Maria Sharapova fait ses débuts sur terre battue, à Stuttgart. La Russe aborde les deux mois les plus indécis de chacune de ses saisons. Deux mois sur ocre, durant lesquels elle travaille son adaptation progressive à une surface loin d’être sa préférée ; deux mois, durant lesquels elle a gros à gagner et gros à perdre ; deux mois qui, d’une année sur l’autre, ne lui réservent jamais les mêmes scénarii. En conférence de presse, en Allemagne, elle fait le point sur ces deux mois qui viennent, ses ambitions et cette fameuse terre battue.
« J’ai beaucoup progressé sur terre. Pas seulement physiquement – je me déplace bien mieux et je récupère aussi plus facilement ; mais je prends surtout un peu plus de plaisir qu’avant. J’ai énormément appris du jeu sur terre battue, de la manière dont l’on crée durant l’échange, et réalisé que le point n’est jamais fini tant qu’il n’est pas vraiment fini. C’est un peu comme le jeu du chat et de la souris. » Et oui, c’est vrai, Maria a progressé sur cette surface. Une surface qui a longtemps été son talon d’Achille. Son palmarès ne compte que trois titres sur terre, contre 22 sur dur, herbe et moquette, et il a fallu attendre sept années de professionnalisme pour la voir enfin s’imposer dessus, à Amelia Island, en 2008. Pas pour rien non plus que Roland Garros reste le seul tournoi du Grand Chelem qui lui résiste encore et qu’elle n’a même jamais eu l’occasion de remporter… Néanmoins, l’année dernière, Sharapova a fait montre de nouvelles et belles dispositions : un troisième tour à Madrid, certes, mais, surtout, une excellente victoire à Rome, avant une demi‐finale Porte d’Auteuil. Résultat : 12 victoires‐deux défaites en 2011, contre sept‐deux en 2010, six‐deux en 2009, 13‐trois en 2008 ou encore sept‐deux en 2007. Les performances parlent et on l’envisageait même enfiler le costume de potentielle vainqueur à Roland, il y a un an.
12 victoires‐deux défaites sur terre battue en 2011
Maria Sharapova a compris qu’il fallait être patiente – pas facile pour une fille qui a toujours tout fait plus vite que les autres. « Sur terre battue, vous pouvez frapper deux très bons coups et voir la balle revenir, malgré tout. Rien à voir avec le gazon où ça va tellement plus vite, où tout est dans la première frappe, celle qui va vous faire prendre le contrôle de l’échange. » La patience dans le jeu, mais aussi dans l’élaboration de son calendrier, qu’il faut préparer avec soin. « Désormais, la saison sur terre n’est plus très longue – ça correspond, habituellement, à trois ou quatre tournois. On peut l’allonger avec d’autres épreuves, mais c’est difficile. Les semaines qui viennent, là, doivent me servir à m’améliorer et me sentir progressivement mieux. » Avec ces clefs qu’elle intègre de mieux en mieux, elle peut désormais viser haut : « Mes objectifs, ce sont de grands objectifs : Roland Garros, évidemment. Mais tous les événements qui y mènent sont également importants. »
« Mes objectifs, ce sont de grands objectifs : Roland Garros, évidemment. »
Tous les événements sont importants et tous les matches aussi, face à des joueuses de plus en plus difficiles à défier, de plus en plus rugueuses, selon elle. « Le top 4 féminin n’est pas le même que le top 4 masculin. Chez les hommes, le Big Four est vraiment devant tous les autres. Chez les femmes, c’est plus dur qu’il y a quelques années. Vous avez besoin de quelques matches pour vous mettre en jambes, mais, aujourd’hui, dès le premier tour, vous affrontez des adversaires difficiles. Et chaque joueuse à l’occasion de vous battre ; elle peut ne pas être tête de série mais avoir quand même de grandes victoires. »
Ces perspectives passent par un passage en Bade‐Wurtemberg. Stuttgart. Un tournoi qu’elle n’a jamais joué. L’Allemagne, un pays qu’elle n’avait plus fréquenté depuis 2005 et le tournoi de Berlin. Un pays qu’elle aime bien… « J’aime la vitesse des voitures, ici », plaisante‐t‐elle. « J’adore conduire ici. D’ailleurs, je me suis faite conduire depuis Munich jusqu’ici et le conducteur m’a demandé s’il pouvait rouler à « vitesse normale » ! C’était très marrant. » Conduire vite, à l’image de son jeu. A l’image de ses ambitions.
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Publié le mardi 24 avril 2012 à 12:19


