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La sensa­tion Zverev !

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Trois jours après l’exploit monu­mental de Denis Istomin face à Novak Djokovic, un nouveau séisme vient de frapper Melbourne Park avec l’élimination d’Andy Murray ! Le Britannique a été sorti par Mischa Zverev qui réalise une perfor­mance excep­tion­nelle en s’imposant 7–5 5–7 6–2 6‐ 4 après 3h33 de jeu !

Cet Open d’Australie 2017 est complè­te­ment dingue. Trois jours après l’élimination de Novak Djokovic par Denis Istomin, c’est Andy Murray qui a été mis à terre. Et sur la physio­nomie de la rencontre, la victoire de Mischa Zverev est tota­le­ment logique. Pendant 3h33 de jeu, l’Allemand, frère aîné d’Alexander, a pratiqué un tennis de rêve en cher­chant à agresser constam­ment le Britannique. C’est simple, le gaucher est monté au filet à 118 reprises pour 65 points gagnés (55% de réus­site) ! Dès qu’il en avait l’opportunité, il venait mettre la pres­sion sur l’Écossais.

Même lorsque le numéro 1 mondial est revenu à une manche partout, il n’a pas tremblé. Bien au contraire. Il est resté sur la même lignée, à savoir venir au filet, avec des services‐volées et des montées judi­cieuses. Sa quali­fi­ca­tion pour les quarts de finale vient récom­penser ses efforts. En produi­sant un tel jeu contre le numéro 1 mondial, il prouve qu’il est encore possible de mettre en place une telle tactique. Une bonne nouvelle.

Avec 118 montées, Zverev c’est pour l’attaque !

Mais la perfor­mance d’Andy Murray a de quoi surprendre. Certes mis sous pres­sion par les montées inces­santes du 50e joueur mondial, il est apparu assez fébrile dans l’échange, ne trou­vant pas de longueur dans ses frappes. Il était même pris à son propre jeu car Mischa Zverev a su jouer juste, tenir et ne pas commettre la faute trop vite. Et surtout, Zverev a sur garder ses nerfs au moment de conclure alors que devant un tel exploit, il aurait pu craquer.

Une première depuis Roland Garros 2004 !

Alors qu’il n’avait jamais dépassé un troi­sième de Grand Chelem (Wimbledon 2008), Mischa Zverev se retrouve en quarts de finale où il affron­tera Roger Federer ou Kei Nishikori. A peine croyable pour ce joueur de 29 ans qui a long­temps connu les bles­sures à répé­ti­tion. L’éclosion de son frère, Alexander, lui redonne l’envie. Sa victoire est surtout syno­nyme de séisme dans le monde de la petite balle jaune. Pour la première fois depuis Roland Garros 2004, ni le numéro et ni le numéro 2 seront présents au rendez‐vous des quarts de finale. Un cata­clysme qui était diffi­ci­le­ment envi­sa­geable il y a encore deux semaines quand Murray et Djokovic s’étaient affrontés en finale de Doha…

Si la partie basse était ouverte depuis la sortie de Novak Djokovic, c’est désor­mais le cas de la partie haute. Qui profi­tera de cette première levée en Grand Chelem complè­te­ment imprévisible ?

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.