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Djokovic, leçons de solidité

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Novak Djokovic se qualifie pour les demi-finales du Masters 1000 de Madrid en sortant Ivan Ljubicic après 1h44 de jeu, 6-4 6-4.

Ce duel serbo-croate fut étrange. D’un côté, Novak Djokovic. Le numéro deux mondial sur terre battue a fait honneur à son statut en proposant un jeu solide, plutôt varié. Gifles de coup droit, revers courts croisés, frappes très longues et bondissantes… Quelques points gagnés au filet et deux splendeurs d’amortis dans le deuxième set. Pourtant, Novak est apparu nerveux, fracassant sa raquette au sol à de multiples reprises, se haranguant de manière virulente dans la première manche. De quoi être dubitatif, quand l’on sait qu’il n’a eu que deux balles de breaks à défendre.

Un étrange Ljubicic

De l’autre côté, Ivan Ljubicic. Déstabilisant, le Croate, semblant… ailleurs. Parfois explosif, au point de mettre son adversaire en difficulté, comme dans le deuxième jeu du deuxième acte ; parfois, complètement hors de son sujet, offrant cadeaux sur cadeaux, se relevant avant la fin des points. Les trois derniers jeux du match sont à l’image de ce constat. Djokovic sert à 3-4. Il enchaine deux amortis, l’une splendide, l’autre ratée. Ljubicic n’esquisse un geste ni sur l’une, ni sur l’autre. 4-4. L’on se dit que le Croate est résigné et, pourtant, il envoie du lourd en service, enchainant les gagnants et revenant à 4-5. Dernier jeu : il balance trois coups droits dans les bâches et rentre aux vestiaires tête basse.

Quelques coups d’esthètes

Si cette étrangeté latente a suinté du comportement des deux joueurs, ceux-ci n’en ont pas moins proposé un beau spectacle. Des points marathons, comme dans le cinquième jeu, où Novak Djokovic rate plusieurs occasions de faire le break. Mais aussi comme dans le deuxième set, avec des échanges de parpaings en fond de court que le Serbe vient conclure, qui d’un petit coup, court et croisé, à l’arrachée, qui d’une amorti venue d’ailleurs, sa raquette semblant caresser, lécher, presque souffler une balle transformée en feuille morte. En face, les premières de Ljubicic sont autant de punitions, malgré une inconstance rédhibitoire dans ce domaine, et son revers décroisé à une main, une merveille à l’état pure.

Djokovic, solide, Ljubicic, inconstant

Malheureusement pour le Croate, il ne suffit pas d’avoir un service potentiellement gagnant à tous les coups, encore faut-il le passer régulièrement. Avec 47 % de premières balles, l’homme aux 929 aces en une saison (2006) était bien loin du compte. De même, il ne suffit pas d’avoir un revers exceptionnel, encore faut-il avoir un coup droit à la hauteur. Or, Ljubicic a fait montre d’une faiblesse parfois désolante dans ce domaine. Fort, ou plutôt faible de cela, force est de constater qu’il n’y avait pas grand chose à faire pour le Croate, face à un Djokovic solide et vainqueur des points importants. Sans être absolument génial, le Serbe a fait le nécessaire.

Entre un ex-numéro trois mondial, trois fois finaliste et victorieux lors de ses quatre dernières sorties, et un ex-numéro trois mondial sortant à peine la tête de l’eau après l’avoir plongée dans les abysses du classement, le combat était inégal. Mais, comme à Monte-Carlo et comme à Indian Wells, Ivan Ljubicic enregistre un excellent résultat en Masters 1000, avec ce troisième quart de finale. Et comme à Monte-Carlo et comme à Miami, mais aussi comme à Rome ou alors à Belgrade, Novak Djokovic avance encore et encore, rejoignant les demi-finales. Le prochain obstacle ? Fernando Verdasco… ou Rafael Nadal.

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