So who ? Djoko ou Murray ? Si le Serbe a la faveur des pronostics, l’Ecossais n’a pas dit son dernier mot. Analyse des principales clés de cette finale de l’Open d’Australie 2011.
Un an et demi qu’ils ne se sont plus affrontés. C’était en finale à Miami 2009 et Murray l’avait emporté 6⁄2 7⁄5. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Djoko a gagné la Coupe Davis, Murray disputé une autre finale de Grand Chelem. Toujours aussi solides dans leurs jeux, les deux hommes ont acquis beaucoup d’expérience. Dans l’ombre de Federer et Nadal, ils ont travaillé sans relâche, visant simplement des victoires en Grand Chelem. Leur heure est arrivée, demain, l’un des deux sera sacré roi d’Australie.
« C’est une finale de Grand Chelem, personne ne peut donc prévoir ce qu’il s’y passera. » Comme Djokovic le rappelle justement, rien n’est plus imprévisible qu’une finale d’un tournoi majeur. Qui aura le mieux dormi la veille ? Qui aura les meilleures sensations ? Qui gèrera le mieux la pression ? De ce côté‐là, le Serbe part avec un petit avantage. Les finales de Grand Chelem, il connait (ce sera la 4e). Et surtout, il compte déjà un titre majeur dans son palmarès (Open d’Australie 2008). Murray, lui, débutera avec toutes les attentes d’un pays qui n’a pas connu de vainqueur en Grand Chelem depuis 1936. Toutes ces attentes ajoutées aux siennes, à ce rêve de gloire qui lui trotte dans la tête depuis nombres d’années. Incapable de prendre le moindre set à Federer lors de ses deux précédentes finales, l’Ecossais affronte cette fois un autre homme, un champion certes, mais toujours moins expérimenté qu’un multiple vainqueur de Grand Chelem. L’occasion ou jamais de débloquer le compteur ?
« J’ai battu Novak à de nombreuses reprises dans des finales de Masters 1000 » rappelle Murray. « Je ne sais pas si ça va jouer en ma faveur dimanche, mais ces victoires signifient beaucoup pour moi. Je m’attends à un match très difficile. Je ne veux pas sortir du terrain en me disant que je n’ai pas livré le match qu’il fallait. Je dois saisir chacune des opportunités. Ce sera très difficile mais je dois rester concentrer sur mon jeu. » Alors comment l’Ecossais devra‐t‐il aborder la rencontre tactiquement ? Son péché mignon, la passivité à outrance, pourrait lui coûter cher tant Djokovic semble réglé en attaque. Murray devra donc bien servir pour se mettre à l’abri sur ses engagements, ne pas trop donner d’angle ni de rythme mais s’engager totalement sur chaque ouverture, aussi mince soit‐elle. En face, le Serbe devrait imprimer une cadence effrénée, une cadence qui lui a permis de battre Federer en demi‐finale. Extrêmement mobile, Djokovic ramène énormément de balles en défense tout en contrant à la perfection dès que son placement le permet, c’est‐à‐dire souvent.
La victoire reviendra à celui qui parviendra à brouiller les cartes, à celui qui se montrera le plus offensif aussi. « Une victoire en Grand Chelem, il faut aller la chercher vers l’avant » disait ce matin Amélie Mauresmo aux commentaires sur Eurosport. Avancer dans le court, c’est aussi en avoir le courage. Que le plus téméraire l’emporte !
Publié le samedi 29 janvier 2011 à 15:06



