A une petite dizaine de jours de l’US Open, les quatre meilleurs joueurs du monde sont en demi‐finale du Masters 1000 de Cincinnati. Même à court de compétition ou avec un tennis pas toujours au point, l’hégémonie du Big Four continue de régner sur l’ATP.
Faire partie des meilleurs joueurs du monde, c’est aussi gagner quand le tennis n’est pas forcément au rendez‐vous. Roger Federer, Andy Murray, Rafael Nadal et Novak Djokovic n’ont pas brillé en quart de finale du Masters 1000 de Cincinnati, mais ont assuré l’essentiel. Mais certains ont cravaché plus que d’autres.
Malgré son improbable défaite contre Jo‐Wilfried Tsonga la semaine dernière à Montréal, il menait 5–1 dans la dernière manche avant de perdre 7–6 sur une double faute, Roger Federer ne semble pas atteint pas cette mésaventure. Dans un match totalement maîtrisé, le Suisse a battu l’une de ses victimes préférées pour atteindre les demi‐finales du Masters 1000 de Cincinnati, Lleyton Hewitt, 6–3, 6–4. Il aura suffi d’un break dans chaque manche au numéro 1 mondial pour s’assurer de sa présence dans le dernier carré dans l’Ohio. Excellent au service, malgré 53% de premières balles, avec onze aces, 89% de réussite sur la première, et 67% derrière la deuxième, le Bâlois n’a dû sauver aucune balle de break. Il aura besoin de cette arme redoutable face à l’un de ses meilleurs ennemis du circuit ATP.
En effet, Roger Federer et Andy Murray vont croiser le fer pour la neuvième fois de leur carrière. L’Écossais, qui mène 6–2 dans son tête‐à‐tête avec le Suisse, s’est sorti à l’expérience et au physique de son match contre Julien Benneteau. Mené 6–4, 2–0, le numéro 2 mondial a gagné le point du tournoi, qui a compté 58 coups de raquette. Le smash du Français a terminé sa course dans le couloir offrant le débreak à Murray, qui par la suite n’a plus perdu que deux jeux. Vainqueur 4–6, 6–3, 6–1, le finaliste du dernier US Open continue de passer les tours en Amérique du Nord, après son succès au Masters 1000 de Montréal. Tenant du titre, il retrouve Federer pour la première fois depuis Indian Wells, où le Suisse avait explosé lors de la dernière manche. Depuis Federer est redevenu numéro 1 mondial, il a gagné Roland Garros et Wimbledon. Cette confrontation, en prélude de l’US Open, sera‐t‐elle signifiante ? Car, mis à part en finale, Murray n’a jamais perdu contre le maître helvète. Mais on sait également que le Federer des Masters 1000 devient un monstre en Grand Chelem. Une première cette nuit ne serait cependant pas déplaire au Bâlois.
Sur une pente glissante depuis sa défaite en demi‐finale du Masters 1000 de Madrid contre Rafael Nadal après avoir eu trois balles de match, Novak Djokovic retrouve le dernier carré d’un grand tournoi depuis le mois de mai. Pour cela, il est parvenu à dompter ses nerfs et Gilles Simon 6–4, 7–5. Malgré un premier set sans histoires, le Français avait subitement perdu les pédales à 5–4, offrant le set à son adversaire. Malgré un break qui l’a vu mener 3–2, Simon s’est fait immédiatement reprendre par le Serbe. Visiblement gêné au genou droit à partir de ce moment‐là, le numéro 9 mondial a ensuite plus compté sur son bras que son tennis habituel. Malgré quelques fulgurances, le numéro 2 tricolore n’a pu emmener plus loin Djokovic, très soulagé de s’en être sorti en deux manches.
En demi‐finale, le numéro 4 mondial retrouvera justement son bourreau de Madrid. Sans faire de bruit, Rafael Nadal est donc qualifié pour le dernier carré du tournoi de l’Ohio. L’Espagnol a battu son grand ami Tomas Berdych, 6–4, 7–5. Le Majorquin, très solide au service, n’a jamais été inquiété, et jamais il n’a dû faire face à aucune balle de break. Une soirée tranquille pour le numéro 3 mondial, qui n’est jamais plus à l’aise que quand il avance caché. Ses retrouvailles avec un membre du Big Four seront une perspective intéressante avec l’US Open, même si le Djokovic actuel est loin de la forme affichée au printemps, tout comme Nadal d’ailleurs.
Le Masters 1000 de Cincinnati se résumera donc à une explication de texte entre les quatre premiers mondiaux. Les demi‐finales verront d’un côté, un Federer‐Murray, concernant deux joueurs en pleine confiance, qui sont les grands favoris pour l’US Open. De l’autre côté, un Djokovic‐Nadal, match entre convalescents qui n’ont pas encore retrouvé la plénitude de leur tennis, et de leur moral pour le Serbe, et de leur physique pour l’Espagnol. Mais arrivé à ce stade là de la compétition, l’instinct revient et les crocs des tueurs en série de l’ATP seront sortis. Reste à savoir qui les plantera à Cincinnati.
Publié le samedi 22 août 2009 à 10:25



