AccueilMasters Monte CarloFranulovic : « Monte‐Carlo est un don de Dieu »

Franulovic : « Monte‐Carlo est un don de Dieu »

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Directeur du Masters 1000 de Monte‐Carlo, Zeljko Franulovic dres­sait il y a deux semaines pour GrandChelem/Welovetennis le plateau 2009 avec la présence de huit des dix meilleurs joueurs mondiaux et une nouvelle tribune les pieds dans la mer. Et il rêvait tout haut d’un revi­re­ment de Roger Federer. C’est chose faite. Bien vu, Franu ! 

Zeljko, quelles sont les nouveautés cette année à Monte‐Carlo ?

Il y a deux, trois nouveautés. Pour être conforme à la caté­gorie des Masters 1000, on a été obligé d’agrandir notre central de 8 500 à 10 000 personnes. On a agrandi notre village VIP. On est monté en hauteur comme souvent ça se passe à Monaco. 

Vous avez attaqué la roche !

(Sourires) Oui, on a attaqué la roche. On a égale­ment agrandi la capa­cité des autres terrains. Et tout le reste a suivi : meilleur accueil des joueurs, du public et l’arrivée de la haute tech­no­logie avec du Wi‐fi partout et désor­mais le e‑ticket pour le public. Quand vous prenez l’avion, vous imprimez à la maison. Vous pourrez faire la même chose pour le tournoi. 

On a l’impression que Monte‐Carlo est sorti renforcé de ce qu’il s’est passé il y a deux ans.

Ecoutez, je ne sais pas si c’est la bonne expres­sion en fran­çais mais on voit la force dans la diffi­culté. On recon­naît les forces d’une orga­ni­sa­tion, d’un pays dans ces moments‐là. On ne savait pas comment ça allait finir, mais on voulait que Monte‐Carlo soit dans les neuf Masters Series de l’ATP. On y est resté. La diffé­rence avec l’an dernier, c’est qu’avant, les joueurs étaient inscrits auto­ma­ti­que­ment et on en avait 8 sur les 11 meilleurs joueurs du monde. Cette année les joueurs sont libres et on en a 8 sur 10 avec la possi­bi­lité d’avoir Roger Federer, qui jusqu’à présent commen­çait sa prépa­ra­tion avec nous et qui depuis 4 ans se fait battre à Roland Garros. Cette année, il a décidé de changer, mais on verra la suite. De son côté, Jo‐Wilfried Tsonga ne se sent pas d’enchaîner trop de tour­nois car il a un physique plus fragile. Mais il a tout le loisir de nous demander une wild card et à ce moment‐là, on aurait tous les joueurs présents. 

Ces deux joueurs sont quand même très spéciaux : l’un aime beau­coup le tournoi et s’est engagé il y a deux ans pour exprimer cet atta­che­ment, l’autre est le phéno­mène fran­çais qui amène plein de nouveaux spec­ta­teurs dans le stade, c’est un peu dur tout de même.

Oui, c’est vrai. Mais quand vous orga­nisez un tournoi, vous ne savez jamais ce qu’il va se passer. Le problème, ce ne sont pas ceux qui ont dit qu’ils ne venaient pas et puis fina­le­ment qui viennent. Le problème ce sont ceux qui ont dit qu’ils venaient et qui fina­le­ment se retirent. Mais quand Roger Federer vous dit « J’ai ma copine qui attend un bébé et j’ai une diffi­culté à enchaîner les semaines », là vous comprenez bien la raison. S’il s’inscrit et qu’il ne vient pas, il va rece­voir le fameux « 0 point » et son clas­se­ment va souf­frir. Donc on attend. Effectivement ces deux joueurs ne sont pas annoncés, mais ce n’est pas encore fini. 

Vous saviez donc avant tout le monde que sa femme atten­dait un bébé

(Rires) Oui, mais c’était un peu un secret de poli­chi­nelle. On suit les tour­nois, on suit tout le monde, cette nouvelle était magni­fique pour tout le monde mais c’est sa vie privée. 


Par contre il y en a un qui sera bien là pour tenter l’exploit de remporter 5 titres consé­cu­tifs. On a l’impression que l’histoire de Monte‐Carlo s’est relancée grâce à Nadal.

Ah oui, tout à fait mais je serai tenté de dire que c’est l’histoire de Monte‐Carlo et de Roland Garros qui s’est relancée avec lui. Et puis son statut a changé dès qu’il a remporté Wimbledon et l’Open d’Australie. Avant c’était le jeune qui montait mais désor­mais il est le numéro 1 et à mon avis c’est un numéro 1 qui va rester car il a une telle puis­sance mentale et physique, c’est un garçon telle­ment bien dans sa peau qu’il est quelqu’un d’extraordinaire pour le tennis et pour nous tous. 

Puisqu’on en parle, il est désor­mais numéro 1, quelles sont les solu­tions pour Federer ?

Alors je vais faire parler mon cœur et dire que rien n’est acquis. Il y a deux ans, Rafael pouvait battre tout le monde sauf Roger et ça a changé. Maintenant c’est jeu contre jeu, c’est le lift contre le slice. Roger doit décrypter le jeu de Nadal et il trou­vera bientôt des solu­tions. Mais en tout cas on se trom­pe­rait terri­ble­ment en disant que Roger ne peut plus battre Rafa. 


Vous allez prier pour le beau temps cette année ?

Ecoutez, depuis 5 ans on a quasi­ment tous les meilleurs joueurs du monde et l’an dernier les 4 premières têtes de série sur 4 en demi‐finales. Même Roland Garros et Wimbledon, ils n’ont pas fait ça. Mais le facteur le plus impor­tant reste le facteur météo parce que le soleil ou la pluie donne un tout autre aspect au tournoi. Nous sommes les otages de cette image : Monte‐Carlo, Côte d’Azur, soleil, mer, et ça change tout. 

Tous les joueurs disent que ça reste le plus beau tournoi du monde…

Oui, mais ça n’est pas notre mérite, c’est celui de la Principauté, celui des gens qui ont construit Monte‐Carlo qui méritent de rece­voir ces féli­ci­ta­tions. Nous on essaye de mettre tout ça en valeur et de ne pas négliger ce don de Dieu.

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