Accueil Open d'Australie

Nadal douche l’es­poir australien

44

Après la défaite préci­pitée de Lleyton Hewitt dès le premier tour, le public austra­lien se cher­chait une nouvelle idole. Et c’est un jeune talent de 17 ans, Thanasi Kokkinakis, qui a concentré toutes les attentes des spec­ta­teurs. Mais il était trop tôt. Trop tôt pour rejoindre le troi­sième tour d’un tournoi du Grand Chelem. Et surtout trop tôt pour dominer le numéro un mondial Rafael Nadal.

Thanasi Kokkinakis se souviendra long­temps du premier vrai test de sa toute jeune carrière. Après avoir sorti, à la surprise géné­rale, le Hollandais Igor Sijsling au premier tour 7–6(4) 0–6 7–6(3) 6–2, l’Australien avait besoin d’un miracle pour fran­chir ce deuxième tour. Superstitieux ou pas, le public y croyait. Il n’au­rait pas dû. De son premier frot­te­ment à un top player, Kokkinakis récu­père une grosse valise 6–2 6–4 6–2 en 1h53. Et une sacrée leçon de tennis. Le problème avec ces jeunes joueurs qui émergent est qu’ils sont bien trop souvent portés aux nues à la moindre victoire. Alors quand il s’agit en plus d’un jeune austra­lien chez lui, à Melbourne dans l’un des plus grands tour­nois qui soit, la mayon­naise prend beau­coup trop vite. Kokkinakis a du talent, c’est indé­niable. Mais comment voulez‐vous qu’un gamin vienne à bout d’une légende de 10 ans son aîné ? En cas de victoire, Thanasi Kokkinakis, 570ème mondial, serait devenu le joueur au plus mauvais clas­se­ment ATP à battre un numéro un mondial. Lorsqu’on connaît le niveau du tennis actuel, cette possi­bi­lité semblait déjà caduque avant même d’avoir été évoquée. La route est encore longue Thanasi, mais tu verras, toi aussi un jour tu seras tout en haut et tu verras les petits jeunes se succéder pour te détrôner. 

La machine n’a pas traîné

A peine lancé, le match est déjà à sens unique. Nadal joue fort, vite et surtout très bien. Avec 74% de premières balles et 93% de points gagnés derrière son premier service, Rafa en impose et réduit l’Australien au rang de faire valoir. Il n’y a qu’un joueur sur le court. L’autre le regarde manoeu­vrer et tente de retenir la leçon. Le premier set est bouclé en 32 minutes. 6–2. Dans le second acte, Kokkinakis affiche de meilleures inten­tions et prend un peu plus de risques. Moins tran­chant sur son service, Rafa recule et offre des possi­bi­lités à son adver­saire qui se permet quelques montées au filet plutôt bien conclues (4÷5). Pendant ce temps, l’ado­les­cent montre une capa­cité promet­teuse à tenir son service en rempor­tant 80% de points sur ses premières balles. Mais Kokkinakis manque de bouteille et ça se voit. Il ne parvient à concré­tiser aucune de ses trois balles de breaks. De l’autre côté, Rafa la joue à l’ex­pé­rience et prend le service de son adver­sair. Une seule fois certes, mais toujours une fois de plus que son oppo­sant. 6–4. Le dernier set est une copie du premier. Lucide, Kokkinakis sait que sa chance est passée. Rafa déroule et met tout le monde d’ac­cord. Un jeu ultra‐efficace, une soli­dité à toute épreuvre et très peu de fautes. Nadal se promène et remporte 100% des points derrière sa première balle contre trois toutes petites fautes directes. Le match se termine comme il a commencé. 6–2. Le numéro un mondial tient son rang et envoie un nouveau signal à ses prochains adver­saires (dont Gaël Monfils fera partie en cas de victoire aujourd’hui) : la machine est lancée.

A propos de l’auteur

Sacha Dubois

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.