AccueilOpen d'AustralieAzarenka : "Devenir meilleure"

Azarenka : « Devenir meilleure »

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Victoria Azarenka l’a fait. En 2h40 de jeu, la Biélorusse s’est imposée contre Na Li en trois manches 4–6 6–4 6–3 dans un match ubuesque. La numéro un mondiale s’est évidem­ment montrée ravie de garder son titre en confé­rence de presse. L’occasion aussi pour elle de se dévoiler un peu plus sur sa personnalité.

Vous devez être très heureuse après un long et diffi­cile match, auquel il faut ajouter les arrêts pour bles­sures et les feux d’ar­ti­fice. Comment vous sentez‐vous à présent ?

Je me sens tout simple­ment très heureuse à l’heure qu’il est. Ca a été un long match. Ca a été un match diffi­cile. Na Li a joué un tennis abso­lu­ment incroyable. Des choses malheu­reuses lui sont arri­vées, vous savez, mais c’est le sport. Mais je suis juste heureuse d’y être arrivée malgré tout ça, j’ai pu donner le meilleur de moi‐même pour me concen­trer sur mon jeu et jouer le tennis que je peux produire. Et c’est la chose que j’aime le plus faire, d’être compétitive.

Na Li a dit qu’elle vous a sentie plus forte sur les plus gros jeux à la fin. Est‐ce que vous sentez que le match s’est décidé sur ces moments là ?

Je pense, oui. Dans ce genre de matchs vous devez toujours prendre les oppor­tu­nités dans les moments impor­tants. Dans le second set, dans le troi­sième set, c’est ce que j’ai su faire le mieux. Dans la première manche, elle était réel­le­ment au dessus de moi, je pense, elle tapait fran­che­ment dans la balle et faisait tout ce qu’il fallait. J’ai eu à réajuster mon jeu pour réel­le­ment prendre l’avan­tage quand elle m’en a donné l’opportunité.

A quel point est‐il diffi­cile d’ar­river dans un tournoi du Grand Chelem en tant que tenante du titre ?

Vous savez, je n’y ai jamais vrai­ment pensé. Ma menta­lité était de venir pour essayer de gagner un autre titre. C’était mon prin­cipal but. Ce n’était vrai­ment pas facile avec toute l’at­ten­tion et la presse autour. Mais c’était une nouvelle expé­rience pour moi et je pense que je l’ai bien gérée. Je ne peux qu’ap­prendre de ce type d’ex­pé­rience pour aller de l’avant et m’amé­liorer en tant que joueuse et en tant que personne, certainement.

Avez‐vous été surprise de la façon avec laquelle Na Li est vite revenue après ses deux chutes ?

Je pense que je ne m’at­ten­dais pas à ça. Vous vous sentez vrai­ment mal pour une joueuse quand quelque chose comme ça lui arrive. J’ai vécu ce moment avec elle et j’ai complè­te­ment oublié que je devais jouer au tennis, vous savez, à devoir la faire courir toujours autant. Ca m’a un peu perturbé, mais vous savez, c’est unique­ment de ma faute si je me laisse perturber comme ça. Je suis juste heureuse d’avoir pu rester concen­trée après la seconde chute, en restant détendue, afin d’exé­cuter mes coups.

Etait‐ce la plus grosse pres­sion que vous ayez jamais ressentie avant de jouer un match ? Votre place de numéro un était en danger si vous perdiez.

Je n’y ai jamais pensé. Je n’ai jamais pensé à la place de numéro un. La pres­sion était là mais comme à son habi­tude, vous savez. C’est inté­res­sant. C’est une chose très inté­res­sante. Cela vous pousse à être meilleur. Vous pouvez la prendre d’une façon diffé­rence. Vous pouvez prendre la pres­sion de façon néga­tive et penser de façon néga­tive. Mais je la prends de façon posi­tive, comme quelque chose qui va me pousser en avant pour m’amé­liorer, pour être meilleure, et le reste est entre mes mains. J’ai juste à rester très concen­trée sur ce que je fais.

Etiez‐vous inquiète de l’ac­cueil que vous pouviez rece­voir ici quand vous êtes entrée sur le court ?

Je m’at­ten­dais à pire, pour être honnête. Que puis‐je faire ? Vous devez juste entrer sur le court et jouer au tennis quoi­qu’il arrive. C’est tout ce qui m’in­té­res­sait. C’est un match de tennis, une bataille, une finale de l’Open d’Australie. J’étais là pour jouer ça. Pour les choses qui se sont dérou­lées dans le passé, j’ai fait ce que j’ai pu pour m’ex­pli­quer, j’ai fait tout ce que je pouvais, et c’est à présent derrière moi. Donc quand je suis rentrée dans mon match, je me suis unique­ment concen­trée sur la façon de le jouer, ce match le plus impor­tant du tournoi.

Vous avez dit plus haut que vous appre­niez à devenir une meilleure joueuse et une meilleur personne. Vous avez aussi dit vouloir être honnête. Est‐ce que c’est ce dont vous parez quand vous dites que vous voulez être une meilleure personne ?

Vous savez, quand je suis arrivée sur le circuit j’étais un peu perdue. Je ne savais pas comment m’ou­vrir. C’est très diffi­cile quand vous êtes seule. J’étais indé­pen­dante depuis que j’avais 10 ans. Je suis allée pour la première fois aux Etats‐Unis quand j’avais 10 ans. C’était un peu effrayant et je ne voulais pas montrer ma person­na­lité. Donc ces dernières années j’ai appris à m’ou­vrir aux gens et à partager des moments avec eux, ainsi qu’à vous parler. Je n’étais pas terrible à ce jeu là aupa­ra­vant. J’espère que j’y arrive mieux main­te­nant. C’est à vous de juger mais… Mon but à présent est de montrer qui je suis vrai­ment, en dehors du court. Parce que sur le court je suis réel­le­ment concen­trée et très déter­minée à faire le travail que j’ai. Je vais faire cette tête là, je vais agir de telle façon pour être la meilleure joueuse de tennis. Mais en dehors du court, je suis une personne différente.