite, et jugeait sa prépa­ra­tion pour l’US Open, victoire à Montréal, demi‐finale à Cincinnati, idéale.
« C’est bon pour mon physique d’avoir l’ha­bi­tude de jouer dans ces condi­tions. N’importe qui vous dira que jouer et réussir dans deux tour­nois consé­cu­tifs sous cette chaleur est très diffi­cile. J’ai vécu deux très bonnes semaines. C’est la prépa­ra­tion idéale pour l’US Open. J’irai aujourd’hui ou demain pour me reposer quelques jours avant de m’en­traîner dur pour être fin prêt. »

Grand homme des Masters 1000 nord‐Américains, Murray a vu son compère avec qui il avait partagé cette hégé­monie sur dur en début d’année, Rafael Nadal, sortir aussi du tournoi. En effet, l’Espagnol a été battu sans ména­ge­ment par Novak Djokovic, 6–1, 6–4. Un match à l’image de la demi‐finale de Cincinnati de l’année dernière, où, Nadal, tout frais numéro 1 mondial, n’avait pas vrai­ment existé, hormis un sursaut dans la deuxième manche. « Je suis ravi de la façon dont j’ai joué. C’est un de mes meilleurs matchs de la saison. Ça vient au meilleur moment, juste avant l’US Open », savou­rait le Serbe. « J’ai essayé de prendre tout de suite le contrôle du match, d’être agressif et prendre ma chance dès que je le pouvais. Et c’est ce que j’ai fait. Mon service m’a aidé quand il le fallait. J’étais conscient que je devais monter mon niveau de jeu ce soir pour battre Rafa. Et c’est ce dont j’aurai besoin pour la finale. »

Avec son service, le numéro 4 mondial a mis le Majorquin sous l’étei­gnoir, sauvant la seule balle de break que s’est procurée Nadal, et glanant 75% des points sur sa première balle. Un coup qui devra égale­ment être au point contre le numéro 1 mondial en finale. « Rafa court plus que les autres et vous force à faire plus de choses. Avec Roger, les points seront plus courts. S’il joue comme il l’a fait ces derniers mois, ça sera vrai­ment diffi­cile. Il mettra beau­coup de pres­sion sur mon service et viendra au filet. Vu son niveau de jeu hier, nous pour­rions vivre un match intéressant. »

Quant à Rafa, il n’était tout simple­ment pas encore prêt à jouer à ce niveau. « Il a très bien joué, avec beau­coup d’in­ten­sité tout au long du match. Dans les dernier jeux, il a un peu faibli. » Malgré une fin de match étri­quée, Djokovic fut plus constant et plus offensif. La prime à l’au­dace a payé. Federer et Djokovic attendent leur première victoire en Masters 1000 sur dur depuis un moment, Cincinnati 2007 pour Federer et Indian Wells 2008 pour Djokovic. Un succès qui sera idéal pour la confiance, mais égale­ment pour l’hon­neur de ces deux champions.