Après la défaite précipitée de Lleyton Hewitt dès le premier tour, le public australien se cherchait une nouvelle idole. Et c’est un jeune talent de 17 ans, Thanasi Kokkinakis, qui a concentré toutes les attentes des spectateurs. Mais il était trop tôt. Trop tôt pour rejoindre le troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem. Et surtout trop tôt pour dominer le numéro un mondial Rafael Nadal.
Thanasi Kokkinakis se souviendra longtemps du premier vrai test de sa toute jeune carrière. Après avoir sorti, à la surprise générale, le Hollandais Igor Sijsling au premier tour 7–6(4) 0–6 7–6(3) 6–2, l’Australien avait besoin d’un miracle pour franchir ce deuxième tour. Superstitieux ou pas, le public y croyait. Il n’aurait pas dû. De son premier frottement à un top player, Kokkinakis récupère une grosse valise 6–2 6–4 6–2 en 1h53. Et une sacrée leçon de tennis. Le problème avec ces jeunes joueurs qui émergent est qu’ils sont bien trop souvent portés aux nues à la moindre victoire. Alors quand il s’agit en plus d’un jeune australien chez lui, à Melbourne dans l’un des plus grands tournois qui soit, la mayonnaise prend beaucoup trop vite. Kokkinakis a du talent, c’est indéniable. Mais comment voulez‐vous qu’un gamin vienne à bout d’une légende de 10 ans son aîné ? En cas de victoire, Thanasi Kokkinakis, 570ème mondial, serait devenu le joueur au plus mauvais classement ATP à battre un numéro un mondial. Lorsqu’on connaît le niveau du tennis actuel, cette possibilité semblait déjà caduque avant même d’avoir été évoquée. La route est encore longue Thanasi, mais tu verras, toi aussi un jour tu seras tout en haut et tu verras les petits jeunes se succéder pour te détrôner.
La machine n’a pas traîné
A peine lancé, le match est déjà à sens unique. Nadal joue fort, vite et surtout très bien. Avec 74% de premières balles et 93% de points gagnés derrière son premier service, Rafa en impose et réduit l’Australien au rang de faire valoir. Il n’y a qu’un joueur sur le court. L’autre le regarde manoeuvrer et tente de retenir la leçon. Le premier set est bouclé en 32 minutes. 6–2. Dans le second acte, Kokkinakis affiche de meilleures intentions et prend un peu plus de risques. Moins tranchant sur son service, Rafa recule et offre des possibilités à son adversaire qui se permet quelques montées au filet plutôt bien conclues (4÷5). Pendant ce temps, l’adolescent montre une capacité prometteuse à tenir son service en remportant 80% de points sur ses premières balles. Mais Kokkinakis manque de bouteille et ça se voit. Il ne parvient à concrétiser aucune de ses trois balles de breaks. De l’autre côté, Rafa la joue à l’expérience et prend le service de son adversair. Une seule fois certes, mais toujours une fois de plus que son opposant. 6–4. Le dernier set est une copie du premier. Lucide, Kokkinakis sait que sa chance est passée. Rafa déroule et met tout le monde d’accord. Un jeu ultra‐efficace, une solidité à toute épreuvre et très peu de fautes. Nadal se promène et remporte 100% des points derrière sa première balle contre trois toutes petites fautes directes. Le match se termine comme il a commencé. 6–2. Le numéro un mondial tient son rang et envoie un nouveau signal à ses prochains adversaires (dont Gaël Monfils fera partie en cas de victoire aujourd’hui) : la machine est lancée.
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Publié le jeudi 16 janvier 2014 à 10:18



