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L’énorme coup de gueule de Swiatek après son élimi­na­tion : « Sommes‐nous des animaux dans un zoo que l’on observe même quand ils font caca ? »

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Australian Open - Melbourne - 20�12025

« J’ai l’impression que dans ce tournoi, le seul endroit privé dont nous dispo­sons est le vestiaire. J’ai essayé d’aller dans un endroit où il n’y avait pas de caméras », a récem­ment regretté Cori Gauff, filmée en train de briser sa raquette après sa lourde défaite contre Elina Svitolina.

Interrogée sur la ques­tion de l’intimité des joueurs et des joueuses, en confé­rence de presse après sa défaite contre Elena Rybakina en quarts de finale à Melbourne (7−5, 6–1), Iga Swiatek a, elle aussi, fait passer un message très clair à l’organisation du tournoi. 

La sextuple lauréate en Grand Chelem n’a pas mâché ses mots.

Q. « Je voulais vous parler d’un sujet dont Coco a parlé : les caméras en coulisses pendant le tournoi… Je sais que vous avez récem­ment été filmée en train d’ou­blier votre badge… Vous êtes en quelque sorte toujours filmée dans de nombreuses zones diffé­rentes du tournoi… Je me demande si vous pensez qu’il devrait y avoir plus d’in­ti­mité pour les joueurs et leurs équipes en coulisses ? Ou comment voyez‐vous l’équi­libre entre cela et leur volonté de proposer du diver­tis­se­ment et du contenu ? »

Iga Swiatek : « La ques­tion est la suivante : sommes‐nous des joueurs de tennis ? Ou sommes‐nous des animaux dans un zoo, que l’on observe même quand ils font caca ? Bon, c’est évidem­ment exagéré, mais ce serait bien d’avoir un peu d’in­ti­mité. Ce serait bien aussi d’avoir son propre processus et de ne pas être constam­ment observé. Par exemple, dans d’autres sports, il y a des aspects tech­niques que l’on veut travailler. Ce serait bien d’avoir un espace où l’on peut le faire sans que le monde entier nous regarde. À Wimbledon, il y a des courts où les personnes accré­di­tées peuvent accéder, mais pas les fans. Il y a certains tour­nois où c’est impos­sible et où vous êtes constam­ment observé. Je ne pense pas que cela devrait être ainsi, car nous sommes des joueurs de tennis. Nous sommes censés être observés sur le court et face à la presse. C’est notre travail. Notre travail n’est pas d’être un mème lorsque vous oubliez votre accré­di­ta­tion. C’est drôle, bien sûr. Les gens ont quelque chose à raconter. Pour nous, je ne pense pas que ce soit nécessaire. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.