AccueilOpen d'AustralieSimon ou l'apologie du masochisme

Simon ou l’apologie du masochisme

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Encore une fois, Gilles Simon a dû livrer une bataille abso­lu­ment tita­nesque pour fran­chir un tour de plus dans cet Open d’Australie. Face à Marin Cilic, il a eu besoin de cinq manches avec des retour­ne­ments de situa­tion tota­le­ment impro­bables pour s’im­poser 4–6 7–6(3) 6–7(5) 6–1 6–2. Jo‐Wilfried Tsonga, son prochain adver­saire qui a jusqu’ici été épargné, pour­rait se préparer à devoir jouer un peu plus long­temps que lors de ses deux premiers matchs…

C’est vrai­ment, mais alors vrai­ment à croire qu’il aime ça. Souffrir, se faire rouler dessus, se faire marty­riser, tout ça pour mieux revenir à chaque fois et laisser dans l’es­prit de ses adver­saires une trace indé­lé­bile. De son maso­chisme supposé, Gillou soutire au final un plaisir sadique à laisser espérer ceux qui se trouvent de l’autre côté du filet pour mieux les cruci­fier. Déjà au tour précé­dent, il avait tout eu. Des passages à vide et des moments de folie. Arrivé avec beau­coup d’in­cer­ti­tudes suite à sa bles­sure à la cheville durant le tournoi de Kooyong, le Niçois a réussi non seule­ment à tenir la cadence contre la puis­sance déme­surée de Daniel Brands pour s’im­poser en cinq sets et 4h26 de jeu. Inhumain !

Et bien rebe­lote contre Marin Cilic ! Un adver­saire pour­tant d’un tout autre niveau, qui s’il est retombé au 36e rang mondial suite à se suspen­sion, est bien un joueur dont les capa­cités le rapprochent du top 20 voire du top 15. Bref, le test était idéal pour voir où en était cette fichue cheville. D’abord mené dans ce match 6–4 à cause d’une mise en jeu perdue d’en­trée, Simon a montré qu’il avait un mental de gagnant en sauvant quatre balles de set dans la seconde manche. Au tie‐break, l’ex­pé­rience a parlé et Gillou pouvait de nouveau revenir dans le match. S’il n’a pas su embrayer sur la troi­sième manche, le scénario de celle‐ci a forcé­ment inspiré la suite de ce match. Mené 5–0, le Français a aligné six jeux d’af­filée pour servir pour le match. Bien que débreaké dans la foulée et dominé au tie‐break, il a ensuite lâché les chevaux.

Visiblement mieux armé en ressources physiques, Gilles a fini par dérouler ses deux derniers sets et s’im­poser 4–6 7–6(3) 6–7(5) 6–1 6–2 en 4 heures de jeu. Nous aurons par consé­quent un Français en huitièmes de finale puisque ce sera Jo‐Wilfried Tsonga qui se dres­sera sur la route du Niçois. Un duel qui, bien que faisant office de neuvième confron­ta­tion entre les deux, sera inédit puisque ce sera la première fois qu’ils se rencon­tre­ront en Grand Chelem. On a hâte !