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Nadal : « C’est bon signe »

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Pour son entrée en lice dans le Masters 1000 de Madrid, le n°1 mondial n’a pas fait un pli : vain­queur express de l’Autrichien Jurgen Melzer (6÷3 ; 61), Nadal impres­sionne toujours autant. Philipp Kohlschreiber, son adver­saire au troi­sième tour, a du pain sur la planch(a)…

Rafa, comment te sens‐tu sur ces courts ? As‐tu du apporter certains ajus­te­ments à ton maté­riel, étant donnée l’altitude ?
C’est normal qu’il y ait une phase d’adaptation. Jouer ici est plus diffi­cile qu’ailleurs, que sur d’autres courts en terre ou d’autres tour­nois. Tout ce que tu fais a plus d’effet, mais bon, tout le monde est logé à la même enseigne, tes adver­saires sont exac­te­ment dans la même situa­tion. J’aime la terre ici car elle est rapide, et on a l’im­pres­sion qu’en ne frap­pant ne serait‐ce qu’un tout petit peu la balle, ça part tout de suite. Pour revenir au match, je pense que c’est un très bon début, au départ c’était diffi­cile pour moi de faire le break mais il a fait deux erreurs qui m’ont permis de revenir. C’était un bon match je trouve.

Tu n’as commis que 3 fautes directes (unique­ment dans le second set)
Ah… Je croyais en avoir fait plus dans le 1er set que dans le 2e, mais comme je le disais à l’instant, je crois que c’est un bon départ. J’ai joué à un niveau tout à fait correct pour un premier match, et quand tu gagnes 6−1… C’est bon signe.

Que penses‐tu de ces toutes nouvelles installations ?
Ce court est spec­ta­cu­laire. Je suis recon­nais­sant à la ville de Madrid pour son support, et pour tout ce qu’elle nous a donné ces dernières années. C’est très impor­tant et je ne peux que remer­cier la ville et le public. J’espère que ce tournoi ce sera un vrai plus pour la candi­da­ture de Madrid pour les JO de 2016.

Novak Djokovic se plai­gnait aujourd’hui du système de comp­tage des points ATP. Pour lui, ce type de clas­se­ment est « cruel » : Roger et toi avez gagné un paquet de tour­nois, sans pour autant glaner le moindre petit point. Quel est ton avis sur la ques­tion ? Le soutiens‐tu ?
Je ne veux faire abso­lu­ment aucune polé­mique. Parce qu’au bout du compte, c’est comme si c’était moi qui était à l’origine du débat. Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, à mon avis, il serait plus judi­cieux d’effectuer un clas­se­ment prenant en consi­dé­ra­tion les résul­tats des deux dernières saisons, et non d’une seule année. Ce serait mieux pour les joueurs. Cela signifie que, si tu es blessé par exemple, cela ne te portera pas autant préju­dice que cela ne peut être le cas actuel­le­ment, tu ne plon­geras pas au clas­se­ment. De plus, tu seras un peu plus à même de choisir les tour­nois où tu veux jouer, et ceux que tu ne souhaites pas disputer. Aujourd’hui, il est obli­ga­toire de jouer chaque semaine, tu as des points à défendre partout, et si tu perds, tu laisses des points en route. Surtout dans mon cas. Au final, c’est très péna­li­sant. Pour tout le monde, pas unique­ment pour les meilleurs mondiaux. Pour tous les joueurs du top 100. C’est pour cette raison que j’estime qu’un clas­se­ment effectué sur deux ans aide­rait les joueurs dans leur carrière. J’ai parlé de mon idée à Novak, et il adhère tota­le­ment. Bien sûr, ce serait un énorme chan­ge­ment, je ne pense pas que les choses bougent du jour au lende­main, mais bon…

Comment te sens‐tu physi­que­ment ? Tu passes plus de temps à l’entraînement qu’en match…
Je vais bien. Quand je m’entraîne plus, c’est que je ne sens pas tota­le­ment bien la balle. C’est vrai, j’ai tendance à m’entraîner plus que la majo­rité des autres joueurs, mais c’est une habi­tude. Beaucoup s’étonnent de ça. Mais je veux me sentir bien, je dois me sentir bien pour être tota­le­ment prêt à débuter la partie.

Tu sembles extrê­me­ment concentré. Tout le monde a l’impression que tu as mûri, et que tes progrès au niveau mental sont propor­tion­nels à tes progrès physiques ?
Sans concen­tra­tion, impos­sible d’obtenir les résul­tats que j’ai eus ces cinq dernières années. Je dois être concentré sur ce que je fais. Et j’ai l’impression de l’être (concentré) autant actuel­le­ment que je ne l’ai toujours été jusqu’à présent.

Prochain adver­saire : Philipp Kohlschreiber. Comment vois‐tu ce match ?
Difficile. Philipp frappe très fort, aussi bien en revers qu’en coup droit. Reste à voir comment j’arrive à main­te­nant mon niveau de jeu à cette alti­tude. Pas évident d’évaluer sa forme du moment, mais mon idée, pour demain, est d’assurer mon service, et essayer de marquer un maximum de points dans ce secteur de jeu pour gagner sans trop de problèmes. Pour le reste, j’attendrai de voir ce qui se passe. Tu dois être agressif, c’est ce qu’on exige de toi sur le court.

Jouer en alti­tude n’est, au final, peut‐être pas une si mauvaise chose pour toi : tu livres aujourd’hui une copie très propre.
Oui, j’ai bien joué. Je suis content d’avoir débuté mon tournoi de cette manière. J’ai beau­coup mieux joué sur ce match que je n’ai pu le faire un peu plus tôt dans la journée à l’entraînement…

La pres­sion est‐elle plus forte lors d’un tournoi à domi­cile ?
A la maison, c’est sûr, il y a un peu plus de monde autour de toi, mais jouer en Espagne est toujours très spécial, et je suis vrai­ment heureux d’être là.

Rafa, tu as remporté tant de matches sur terre d’affilée… Quand tu rentres sur le court, as‐tu, d’entrée de jeu, la sensa­tion que tu vas plier le match en deux temps trois mouvements ?
Non. Tous les jours, je vais sur le court, et je redoute de perdre. Enfin, je n’ai pas « peur » de perdre, mais je respecte vrai­ment tous mes adver­saires, et je ne peux pas avoir l’assurance, avant même de jouer, que je vais sortir vain­queur de cette rencontre. Je vais simple­ment sur le court pour essayer de faire de mon mieux, et j’espère produire un tennis suffi­sam­ment bon pour m’imposer. Mais je sais que chaque match est difficile.

En direct de Madrid

A propos de l’auteur

Krystel Roche

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.