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Chardy : « Roland me tarde »

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Si l’aventure madrilène s’arrête là pour Jérémy Chardy, sorti en deux manches par Stanislas Wawrinka [11] (6/4 ; 7/5) le Pallois quitte la « Caja Magica » avec encore un peu plus de confiance et certains motifs de satisfaction, tant sur son tennis que sur son attitude sur le court. De bon augure à 10 jours du coup d’envoi de Roland Garros…
Jérémy, tu mènes 4-2, tu as le break… Que s’est-il passé par la suite ?
Déjà, j’ai bien débuté le match, donc j’étais content d’avoir bien joué d’entrée. Mais je fais un mauvais jeu à 4-2 : une double faute, un coup droit que je rate, un smash- pourtant assez facile- que je loupe aussi… Bref, je me précipite, rate pas mal. Lui fait son jeu, je finis par me faire breaker, et c’est comme ça que je perds le 1er set. C’est dommage de ne pas avoir gardé mon break d’avance. Au second, nous étions proches. Il a eu un peu plus d’occasions que moi, mais j’ai eu ma chance aussi.

Dans ce deuxième set justement, vous tenez chacun votre service… Le match se joue finalement à pas grand chose.
Au second, il a eu des occasions de break en début de set, j’en ai eu à la fin. Il finit par me breaker… Je suis quand même assez content de mon match, notamment de mon coup droit. Et mon jeu était bien en place, j’aurais pu avoir ma chance. Il faut que je continue dans ce sens, que je me précipite moins. J’ai tenté des choses trop dures dans des positions trop difficiles. Je devrais aussi monter un peu plus au filet, ce qui m’éviterait de trop risquer du fond de court en coup droit. Chaque fois que je suis monté, il a eu du mal à passer, cela raccourcissait l’échange, c’était bien pour moi. Dans l’ensemble, même si je suis forcément d’avoir perdu aujourd’hui, je suis assez satisfait de la façon dont j’ai joué. Cela me montre que je suis sur la bonne voie sur terre battue, et qu’il faut que je continue sur ces schémas pour bien jouer.

Continues-tu à être satisfait de ton attitude sur le terrain ?
A la fin du premier, j’aurais pu m’énerver, car je perds un peu le set tout seul. J’étais devant, et, en trois jeux, je me retrouve à perdre la manche ! Je sais que ce n’est pas fini, que je peux revenir. Je reste dedans tout le temps : mes expériences par le passé m’ont bien montré que si l’on reste dedans, il peut se passer plein de choses. Mais dès que l’on se déconcentre un peu, les jeux peuvent vite défiler. Surtout face à de très bons joueurs. Je me suis aperçu que plus on jouait à un niveau élevé, plus il fallait être attentif, tout le temps. Si on perd un peu de concentration, ou que l’on fait un coup un peu inutile, ils en profitent tout de suite et ne nous lâchent plus ! Je l’avais vu face à Djokovic en Australie. A la moindre occasion, il te met la tête sous l’eau et ne la fait plus ressortir. Être attentif sur chaque point : c’est une habitude. Ce match me montre qu’il faut vraiment avoir des intentions, être là du début à la fin.

Faire un gros match contre un joueur comme lui, c’est un bon « baromètre » ?
C’est sûr. Jouer des bons joueurs : c’est une bonne expérience. Cela nous permet de voir où se situe notre niveau de jeu. Jouer contre Stanislas est toujours une bonne chose. Voir où je dois m’améliorer, et ce que je dois continuer à faire, où je l’ai gêné. En coup droit, j’ai été encore une fois solide. Il faut que je continue à m’appuyer sur ce coup, que je monte davantage au filet et surtout me précipite moins l’échange.

Sur des courts aussi mauvais, le service est-il encore plus important que d’ordinaire ?
Le service est, quoi qu’il arrive, le coup le plus important partout. Après, dès que l’on joue proche des lignes, ce n’est pas loin d’être gagnant. Mais le service, ce n’est pas moi qui vais dire que ce n’est pas important ! (sourire)… Plus il y a de faux rebonds, plus les premières frappes sont importantes. Sur un service pas forcément très bon, tu peux tout de même te retrouver à gagner le point. Il faut être vigilant, savoir que ces faux rebonds existent, et surtout ne pas se prendre la tête : si tu commences à t’énerver après chaque faux rebond, chaque trou, tu ne joues plus au tennis.

Ces courts sont-ils les pires courts en terre où tu aies pu jouer ?
Pour un tournoi de ce niveau, je pense que oui. Dans un Masters, ça doit être dur de trouver pire ! (sourire)… Mais je pense que, déjà, s’ils peignaient les lignes, comme c’est le cas à Roland, ça aiderait déjà, cela éviterait pas mal de faux rebonds.

Quel est le programme maintenant ?
Je vais rentrer à Roland ce soir, et partirai vendredi avec Jo et peut-être Gilles à la World Team Cup. Si on va au bout, on arrivera tard à Roland ! (sourire)

Comment vois-tu cette quinzaine à Roland-Garros ?
Sur terre je me sens bien, j’ai bien joué. J’arriverai avec de la confiance, c’est important. Roland Garros, c’est sûr, est un objectif pour tout joueur français. Je me sens bien, et j’espère être prêt pour faire un très grand tournoi.

T’es-tu fixé des objectifs précis ?
Je ne préfère pas me fixer d’objectif. En Grand Chelem, le tirage joue beaucoup. Je vais essayer de passer le premier tour, et après, on verra au fur et à mesure. Je ferai tout pour aller le plus loin possible, c’est certain.

As-tu une pression supplémentaire sur les épaules au regard de ta prestation Porte d’Auteuil la saison passée ?
Je ne pense pas avoir une pression supplémentaire. La différence avec 2008, c’est que mon niveau de jeu est plus élevé, mon classement aussi. Je sais qu’il y a beaucoup de joueurs que je peux battre maintenant. J’arriverai en confiance. Après, ça ne change pas grand chose… (sourire)

L’émotion sera au rendez-vous ?
Bien sûr, ça me tarde d’y retourner. C’est là-bas que j’ai commencé à très bien jouer, à prendre confiance dans mon jeu, mes capacités. ça restera toujours un super souvenir, et je serai chaque fois très heureux d’y retourner. J’espère bien jouer à nouveau, et faire partager encore plein de choses au public.

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