AccueilM1000 – ShanghaïDjokovic tombe Simon en 12 rounds et deux arrêts de l’arbitre

Djokovic tombe Simon en 12 rounds et deux arrêts de l’arbitre

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Gilles Simon le trou­ble­shutter, c’est le petit pseu­do­nyme que traî­nait le numéro 2 fran­çais en débar­quant sur le terrain pour affronter Novak Djokovic et en demi‐finale des Masters, s’il vous plait. 

Et des ennuis, Simon en causait immé­dia­te­ment au Serbe : défense imper­méable, faux rythme à l’échange, impres­sion d’attentisme suivi d’une soudaine accé­lé­ra­tion, le break était fait très logi­que­ment à 2–1. Djokovic à la recherche de son coup droit avait la tête des mauvais jours. Gilles emme­nait cet écart sans défaillir jusqu’à 5–3 où il s’offrait une première balle de set, puis une deuxième, une troi­sième, une quatrième, toutes effa­cées par un Djokovic sans génie mais qui ne commet­tait plus de fautes. Il fallait donc le Simon le plus sérieux (et pour le coup le plus tendu), le gars qui serre le jeu à 30 partout avec son premier ace du match pour clore l’affaire de ce 1er set (6–4).

La ques­tion était alors la suivante : qui allait le mieux rebondir physi­que­ment à la sortie de ce premier set plutôt intense en rallyes ? Les visages étaient déjà marqués, les temps pris entre chaque point toujours un peu plus long, les premiers services au milieu du filet : image du jour, Djokovic, levait les bras d’avoir gagné son premier mara­thon à 1–0 dans le 2ème set. Fatigué mais toujours aussi combat­tant, le Serbe deve­nait fina­le­ment encore plus dange­reux en sortant l’arsenal des parpaings allé­luia. Et c’est fina­le­ment Simon, bloqué à la nuque, qui appe­lait le kiné. Trois minutes de repos qui lui faisait perdre le rythme : Djoko en profi­tait pour breaker et confirmer son break (4–1, puis 5–2). On atten­dait de voir comment le Serbe allait conclure, le jeu de 5–3 faisait auto­ma­ti­que­ment lever le niveau de jeu. Novak s‘y révé­lait d’une longueur de balle diabo­lique et son coup droit tenait enfin. Un set partout, mais au regard de sa résis­tance à l’échange et de prises d’initiative mal récom­pen­sées, Simon semblait être revenu dans la partie. 

Le premier jeu du 3ème avait en tout cas des dehors de K.O tech­nique : plus aucune faute, plus un pet d’attentisme, c’était coup pour coup des deux côtés, une bataille jouée la bouche ouverte à la recherche de trois bulles d’oxygène. Au bord de la rupture, mais toujours aussi intel­li­gent, Djoko sortait une arme redou­table à ce stade du combat : l’amortie de revers décroisé qui fait mal aux jambes, même à celles endu­rantes de Simon. Le numéro 3 mondial claquait à nouveau le break à 1 partout, et tenait toujours aussi bien son service avec de l’ace de concours. Mais rien ne disait que le Français ne pouvait pas recoller, il s’accrochait comme un mort de faim à la préser­va­tion de son service (3–2), et avec dix rallyes de plus dans la musette, c’est le soldat Djokovic qui commen­çait à tirer la papatte. Il appe­lait lui aussi le kiné pour des débuts de crampes et… reve­nait encore plus fort, massages obligent. Plus roublard, il gardait donc son break intact jusqu’à 5–4. C’était l’heure de vérité et elle révé­lait enfin ce qu’on atten­dait depuis 2 heures : à force de donner l’impression de jouer sur un fil, Djoko allait bien faire une petite bourde dès que la pres­sion fut venue. C’était en l’occurrence l’ace « burné » qu’il tentait sur 2ème balle à 30–40 et qui sortait d’un bon mètre. Simon recol­lait à 5–5 pour se faire rebreaker dans la foulée par un Serbe tout à coup plus patient, plus précis, plus puis­sant, plus numéro 3 mondial, plus tout. Une dernière amortie écoeu­rait le Français, un peu moins en réus­site sur cette fin de match. 

Après quasi­ment trois heures de jeu, les deux hommes se tombaient dans les bras l’un de l’autre. Il fallait néan­moins un gagnant et un perdant, c’était Simon. « Là, j’ai envie de tout casser » révélait‐il deux minutes plus tard. On compatit.

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