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Des hidalgos, les crocs au râtelier

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Du 10 au 18 mai prochains se déroule à la Caja Magica [« boîte magique »] de Madrid le Mutua Madrilena Open, cinquième Masters 1000 de la saison.

Ce tournoi de Madrid illustre les chan­ge­ments qui ont eu lieu à l’intersaison, avec la refonte du calen­drier, la redé­fi­ni­tion et la redis­tri­bu­tion des statuts des tour­nois. Le Masters Series de Madrid s’était déroulé sur dur, il y a quelques mois ; cette saison, c’est sur terre battue que ses prota­go­nistes devront s’affronter et non plus à l’automne montant, mais en plein cœur du prin­temps. En octobre dernier, le tournoi avait accouché de la première finale de Gilles Simon en Master Series et la deuxième victoire d’Andy Murray dans cette catégorie.


Des condi­tions diffé­rentes de Roland

Doté de 3,7 millions d’euro, ce Masters 1000 de Madrid devrait rassem­bler la majo­rité des joueurs du top 10, Andy Roddick effec­tuant sa rentrée. Seul Gaël Monfils manquera le rendez‐vous, handi­capé qu’il est par sa maladie de crois­sance. C’est le troi­sième Masters 1000 de la saison sur terre battue, après ceux de Monte‐Carlo et Rome, et la dernière véri­table occa­sion pour les cadors du circuit de se tester avant Roland Garros. Néanmoins, les condi­tions entre les deux Castilles sont sensi­ble­ment diffé­rentes de celles Porte d’Auteuil. Situé à 655 mètres d’altitude, ce tournoi propose des carac­té­ris­tiques parti­cu­lières : comme le signale Rafael Nadal, avec la raré­fac­tion de l’oxygène, la balle devrait avoir des rebonds plus marqués et la récu­pé­ra­tion des joueurs pour­rait être plus difficile. 

Rafael Nadal surmo­tivé, Federer démotivé ?

Néanmoins, à deux semaines de Roland, les enjeux sont multiples. Rafael Nadal aura sûre­ment à cœur de remporter un tournoi dont il n’a soulevé le trophée qu’à une reprise, en 2005. Mais surtout, devant son public, c’est sa supré­matie sur terre battue et ses 93% de victoires sur cette surface qu’il devra défendre. Un moyen d’écraser la concur­rence avant même que ne débutent les Internationaux de France et d’accrocher la première édition sur terre de ce Masters madri­lène. La concur­rence risque d’être bien faible pour le numéro un mondial. Roger Federer n’est pas (ou plus ?) au maximum de ses capa­cités et semble toujours aussi incons­tant dans le jeu. Le Suisse met ses diffi­cultés sur le compte d’une montée en puis­sance, d’une progres­sion. Si ses perfor­mances lui donnent raison (demi à Rome, après des huitièmes à Monte‐carlo), il n’en reste pas moins vierge de titre majeur depuis l’US Open et défait régu­liè­re­ment par ses trois prin­ci­paux concurrents. 


Murray enfin d’aplomb, Djokovic dans quelle forme ?

Andy Murray, futur nouveau numéro trois, malgré des perfor­mances encou­ra­geantes, n’a pas complè­te­ment convaincu de l’adaptabilité de son jeu sur terre. Après une belle demi‐finale à Monaco, sa sortie dès le second tour à Rome laisse planer de nombreux doutes quant à ses perfor­mances à venir. Enfin, même si Novak Djokovic paraît retrouver sa forme au meilleur des moments, avec un jeu sur terre actuel­le­ment excellent, une ques­tion se pose : dans quel état va‐t‐il arriver à Madrid, en suppo­sant qu’il remporte le tournoi de Belgrade ? Pendant ce temps, Rafa se repose tran­quille­ment à Manacor.

Mais lais­sons le tennis et sa « boîte magique » répondre à ces questions…

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.